La fin des frais d’itinérance fait décoller l’utilisation des portables en vacances

La fin des frais d'itinérance à fait grimper l’utilisation des téléphones portables pendant l’été. [Vadim Georgiev/Shutterstock]

Les Européens ont davantage utilisé leur téléphone portable pendant leurs congés d’été, les premiers depuis la suppression des frais d’itinérance, selon un nouvel Eurobaromètre.

Depuis qu’une nouvelle loi a supprimé les frais d’itinérance pour les appels, les textos et l’utilisation des données, le nombre de consommateurs ayant utilisé Internet sur leur téléphone portable durant leur voyage de la même façon que chez eux a doublé pour atteindre 31 % entre mi-juin et fin août.

Avant le 15 juin, date à laquelle les opérateurs de télécoms n’ont plus eu le droit d’appliquer des frais d’itinérance, seuls 15 % des Européens utilisaient des données mobiles durant leur voyage. En juin, la Commission a présenté sa loi comme une réussite majeure pour les institutions européennes dans un contexte de montée des partis populistes et eurosceptiques à travers l’UE.

Mariya Gabriel, la nouvelle commissaire européenne au numérique, qui a pris ses fonctions un mois après l’entrée en vigueur des nouvelles règles d’itinérance, a déclaré le 26 septembre que la Commission continuerait d’examiner la manière dont les consommateurs utilisent leur téléphone portable lorsqu’ils voyagent et le nombre de sociétés télécoms demandant à être exemptés de la loi.

En effet, les opérateurs peuvent encore demander aux autorités de régulation des télécoms une dérogation s’ils prouvent que leur entreprise pourrait souffrir de la fin de frais d’itinérance.

Exemptions

Mariya Gabriel a indiqué qu’environ 30 entreprises avaient demandé des exemptions depuis juin. Selon elle, ce chiffre peu élevé montre que les règles sur l’itinérance fonctionnent.

« Quand vous le comparez avec le millier de petits opérateurs, ou pas si petits, ce n’est pas un pourcentage qui a un impact négatif sur le processus et sur notre décision. Nous restons très fermes, les bénéfices sont pour les citoyens », a-t-elle affirmé devant les journalistes.

La Commission publiera un autre rapport sur les avancées des règles d’itinérance d’ici la fin 2018, a-t-elle indiqué. En 2019, l’exécutif européen analysera officiellement les effets que la loi a eus sur les consommateurs et les sociétés de télécoms.

Les frais d’itinérance disparaissent en Europe

À partir d’aujourd’hui, les contrats de téléphonie mobile doivent appliquer des tarifs nationaux pour les appels, les SMS et l’utilisation d’Internet lorsque les utilisateurs voyagent dans l’UE, mettant ainsi fin à dix années de tractations sur les frais d’itinérance.

Les négociations tendues sur les frais d’itinérance ont trainé pendant dix ans, car les opérateurs soutenaient qu’une interdiction des surtaxes au sein de l’UE réduirait considérablement leurs revenus.

Miapetra Kumpula-Natri, eurodéputée finlandaise de centre gauche, qui mène les négociations du Parlement européen sur les frais d’itinérance, affirme que les règles devraient au contraire aider les entreprises de télécoms, car les consommateurs payent davantage s’ils utilisent plus de données.

« Nous voulons stimuler l’économie des données, c’est pour cela que nous voulons que les gens aient la possibilité de voyager dans un autre pays sans éteindre leur téléphone », a-t-elle déclaré.

Trois mois après l’abandon des frais d’itinérance dans l’UE, 71 % des Européens savent qu’ils peuvent utiliser leur téléphone lorsqu’ils voyagent sans être surtaxés.

Les données sur l’utilisation des téléphones à l’étranger ont été collectées durant l’été, lorsque les citoyens sont le plus susceptibles de voyager et de prendre des vacances.

Après l’entrée en vigueur des règles en juin, 24 % des voyageurs dans l’UE ont téléphoné aussi souvent que chez eux, alors qu’ils étaient 11 % à le faire avant le 15 juin. Par ailleurs, 30 % des Européens ont envoyé des textos aussi souvent que dans leur pays, alors que ce pourcentage ne s’élevait qu’à 20 % avant l’application de la loi.

Seuls 54 % des personnes interrogées ont affirmé avoir voyagé dans d’autres pays européens ces 12 derniers mois.

Les résidents du Luxembourg, de Slovénie, d’Autriche sont ceux qui se rendent le plus dans d’autres pays de l’UE. Seuls 12 % des Grecs ont voyagé ces douze derniers mois. Le pourcentage de résidents roumains, portugais, espagnols et bulgares partant à l’étranger est également bas.

Par conséquent, les populations des pays du sud de l’Europe estiment qu’ils ne bénéficieront pas autant de l’interdiction des frais d’itinérance que les populations des pays du nord de l’UE.

Au total, 38 % des Grecs pensent qu’ils bénéficieront personnellement des règles, alors qu’au Luxembourg ce pourcentage s’élève à 63 % et en Belgique à 58 %.

Les eurodéputés s’attaquent aux prix des appels européens

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