Le sommet de Porto sera un « moment historique » pour les droits sociaux européens

La présidente de la Fondation européenne d’études progressistes (FEPS), Maria João Rodrigues, a déclaré que le sommet social à Porto pouvait être un « moment historique » pour les engagements du bloc en matière de droits sociaux. EPA/STEPHANIE LECOCQ [EPA/STEPHANIE LECOCQ]

La présidente de la Fondation européenne d’études progressistes (FEPS), Maria João Rodrigues, a déclaré que le sommet social à Porto pouvait être un « moment historique » pour les engagements du bloc en matière de droits sociaux.

À l’occasion de l’inauguration de la visioconférence « from Declaration to Action: time for Social Rights » vendredi (5 mars), Mme João Rodrigues a déclaré que le socle européen pour les droits sociaux offrait une nouvelle base au projet européen.

« Initialement, nombreux étaient ceux qui estimaient que nous n’avions pas besoin d’un socle social des droits fondamentaux. Certains déclaraient que celui-ci ne devait être mis sur pied que dans les États membres de la zone euro. D’autres acceptaient certes le socle, mais refusaient de l’introduire dans leur propre pays », a-t-elle fait savoir.

Dans le but de mettre en place ledit socle européen de façon efficace, Maria João Rodrigues a appuyé la nécessité pour les 27 et les institutions européennes de « s’engager à atteindre les objectifs » inscrits dans le plan d’action à cet effet présenté par la Commission jeudi dernier (4 mars).

Le régime européen de réassurance chômage est-il tombé dans l'oubli ?

Le Plan d’action pour le socle européen des droits sociaux, présenté jeudi (4 mars) à la Commission européenne, ne fait pas référence au régime européen de réassurance chômage pourtant soutenu par Bruxelles précédemment.

« Nous nous concentrons désormais sur la prochaine étape, dont nous espérons qu’elle sera à marquer d’une pierre blanche : le sommet social de Porto. C’est à cette occasion que le plan d’action sera amorcé, à la suite d’un processus de négociation de grande ampleur », a-t-elle ajouté.

Dans ce contexte, le navire européen devrait s’engager « à sauver les emplois », a-t-elle argué, étant donné que les États membres traversent actuellement « une récession profonde dont les répercussions sur le plan social sont énormes ».

« À l’heure actuelle, nous sommes confrontés à des transformations majeures, notamment les transitions écologique et numérique, qui supprimeront certes des emplois, mais devraient en créer de nouveau. »

Au cours de la conférence, la représentante portugaise a également exhorté les parties prenantes à garantir un meilleur accès aux formations éducatives pour les citoyens du bloc, leur permettant ainsi d’être prêts pour un avenir tourné vers l’environnement et le numérique.

Dernier point, et non des moindres, Mme João Rodrigues a souligné l’importance de lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale, mettant en exergue « la montée en flèche des inégalités sociales » comme conséquence de ces transitions.

Ce dernier objectif peut être accompli par l’entremise d’un mécanisme de salaire minimum.

Besoin d’aides financières

Néanmoins, d’après la présidente de la fondation, des aides financières sont nécessaires pour concrétiser ce plan d’action et mettre en place les mesures prises.

Dans ce contexte, celle-ci a proposé d’utiliser le Fonds européen pour la relance pour « mettre à jour le Pacte de stabilité et de croissance », étant donné qu’il est essentiel de s’assurer que «les budgets nationaux disposent de conditions de financement pour investir dans de bons services publics et sociaux ».

« Le système financier endosse également une responsabilité énorme », a-t-elle poursuivi, faisant la lumière sur le besoin de garantir que les grandes entreprises du marché unique, notamment les plateformes numériques, paient des redevances adéquates.

« La tâche qui nous incombe est cruciale, car la crise sera plus longue et complexe que ce que nous avions imaginé. Il ne s’agit pas simplement de relancer nos économies. Il s’agit de reconstruire nos sociétés, de les transformer afin de garantir le bien-être de chacun », a-t-elle conclu.

Le Pacte de stabilité restera suspendu en 2022

La décision formelle de prolonger la suspension des règles relatives au déficit et à la dette sera prise en mai, sur la base des prévisions du printemps, mais la Commission européenne est favorable à une extension du régime actuel. Un article d’Euractiv Italie.

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