Le sommet social européen : de la théorie à la pratique

« Nous devons tenir compte du fait que la sortie de crise sera plus longue pour l’écosystème du tourisme que pour d’autres secteurs, car un grand nombre d’entreprises – comme je l’ai dit, principalement des PME – n’étaient pas préparées », a déclaré Ana Paula Zacarias, secrétaire d’État portugaise aux affaires européennes. [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

Mardi (6 avril), la secrétait d’État portugaise aux affaires européennes Ana Paula Zacarias a déclaré à Lusa.pt que le sommet social européen prévu le mois prochain à Porto offrirait la possibilité de transformer « les principes en actes ».

Le sommet, qui devrait avoir lieu les 7 et 8 mai, s’inspire du plan d’action de la Commission européenne pour la mise en place du socle européen des droits sociaux. Il devrait accueillir non seulement des acteurs du sérail politique, mais également des représentants de la société civile européenne.

« Les institutions européennes ont déjà formulé leurs promesses [en matière de droits sociaux] », a indiqué Mme Zacarias. « Nous voulons désormais que les États membres en fassent de même, mais pas seulement. Nous voulons aussi que les sociétés, les syndicats et la société civile s’y engagent »

Le sommet de Porto sera un "moment historique" pour les droits sociaux européens

La présidente de la Fondation européenne d’études progressistes (FEPS), Maria João Rodrigues, a déclaré que le sommet social à Porto pouvait être un « moment historique » pour les engagements du bloc en matière de droits sociaux.

D’après la secrétaire d’État, l’objectif premier du sommet de Porto sera de transformer les principes en actes, et ce en étoffant les engagements approuvés lors du sommet social pour des emplois et une croissance équitables à Göteborg en 2017.

Le premier jour du sommet à Porto, les partenaires sociaux – les représentants des travailleurs et employeurs – devraient s’entretenir avec les chefs d’État et de gouvernement, les députés européens et les experts. L’objectif ? Esquisser un document de compromis qui devrait ensuite être transféré au président du Conseil européen Charles Michel.

Le lendemain, les chefs d’État et de gouvernement devraient se rencontrer pour signer un accord semblable.

« Nous œuvrons pour rendre ces deux documents compatibles et complémentaires », a fait savoir Mme Zacarias. « Nous coopérons avec la Commission européenne sur le premier document, tandis que le deuxième sera rédigé par le président du Conseil européen […] et fera l’objet de discussions jusqu’à ce que sa forme définitive soit approuvée. »

Le régime européen de réassurance chômage est-il tombé dans l'oubli ?

Le Plan d’action pour le socle européen des droits sociaux, présenté jeudi (4 mars) à la Commission européenne, ne fait pas référence au régime européen de réassurance chômage pourtant soutenu par Bruxelles précédemment.

Une enquête Eurobaromètre révèle que les sujets de préoccupations principaux des citoyens européens sont : l’emploi, l’éducation, les soins de santé et l’avenir des pensions.

De ce fait, il est judicieux de passer « des principes à l’action », a soutenu la représentante portugaise.

« Les objectifs peuvent toujours susciter des critiques : d’aucuns pourraient croire que sortir 15 millions de personnes n’est pas suffisant. Mais nous devons être réalistes […] Si nous pouvions atteindre un taux d’emploi à 78 %, cela serait une très bonne chose, tout en garantissant des emplois de qualité, l’égalité des chances et un salaire minimum équitable. »

« Si nous parvenions à sortir 15 millions de personnes de la pauvreté, et en particulier 5 millions d’enfants, je pense qu’il s’agirait d’une étape cruciale, à laquelle les États membres devraient également s’engager, si les syndicats et les associations d’employeurs s’y attèlent ».

Le socle européen des droits sociaux, qui a été approuvé en 2017 à Göteborg en Suède, vise à répondre aux inquiétudes en matière sociale. Le programme se retrouve en grande partie entre les mains des États membres, alors que l’UE coordonne et garantit l’accomplissement des objectifs pour une Europe équitable.

Lorsque les chefs d’État et de gouvernement ont rencontré les institutions du bloc en 2017 pour déclarer les 20 principes du socle, ils ont appuyé l’importance de l’égalité des chances et l’accès au marché du travail ; des conditions de travail équitables ; et de la protection et insertion sociales.

« Il s’agit des trois grands objectifs de ce plan d’action », a expliqué Mme Zacarias. « Nous avons besoin de l’engagement des États membres afin de nous sortir de cette crise et de tendre vers la cohésion et la croissance. »

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