Paris et Bruxelles divergent sur les priorités de la zone euro

Le ministre français de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, et le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, durant la réunion de l’Eurogroupe.

Bruno Le Maire veut que l’intégration de la zone euro prime sur l’adhésion de nouveaux membres, contrairement aux propos tenus par Jean-Claude Juncker dans son discours sur l’état de l’Union.

« Le défi le plus important que se présente à nous est le renforcement de la zone euro […] pour avoir plus d’intégration », a déclaré Bruno Le Maire aux journalistes en allant à la réunion de l’Eurogroupe à Tallinn, le 15 septembre.

« Un élargissement est possible, mais pour que ce soit une réussite, nous avons d’abord besoin de plus d’intégration dans la zone euro. » L’approfondissement de l’union économique et monétaire et le renforcement de la zone euro sont montés dans la liste des priorités depuis la victoire d’Emmanuel Macron aux élections présidentielles françaises de mai dernier.

Bruno Le Maire a déclaré que l’un de ses objectifs pour l’Eurogroupe était de présenter la position de la France sur l’intégration de la zone euro.

Pourquoi Juncker ne veut pas de Parlement pour la zone euro

Dans son discours sur l’état de l’Union, Jean-Claude Juncker a insisté sur l’extension de la zone euro, mais pas sur son approfondissement. Il craint l’Europe à deux vitesses défendue par Emmanuel Macron.

Le président de la Commission européenne a appelé, lors …

Durant son discours sur l’état de l’Union, Jean-Claude Juncker a souligné que « l’euro est censé être la monnaie unique de l’Union européenne dans son ensemble ». Il a d’ailleurs proposé un instrument d’adhésion à l’euro.

La Commission n’a toutefois pas inclus la proposition du président français pour un budget ou un parlement de la zone euro, malgré les fréquentes rencontres entre les deux dirigeants ces derniers mois.

« Au début du débat sur l’avenir de la zone euro, il est normal d’avoir des visions différentes », a déclaré Bruno Le Maire, qui a annoncé qu’Emmanuel Macron prononcerait « un discours très important » sur sa vision de l’intégration de la zone euro fin septembre.

Merkel et Macron s’allient sur l’avenir de l’UE

Paris et Berlin présenteront ensemble des propositions concrètes pour l’avenir de l’UE et la zone euro dans trois mois, a annoncé Emmanuel Macron.

Candidat ?

Le débat sur l’avenir de la zone euro vient se superposer au processus de sélection du prochain président de l’Eurogroupe.

Le mandat de l’actuel président, le ministre néerlandais des Finances, Jeroen Dijsselbloem, se termine en janvier.

Dijsselbloem président de l’Eurogroupe jusqu’en janvier

Le ministre néerlandais des Finances, continuera à présider l’Eurogroupe jusqu’à la fin de son mandat, en janvier, malgré une débâcle électorale au niveau national.

Certaines rumeurs soutenaient qu’il allait se retirer avant cette date, étant donné que les partis politiques aux Pays-Bas sont en train de former un gouvernement de coalition. Néanmois, Jeroen Dijsselbloem a affirmé le 15 septembre qu’il avait l’intention de rester jusqu’à la fin de son mandat.

Bruno Le Maire fait partie de la liste des candidats à la présidence de l’Eurogroupe. Vendredi dernier, il a fait l’éloge du Néerlandais, le qualifiant de « très bon président ». « Je crois réellement que ce n’est pas le bon moment de discuter de cette question », a ajouté le ministre français.

Pourtant, ses commentaires, tous en anglais, chose peu habituelle pour un responsable politique français, et portant principalement sur l’intégration de la zone euro, suggèrent qu’il se projette déjà bien au-delà de Bercy.

Subscribe to our newsletters

Subscribe