Facebook redoute les injonctions contradictoires entre protection de la vie privée et transparence

« Ces technologies ne sont pas une panacée, mais ne sont pas non plus un cauchemar », a défendu le vice-Président de Facebook, Nick Clegg, lors d’un événement organisé par le géant du numérique. [Shutterstock/AngieYeoh]

Le vice-président de Facebook chargé des affaires publiques, Nick Clegg, a expliqué qu’il était en faveur de davantage de régulation, mais a émis des réserves sur les « directions diamétralement opposées » entre vie privée et data sharing auxquelles les plateformes sont contraintes.

« Seuls les régulateurs peuvent trouver le bon équilibre, mais ils ne peuvent pas pousser les entreprises dans des directions diamétralement opposées et dire “vous devez tout garder privé“ et “vous devez rendre toutes les données disponibles“, car elles ne sont pas toujours compatibles entre », a déclaré Nick Clegg, à l’occasion de l’événement Conversations avec Facebook, organisé mardi 4 mai.

Si le vice-président de Facebook chargé des affaires publiques a indiqué qu’il « croyait au partage des données » et qu’il aimerait que le futur DSA « fasse davantage pression [en ce sens] afin que d’autres concurrents puissent les utiliser », l’ancien vice-Premier ministre du Royaume-Uni a déclaré qu’il faudra un « compromis entre le principe du partage des données et le principe de la vie privée ».

« Je ne pense pas que nous devrions prétendre que c’est facile », a-t-il ajouté, précisant qu’il appartient aux législateurs de placer le curseur.

M. Clegg souhaite que les régulations soient introduites « sans oublier de célébrer et d’encourager l’innovation positive que la technologie peut apporter », rappelant que « ce sont des technologies qui permettent à des milliards de personnes dans le monde de s’exprimer ».

« Ces technologies ne sont pas une panacée, mais ne sont pas non plus un cauchemar », a-t-il défendu.

Interrogé par EURACTIV France sur la régulation relative au contenu terroriste en ligne, qui a été adoptée la semaine dernière par le Parlement européen et qui va forcer les plateformes à retirer tout contenu signalé sous une heure, Nick Clegg a déclaré saluer « les objectifs du règlement sur les contenus terroristes en ligne » et indiqué que Facebook fera tout son possible pour la bonne application du texte.

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Il en a profité pour souligner que « 99% des contenus terroristes sont détectés et supprimés » sur le réseau social, « un bel exemple d’intelligence artificielle » selon lui.

Quant à l’autre réglementation majeure sur l’IA, présentée le 21 avril dernier par la Commission européenne, le vice-Président de Facebook a indiqué qu’il était « un peu trop tôt » pour savoir quelles applications pourraient être évaluées à « haut risque ». « Certaines des définitions sont assez ouvertes à l’interprétation », a-t-il noté.

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