La commissaire au numérique s’engage pour la parité

Mariya Gabriel [European Commission]

La commissaire au numérique rencontre les régulateurs de l’audiovisuel pour s’attaquer aux stéréotypes sexistes dans les films et les séries. Elle compte également augmenter le nombre de femmes dans l’informatique.

Mariya Gabriel, la commissaire au numérique, a déclaré qu’elle rencontrerait les régulateurs de l’audiovisuel nationaux de tous les États membres pour trouver des solutions aux stéréotypes négatifs sur les femmes à la télévision. Un projet concret sera présenté d’ici juin, a indiqué un fonctionnaire européen.

La Commission a annoncé que Mariya Gabriel rencontrerait les régulateurs nationaux pour « évaluer la situation et récolter des exemples de bonnes pratiques promouvant l’égalité des genres ». En novembre dernier, plus de la moitié des personnes interrogées pour un sondage Eurostat ont critiqué la manière dont les femmes sont représentées dans les médias européens.

Cette initiative fait partie d’une stratégie plus large lancée par la Commission pour augmenter la présence des femmes dans les secteurs liés aux technologies. L’exécutif européen a communiqué cette information le 8 mars, à l’occasion de la Journée de la femme.

Mariya Gabriel, qui est entrée à la Commission l’été dernier, travaille également sur une stratégie contre les « fake news ». En avril, elle publiera des recommandations à l’usage des réseaux sociaux, afin qu’ils réagissent mieux à la désinformation sur leurs plateformes et soient plus transparents sur les publicités payantes qu’ils affichent.

Bruxelles lance une consultation publique sur les «fake news»

Les « fake news » sont une maladie contre laquelle l’Europe doit se « vacciner », estime Mariya Gabriel, commissaire au numérique, qui vient de lancer une consultation publique sur la manière dont l’UE devrait réagir.

Disparités dans le secteur tech

La commissaire prévoit également de faire pression sur les entreprises technologiques pour qu’elles engagent et forment davantage de femmes, ont indiqué ses services. Le pourcentage d’employées – 21,5 % en 2015 – dans ce secteur s’est réduit ces dernières années, selon une étude publiée par la Commission.

L’exécutif européen a tenté de faire coïncider la promotion des programmes de formations orientés vers les technologies pour les femmes avec une série de nouvelles lois européennes encourageant les gouvernements et entreprises à engager plus de spécialistes de la cybersécurité. Une nouvelle réglementation très large sur la protection des données et la première loi européenne sur la cybersécurité entrent en vigueur cette année.

En septembre dernier, la Commission a proposé une nouvelle révision des règles sur la cybersécurité. Les négociations à ce sujet sont encore en cours.

« À mesure que le domaine de la cybersécurité s’élargit, nous aurons besoin d’un éventail de compétences et de perspectives que les femmes peuvent apporter », a fait remarquer la commissaire dans un tweet.

D’ici 2022, 350 000 postes d’experts en cybersécurité devraient être ouverts en Europe. Les femmes occupent actuellement 7 % de ces emplois, selon les chiffres d'(ISC)2, une organisation à but non lucratif qui certifie les compétences des employés en matière de cybersécurité. En Amérique du Nord, les femmes représentent 14 % des effectifs de la cybersécurité.

« Il y a beaucoup de discussions et d’intérêt pour le sujet, mais peu de mesures concrètes pour augmenter le nombre de femmes dans la cybersécurité », estime Lyndsay Turley, porte-parole des opérations (ISC)2 en Europe. Certaines femmes pourraient être repoussées par une image trompeuse du secteur de la cybersécurité, qui est susceptible de changer à mesure qu’un plus grand nombre d’emplois deviennent disponibles, selon elle.

« On imagine les spécialistes de la cybersécurité comme des pirates informatiques en sweat à capuche, mais en réalité c’est bien plus une discipline commerciale et de gestion que les gens apprécient », conclut-elle.

Un nouveau réseau européen pour le cryptage et la cybersécurité

Les ministres des Affaires européennes souhaitent lancer des recherches sur les méthodes de cryptage. Une série de mesures devrait être décidée en ce sens lundi 20 novembre.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.