Emploi : l’UE se tourne vers les politiques actives en faveur du marché du travail

Nicolas Schmit commissaire à l'emploi et aux droits sociaux. EPA-EFE/FRANCOIS WALSCHAERTS / POOL [EPA-EFE/FRANCOIS WALSCHAERTS]

La Commission européenne souhaite que les États membres prennent des mesures pour soutenir le recrutement des travailleurs et le recyclage professionnel à la suite de la pandémie de Covid-19 tandis que les transitions verte et numérique bousculeront le marché de l’emploi européen – déjà mal en point en raison de la crise sanitaire.

L’Europe est au cœur d’une double transition, martèlent les représentants du bloc. Les économies nationales souhaitent devenir plus « vertes » et numériques d’ici à 2030. Néanmoins, une troisième transformation plus complexe s’opère à l’heure actuelle tandis que le bloc tente de surmonter la pire récession depuis la Seconde Guerre mondiale et contre les pertes d’emplois entraînées par le SARS-CoV-2.

Les actions sans précédent lancées par les autorités nationales – et soutenues par l’instrument européen de soutien temporaire à l’atténuation des risques de chômage en situation d’urgence – ont permis de protéger quelque 32 millions d’emplois au sein de l’UE, par le biais notamment de dispositifs d’activité partielle.

Cependant, alors que la crise commence à reculer à travers l’Europe et que les mesures économiques prises deviennent plus ciblées, Bruxelles souhaite que les États membres concentrent davantage leur attention sur le soutien à octroyer aux travailleurs pour concrétiser la transition vers l’économie d’après-Covid-19.

« Nous devons renforcer les stratégies et politiques en place sur le marché du travail », a déclaré le commissaire à l’emploi, Nicolas Schmit le 3 juin.

Ces politiques s’imbriqueront mieux à la transformation que connaissent actuellement de nombreuses sociétés à travers l’UE ; une transformation résultant non seulement de nouvelles priorités sur le plan du développement durable, mais également de l’automatisation du monde du travail et la présence de l’intelligence artificielle (IA).

D’après M. Schmit, les subventions temporaires pour le recrutement, la reconversion et le renforcement des compétences ainsi qu’une gestion sans faille des politiques actuelles sur le marché de l’emploi seront plus que jamais nécessaires pour « garantir le bon déroulement de la relance ».

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Avant que la crise ne frappe le navire européen de plein fouet, le marché de l’emploi terminait sa sixième année d’expansion, enregistrant plus de 209 millions de personnes employées et un taux de chômage de 6,5 % pour le quatrième trimestre de 2019.

Douze mois plus tard, l’emploi chutait de 3 millions alors que le taux de chômage s’élevait 7,3 % en avril. Entre le quatrième trimestre de 2019 et le deuxième trimestre de 2020, le taux d’activité a subi la baisse la plus significative jamais observée sur deux trimestres consécutifs.

Si l’optimisme prévaut désormais quant aux perspectives européennes sur le marché de l’emploi, les gouvernements nationaux tentent également d’atteindre des objectifs ambitieux en la matière d’ici à 2030.

Lors du sommet de Porto en mai, les dirigeants du bloc se sont accordés pour « suivre de près, y compris au plus haut niveau, les progrès accomplis en vue de la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux et des grands objectifs de l’UE fixés pour 2030 ». Parmi les points surveillés figure l’emploi de 78 % de la population âgée de 20 à 64 ans d’ici à 2030.

Ce taux s’élevait à 73,9 % en 2019, avant la pandémie.

Dans son rapport conjoint sur l’emploi 2021, adoptée par le Conseil le 9 mars, la Commission souligne « des politiques actives en faveur du marché du travail sont essentielles pour soutenir les ajustements au marché du travail à la suite des retombées de la Covid-19 ».

Dans ce contexte, l’exécutif européen a noté que les services publics de l’emploi devront redoubler de créativité pour gérer le nombre accru de demandeurs d’emploi et soutenir leur réallocation à travers les secteurs.

De ce fait, le rapport recommande d’investir dans les services publics de l’emploi et de renforcer les politiques actives en faveur du marché du travail, par exemple en augmentant le contrôle ou l’analyse des mesures déjà prises.

Selon le document, la reconversion et le renforcement des compétences sont « des priorités phares pour tendre vers une relance inclusive et soutenir les transitions verte et numérique ».

Toutefois, 20 États membres ne sont pas parvenus à atteindre l’objectif paneuropéen de 2020 selon lequel 15 % des adultes devraient participer à des activités d’apprentissage tout au long de la vie.

Par conséquent, le rapport de la Commission européenne a appelé à améliorer les opportunités de reconversion et de renforcement des compétences, y compris pour les jeunes. Comment  ? En renforçant les systèmes de formations éducatives et professionnelles.

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