Coronavirus : les ministres des Finances de l’UE estiment qu’il est urgent d’attendre

[Council]

Les ministres des Finances de l’Union européenne ont promis une réponse coordonnée pour faire face à l’impact économique du coronavirus. Mais ils ne prendront aucune décision avant la mi-mars au plus tôt.

Les grands argentiers européens ont pris part à une téléconférence destinée à coordonner les réponses nationales face à la propagation du COVID-19 et à examiner les éventuelles mesures supplémentaires qui pourraient être prises.

Dans un communiqué publié à l’issue de la conférence téléphonique, Mario Centeno, le président de l’Eurogroupe, a souligné qu’« au vu de l’impact potentiel sur la croissance, notamment l’interruption des chaînes d’approvisionnement, nous allons coordonner nos réponses et nous tenir prêts à utiliser tous les instruments politiques appropriés pour parvenir à une croissance durable et forte et nous prémunir contre toute nouvelle matérialisation de risques baissiers ».

Mario Centeno a indiqué que la réponse pourrait inclure des mesures de relance budgétaire, qui « pourraient s’avérer nécessaires » pour soutenir la croissance.

Mais les ministres européens ont reporté toute décision au moins jusqu’à la prochaine réunion de l’Eurogroupe, qui doit avoir lieu le 16 mars à Bruxelles.

Ils ont chargé leurs adjoints d’élaborer des propositions, incluant des mesures d’ordre budgétaire, financier et structurel, qui pourront être discutées lors de la réunion de l’Eurogroupe.

Certains pays ont déjà adopté un ensemble de mesures économiques afin de faire face aux conséquences de l’épidémie. L’Italie a débloqué une aide de 4,5 milliards et l’Espagne planche actuellement sur un dispositif destiné à soutenir les entreprises affectées par la propagation du COVID-19.

Le 4 mars, le gouvernement espagnol a recommandé aux entreprises de suspendre leur activité s’il existait un risque de contagion pour leurs employés.

Alors que les gouvernements nationaux se préparent à augmenter leurs dépenses afin de compenser le fléchissement de la croissance, la Commission a déjà affirmé que le pacte de stabilité et de croissance – l’ensemble de règles budgétaires de l’UE – était suffisamment flexible pour faire face à des événements imprévus tels que le coronavirus.

L’Italie demande à repousser les échéances de la PAC à cause du coronavirus

La ministre italienne de l’Agriculture, Teresa Bellanova, demande à la Commission de repousser les échéances de certaines procédures administratives de la PAC pour aider les agriculteurs du pays touchés par l’épidémie de coronavirus.

Les clauses de flexibilité du pacte « peuvent être mises à contribution autant que cela s’avère nécessaire, du moment qu’il est démontré que les dépenses supplémentaires sont liées aux circonstances exceptionnelles et qu’elles sont provisoires », a précisé Mario Centeno.

L’Eurogroupe s’aligne ainsi sur la position des pays du G7, déterminée le 3 mars, de ne pas agir pour le moment.

Certaines banques centrales, cependant, prennent des mesures pour faire face à l’impact du virus qui a des conséquences néfastes sur l’offre, l’investissement et la consommation des particuliers et des entreprises.

Dans la foulée de la décision de la Réserve fédérale américaine de réduire les taux d’intérêts, le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a lui aussi organisé une conférence téléphonique impromptue afin d’évaluer l’impact de l’épidémie. Aucune mesure n’a cependant été adoptée, selon deux sources citées par l’agence Reuters.

Les membres de la BCE ont discuté de questions opérationnelles et de la poursuite des activités, mais il n’y a pas eu de débat pour déterminer si la BCE devait mettre en œuvre des mesures, comme l’a fait son homologue américaine, ont précisé les sources.

La BCE veut mettre le sujet du coronavirus sur la table

La Banque centrale européenne discutera «le 12 mars», lors de sa prochaine réunion, de possibles réponses aux risques que la progression du nouveau coronavirus fait courir à l’économie.

L’institution située à Francfort a cependant annulé les événements publics liés à son examen stratégique annuel, a-t-elle fait savoir le 4 mars dans un communiqué.

La propagation du virus devrait avoir un impact considérable sur l’économie européenne, mais la Commission n’a pas encore pris le préjudice en considération.

Certains États membres sont cependant déjà en train de mettre à jour leurs prévisions. La Suède a revu la croissance de son PIB à la baisse de quelque 3% pour cette année, a annoncé sa ministre des Finances,  Magdalena Andersson, mercredi 4 mars.

En janvier, le gouvernement avait prévu une augmentation de 1,1 % du produit intérieur brut en 2020.

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