L’UE s’accorde sur un candidat unique au FMI

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Les ministres des Finances de l’Union européenne ont décidé à l’unanimité de ne présenter qu’un seul candidat pour succéder à Christine Lagarde au poste de directeur général du FMI.

Christine Lagarde deviendra la prochaine présidente de la Banque Centrale européenne (BCE) après avoir été nommée par les leaders européens pour succéder à Mario Draghi en automne.

Ce mardi 9 juillet, les 28 ministres des Finances de l’UE ont également approuvé la nomination de l’avocate française au poste. La désignation du prochain directeur général du Fonds monétaire international (FMI), pour remplacer Christine Lagarde en novembre, était également au centre des discussions.

Christine Lagarde, un profil qui détonne à la BCE

Avocate de formation, membre de la droite française, Christine Lagarde a été nommée pour prendre la succession de Mario Draghi. La directrice du FMI présente un profil atypique, du fait de son absence d’expérience bancaire et de quelques casseroles.

Les États membres ont annoncé avoir un objectif clair : « ne trouver qu’un seul candidat pour reprendre le poste », a déclaré Mika Lintilä, ministre des Finances finlandais, dont le pays reprend la présidente tournante du Conseil de l’UE ce semestre.

« Il s’agit d’une décision unanime », a-t-il dit en sortant de la réunion, avant d’ajouter qu’il s’entretiendra avec le président d’Eurogroupe, Mario Centeno, pour ne trouver qu’un seul nom au poste de directeur général du FMI, établi à Washington.

« Il est essentiel que l’Europe s’unisse derrière un candidat et que nous décidions de nommer une personne qui sera apte à afficher son engagement en faveur du multilatéralisme et qui pourra comprendre le rôle de l’Europe dans l’économie mondiale », a communiqué le ministre des Finances irlandais, Paschal Donohoe, en chemin pour la réunion.

Tous les ministres ont convenu que le poste devrait rester aux mains de l’Europe. D’ailleurs, une règle tacite veut que celui-ci revienne à un candidat européen et que les États-Unis nomment le président de la Banque mondiale.

L’élection du candidat américain David Malpass au poste de Banque mondiale a donc ouvert la voie pour qu’un Européen succède à Christine Lagarde.

Toutefois, des candidats d’autres continents vont aussi entrer en lice pour le poste, notamment Agustin Carsten, économiste mexicain à la tête de la Banque des règlements internationaux ainsi que Raghuram Rajan, gouverneur de la Bank of India et ancien économiste en chef au FMI.

Procédure

L’Europe souhaite régler les différends entre les gouvernements nationaux pour simplifier l’élection du directeur général nommé.

« La procédure va commencer, mais nous n’avons pas de plan précis pour le moment », a révélé Mika Lintila.

Le ministre des Finances de Finlande et ses collègues au Conseil des affaires économiques et financières (Ecofin) ne veulent donc pas spéculer autour d’un nom pour le moment.

Sans citer de source, le Frankfurter Allgemeine Zeitung a écrit le 9 juillet que Paris et Berlin avaient un moment songé à Mark Carney, gouverneur de la Bank of England, qui cumule les nationalités canadienne, britannique et irlandaise.

Comme la France mardi, le gouvernement allemand a démenti mercredi 10 juillet l’existence d’un accord avec Paris en vertu duquel les deux pays auraient soutenu la candidature du gouverneur de la Bank of England à la tête du Fonds monétaire international (FMI). Mark Carney reste toutefois un candidat en lice.

La PGD de la Banque mondiale, Kristalina Georgieva, l’ex-président de l’Eurogroupe, Jeron Dijsselboem, et l’ex-Premier ministre, Alexander Stubb, figurent aussi dans la longue liste des candidats européens.

Même s’il est encore trop tôt pour dévoiler des noms précis, certains ministres mentionnent déjà les caractéristiques principales dont le prochain directeur général du FMI devrait faire preuve.

Le ministre des Finances du Luxembourg, Peter Gramegna, a déclaré qu’il soutiendra un candidat « qui possède une bonne expérience dans la gestion de crises internationales ».

« Quelqu’un de très structuré dans ses décisions et qui parvient à transmettre simplement des idées complexes », a-t-il ajouté. Et, alors que l’égalité des genres est d’une importance capitale dans les nominations aux hautes fonctions européennes, d’après lui, le poste reviendra cette fois-ci à un homme.

La ministre espagnole de l’Économie, Nadia Calviño, a refusé de s’épancher sur les candidats potentiels, expliquant que la procédure pour choisir le successeur de Christine Lagarde n’avait pas encore commencé.

Interrogée pour savoir si elle-même serait candidate, elle a répondu qu’elle était « très contente » en tant que ministre espagnole. « Pour l’instant, je n’ai pas à prendre position sur cette question », a-t-elle toutefois ajouté.

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