Le G7 s’inquiète des risques posés par la devise Libra

Mark Zuckerberg PDG de Facebook. [Yoan Valat/EPA/EFE]

Les ministres du G7 ont listé le 18 juillet les critères que devrait respecter le Libra, la nouvelle devise de Facebook. Les autorités s’inquiètent des risques sérieux posés par la nouvelle monnaie virtuelle.

Le libra, la nouvelle devise de Facebook s’est retrouvée au cœur des discussions des ministres des Finances du G7 les 17 et 19 juillet près de Paris.

Le travail titanesque auquel devra s’atteler Facebook pour répondre aux demandes des régulateurs laisse penser que le Libra, dévoilé en juin, ne sera pas opérationnel de si tôt.

Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, dont le pays préside le G7 cette année, a déclaré qu’il n’accepterait pas que le Libra devienne une monnaie souveraine qui puisse mettre en danger la stabilité financière.

Les cryptomonnaies similaires sont réputées des « devises stables », puisqu’elles cherchent à résoudre leur volatilité en s’adossant à un actif (par exemple à une monnaie souveraine) ou à un panier d’actifs.

Mais le groupe du travail sur les « monnaies stables » du G7, composé de hauts responsables des banques centrales du G7, du Fonds monétaire international, de la Banque des règlements internationaux et du Conseil de stabilité financière, a présenté une évaluation peu réjouissante.

Pour le président du groupe, Benoît Cœuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne, le nouveau moyen de paiement permettra de réaliser des versements  et paiements moins couteux et d’accroître l’intégration financière.

Risques graves

Les risques sont toutefois importants, a-t-il prévenu. Notamment en ce qui concerne « le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme, la protection des consommateurs et des données, les cyberattaques, la concurrence déloyale et la fiscalité. »

Selon lui, le Libra pourrait aussi avoir des conséquences sur la capacité des banques centrales à garantir la stabilité des monnaies en affectant la transmission des politiques monétaires, en réduisant la stabilité financière et la « confiance du public » dans le système de paiement international.

Dans ce contexte, Benoît Cœuré indique quatre conditions que le Libra et d’autres devises semblables doivent remplir pour être approuvées.

Premièrement, elles doivent répondre aux « normes réglementaires les plus élevées et être soumises à une surveillance et à un contrôle minutieux ». Le principe de base est « même but, mêmes risques, mêmes règles » pour appliquer les mêmes critères que les autres monnaies et moyens de paiement souverains, afin d’assurer la cohérence à travers le monde.

Deuxièmement, le Libra et les initiatives similaires doivent avoir « une base juridique solide », afin de fournir « une protection et des garanties adéquates » à tous les utilisateurs.

« Au minimum, les émetteurs de monnaies stables devraient expliquer clairement la nature de l’engagement qu’ils prennent envers les détenteurs de leur devise et les risques liés à la détention de cet actif. »

Troisièmement, la devise doit s’appuyer sur un « cadre approprié de gouvernance et de gestion des risques » pour garantir la cyberprotection.

Enfin, les actifs qui ancrent les monnaies numériques doivent être « sûrs, prudents, transparents et conformes à la nature des obligations ou des attentes des détenteurs de monnaies », afin que la confiance reste dans le système malgré des fluctuations potentielles.

Travail significatif

Pour Benoît Cœuré , Facebook et d’autres développeurs doivent encore faire face à un « travail considérable » pour répondre à ces exigences avant que leur nouvelle « monnaie » ne soit approuvée.

Les experts du G7 sont particulièrement préoccupés par le potentiel de déploiement mondial du Libra, étant donné que Facebook pourrait offrir directement ce nouvel instrument de paiement à ses quelque 2,4 milliards d’utilisateurs.

D’autres grandes entreprises, dont Mastercard, PayPal, eBay et Uber sont également impliquées dans le projet.

« Il est impératif que les autorités soient vigilantes dans l’évaluation des risques et des implications pour le système financier mondial », a déclaré le groupe.

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