La Finlande s’engage à conditionner les fonds européens à l’état de droit

[Photo: European Parliament]

Alors que la Finlande prend la tête de la présidence tournante du Conseil de l’UE, le Premier ministre finlandais, Antti Rinne, insiste sur le respect de l’état de droit comme condition de l’obtention de fonds européens.

Le social-démocrate, Antti Rinne, est l’un des derniers dirigeants à avoir été élu dans l’UE : après avoir mené son parti à la victoire lors des élections d’avril, il est devenu Premier ministre de la Finlande le 6 juillet 2019, remplaçant le libéral Juha Sipilä.

Lors d’une audience au Parlement européen le 17 juillet, le Premier ministre dont le pays prend la présidence tournante du Conseil de l’UE a fait part de ses priorités.

Ursula von der Leyen élue de justesse présidente de la Commission européenne

Le Parlement européen a confirmé le 16 juillet la nomination d’Ursula von der Leyen à la présidence de la Commission européenne, lui donnant ainsi les rênes de l’exécutif pour cinq ans.

Il souhaite conforter la position de l’UE comme leader mondial en matière de climat, renforcer les valeurs européennes et l’état de droit, rendre l’UE plus compétitive et solidaire, et enfin assurer la protection des citoyens.

La Finlande est déjà l’un des chefs de file en matière de climat.

« Cette position de leader signifie que l’Union européenne doit devenir neutre en carbone d’ici à 2050. Notre objectif est d’établir un accord retraçant les points principaux pour y parvenir d’ici fin 2019 », a déclaré Antti Rinne.

Il espère que la République tchèque, l’Estonie, la Hongrie et la Pologne se rallieront à ce programme de neutralité carbone qui nécessite l’unanimité des États membres, et ce, avant la fin de la présidence finlandaise.

En outre, Antti Rinne a rappelé aux eurodéputés les références solides de son pays en matière d’état de droit : par exemple, le premier médiateur européen, Jacob Söderman, était originaire du pays des Mille Lacs. C’est aussi lors de la première présidence tournante de la Finlande en 1999 que les chefs d’État et de gouvernement avaient convenu des priorités communes sur la justice et les affaires intérieures.

Autre fait qu’il n’a pas mentionné : l’actuel commissionnaire finlandais, Jyrki Katainen, fut le premier à s’entretenir avec les décideurs européens pour tenter de lier l’obtention de fonds européens au respect de l’état de droit.

Katainen :«la solidarité n’est pas à sens unique »

Le vice-président de la Commission, Jyrki Katainen, rappelle aux pays du groupe de Visegrád que la solidarité qu’ils attendent de la politique de cohésion de l’UE s’applique aussi à la crise des réfugiés.

La Commission européenne a en effet proposé une innovation majeure pour le prochain budget à long terme de l’UE : mettre en place un principe de conditionnalité entre l’obtention de fonds européens et l’état de droit. La Bulgarie et la Roumanie, anciens présidents du Conseil, ont exprimé leur désaccord.

Bruxelles conditionne ses subventions à l'État de droit

Dans son projet de budget, la Commission veut « restreindre l’accès aux fonds de l’UE » en cas de violation de l’État de droit dans son projet de budget. Une initiative sans précédent qui cible la Pologne et la Hongrie.

« Nous visons à mettre en place un mécanisme équilibré et efficace qui liera les fonds européens au respect de l’état de droit », a déclaré Antti Rinne.

S’exprimant après lui, Iratxe Garcia, cheffe du groupe S&D, a également souligné qu’il s’agissait d’une priorité pour son groupe.

Le Roumain Sigfried Muresan (PPE), s’est lui concentré sur des questions plus proches de son pays : un budget de l’UE dans lequel la cohésion serait assurée et un appel au Conseil afin qu’il approuve la candidature de Laura Codruța Kövesi au poste de tout premier procureur général du Parquet européen.

Une magistrate roumaine bientôt procureure de l’UE?

Laura Codruţa Kövesi, de l’agence anticorruption roumaine, est la candidate la plus en vue pour le poste de tout premier procureur général du Parquet européen.

Siegfried Muresan appartient à l’opposition roumaine (PNL), mais le gouvernement socialiste fait pression contre la candidature de Laura Codruța Kövesi, bien qu’elle ait été choisie par le Parlement européen précédent, en lice avec un candidat français soutenu par le Conseil.

Antti Rinne a également promis des résultats probants concernant le budget européen avant la fin la présidence finlandaise, le 31 décembre.

« Nous œuvrerons pour simplifier les dernières démarches afin de parvenir à l’accord du Cadre financier pluriannuel (CFP) établi par le Conseil. Le CFP est le budget à long terme de l’UE de 2021 à 2027.

Iratxe Garcia (S&D) et Pascal Canfin (Renew Europe) ont signalé que le CPF comptait parmi les points les plus importants pour leur groupe. D’après la cheffe de file du S&D, le CPF devrait intégrer la solidarité, notamment dans la politique de cohésion et celle de l’agriculture, et des instruments pour lutter contre la pauvreté.

Pascal Canfin a insisté sur le besoin de maintenir la politique agricole commune (PAC) et la lier à la transition écologique, avec 30 % des dépenses destinées aux progrès environnementaux. Ska Keller (Verts/ALE) a aussi réclamé une réforme de la politique agricole et a plaidé contre les subventions néfastes pour l’environnement.

Le Premier ministre finlandais s’est par ailleurs exprimé sur la possible adhésion de la Macédoine du Nord et de l’Albanie à l’UE, espérant que les négociations d’adhésion débutent d’ici octobre.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.