Numérique : le projet « cloud » européen Gaia-X se concrétise

Les « Gaia-X Federation Services jettent les bases de la mise en œuvre sans encombre du projet Gaia-X », a déclaré Andreas Weiss, directeur d’EuroCloud Allemagne. [Shutterstock/Blackboard]

Gaia-X est un des projets pilotes de l’UE visant à garantir une infrastructure de données fiable à travers le bloc. Grâce à la conception des premières spécifications des « Gaia-X Federation Services », le projet se concrétise petit à petit. Un article d’Euractiv Allemagne.

Les « Gaia-X Federation Services jettent les bases de la mise en œuvre sans encombre du projet Gaia-X », a déclaré Andreas Weiss, directeur d’EuroCloud Allemagne.

Pour rappel, les « GAIA-X Federation Services » fournissent les services d’appui permettant aux fournisseurs et aux utilisateurs de se connecter dans des conditions d’interopérabilité et de sécurité juridique. Ils créent ainsi les fondations d’un écosystème ouvert, peut-on lire dans un document du ministère fédéral allemand de l’Économie et de l’Énergie (BMWi).

« Nous avons désormais définis des normes et cadres communs, afin de permettre des collaborations », a renchéri M. Weiss.

Le BMWi a lui aussi salué les avancées effectuées dans ce projet-cloud, auquel il a dédié une enveloppe de 13,5 millions d’euros.

« Avec la conception des Federation Services, qui constituent le véritable noyau technique du système d’exploitation de Gaia-X, nous avons atteint la prochaine étape clé », a commenté le porte-parole du ministère Thomas Jarzombek.

« De ce fait, tous les services de Gaia-X seront reliés à un système transparent et ouvert conforme aux normes européennes. Je me réjouis que ce projet aille de l’avant afin d’être commercialisé le plus rapidement possible. »

Pour l’heure, la phase de conception devrait laisser place à la procédure d’appel d’offres, qui vise à attirer des partenaires ad hoc.

Les premiers services devraient être mis à disposition à partir de la fin 2021, dans le but de concurrencer la dominance du cloud américain sur le marché européen.

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La souveraineté numérique de l’Europe ?

Le projet Gaia-X, qui rassemble une centaine d’entreprises européennes, a vu le jour en 2020 pour renforcer la compétitivité de ces sociétés et de leurs modèles commerciaux sur la scène internationale. L’objectif ? Construire une infrastructure de données interconnectée et ouverte fondée sur les valeurs européennes.

Le projet-cloud est donc organisé comme un marché ouvert, sur lequel les fournisseurs peuvent proposer leurs services informatiques en nuage aux consommateurs. Gaia-X relie les différents prestataires entre eux afin de garantir, dans la mesure du possible, l’interopérabilité entre les différents services.

Par conséquent, les échanges de données entre les différents pans de l’industrie – par exemple la santé, l’agriculture ou la finance – doivent être simplifiés, de même qu’il est primordial de créer un écosystème numérique unifié.

« Gaia-X garantit la souveraineté numérique des utilisateurs des services cloud. Les fournisseurs européens peuvent s’adapter pour rester attrayants sur le plan économique », a déclaré le ministre allemand de l’Économie, Peter Atlmaier.

Dans son discours sur l’état de l’Union, prononcé en septembre 2020, la présidence de la Commission européenne a également fait part du fait que « dans le cadre de NextGenerationEU, nous allons créer un “cloud” européen, fondé sur Gaia X ».

Les sociétés européennes ont de grandes attentes concernant le projet. Dans une feuille de route présentée début mai, elles soulignent d’ailleurs que Gaia-X représente un jalon important dans la réalisation des objectifs numériques de l’UE.

D’ici à 2025, la filière européenne du cloud devrait occuper une place prépondérante grâce à son leadership technologique et son caractère concurrentiel sur le plan de la neutralité carbone  ; sa cybersécurité  ; ses échanges fiables de données ; et son interopérabilité. Elle serait ainsi en mesure d’ériger des normes à l’échelle internationale.

Néanmoins, les détracteurs reprochent que de grandes entreprises américaines, comme IBM, Microsoft, Amazon ou Google participent également au projet.

« Si l’UE et les gouvernements nationaux entendent investir dans le renforcement des compétences technologiques du bloc par le biais du Gaia-X, il faut s’assurer que le projet ne devienne pas un cheval de Troie destiné à aspirer les fonds publics pour la création de l’infrastructure envisagée par l’UE avec des fournisseurs de technologie américains et asiatiques », ont mis en garde les experts en Open source Stefane Fermigier et Sven Franck.

Ces derniers craignent que la participation d’États tiers sape les objectifs de Gaia-X. Autrement dit qu’elle porte atteinte à l’écosystème numérique européen.

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