L’Europe se dote de capacités de superinformatique

Structure de calcul à haute performance à Barcelone. [IBM Research/ Flickr]

Sept États européens ont annoncé une initiative commune pour acquérir et déployer des ordinateurs à très haute performance, un projet que la Commission européenne compare à Airbus ou Galileo.

Le projet de création d’une infrastructure informatique à très haute performance a été lancé à Rome par des ministres français, italiens, allemands, luxembourgeois, néerlandais, espagnols et portugais.

La déclaration de l’EuroHPC a été officiellement signée dans la capitale italienne la semaine dernière. Elle stipule que d’autres pays sont libres de se joindre à l’initiative « à tout moment ».

Le projet entend mettre en place des superordinateurs, dits « exascale », capables de réaliser des calculs jusqu’à la 18e puissance (ou un milliard de milliards de calculs) par seconde, a indiqué la Commission dans un communiqué.

« L’informatique à haute performance s’approche de la prochaine frontière, on parle ici d’opérations plus de 100 fois plus rapides que celles que réalisent actuellement les machines les plus rapides de toute l’UE », explique Andrus Ansip, commissaire au marché unique numérique, qui se félicite d’un « grand pas dans la bonne direction ».

Tous les États membres n’ont cependant pas les capacités nécessaires au développement de ce type d’infrastructure de manière individuelle, ajoute le commissaire. « L’Europe a besoin de capacités intégrées exceptionnelles en superinformatique pour rester à la pointe de la course mondiale », assure-t-il.

L’informatique de haute performance, ou calcul à haute performance (CHP, ou HPC en anglais) utilise des milliers de processeurs qui travaillent ensemble pour analyser des millions d’informations en temps réel. Ses applications industrielles sont nombreuses.

Dans le secteur de la santé, le CHP permet d’analyser les effets de nouveaux médicaments, de fournir des diagnostics plus rapidement, d’offrir de meilleurs traitements et de personnaliser les soins.

Dans le domaine aérospatial, ces techniques ont été utilisées pour tester l’aérodynamique d’avions sans passer par les essais physiques. Les constructeurs automobiles ont également utilisé des simulations d’HPC pour accélérer le développement de nouvelles plateformes. En moyenne, ce développement est ainsi passé de 60 mois à seulement 24.

L’objectif d’EuroHPC est d’avoir au moins deux ordinateurs pré-exascale disponibles d’ici 2020 et d’atteindre une utilisation complète des systèmes exascale d’ici 2023.

Une fois déployés, les superordinateurs d’EuroHPC seront disponibles dans toute l’UE, non seulement pour les communautés scientifiques, mais aussi pour les partenaires publics et privés, quelle que soit la localisation physique des infrastructures, ont indiqué les ministres.

La Commission européenne a jeté les fondements d’une stratégie européenne pour l’informatique à haute performance (calcul à haute performance, CHP ou HPC – hight-performance computing) dans une communication datée du 15 février 2012. Cette communication était structurée autour de trois piliers :

  • le développement des technologies de CHP de nouvelle génération, ainsi que les applications et systèmes allant vers l’exascale (soit un milliard de milliards de calculs par seconde) ;
  • l’accès de l’industrie (y compris les PME) et du monde académique aux meilleurs services et infrastructures de superinformatique (PRACE) ;
  • l’établissement de centres d’excellence dans l’application du CHP, afin d’assurer une utilisation excellente.

Un partenariat privé-public contractuel sur le calcul à haute performance est entré en vigueur en janvier 2014, afin de développer une stratégie de recherche et d’innovation, et de développer la nouvelle génération de technologies, applications et systèmes tendant vers l’exascale CHP.

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