L’industrie allemande salue les résultats du sommet européen

Le ministre allemand de l'Économie, Peter Altmaier. [EPA-EFE | Philipp Guelland]

La création d’une dette européenne commune devient une réalité à la suite du sommet européen marathon de cinq jours qui s’est terminé le 21 juillet. Les associations professionnelles allemandes saluent ce plan de relance historique. Un article d’Euractiv Allemagne.

« À la suite d’une très longue réunion, nous sommes parvenus à un bon accord, et j’en suis très contente », a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel lors d’une conférence de presse mardi 21 juillet, résumant, comme à son habitude et de manière réservée, ses impressions face aux résultats du sommet européen.

D’autres, notamment la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, ont qualifié le résultat d’« historique » : le Conseil européen a adopté le budget à long terme de l’UE (cadre financier pluriannuel, CFP), mais aussi le plan de relance (NextGenerationEU, NGEU), pour un montant total de 1 800 milliards d’euros. Afin de financer le NGEU, la Commission européenne a été habilitée à augmenter le niveau de dettes à un niveau sans précédent.

L’UE conclut un pacte de relance historique, mais coupe dans son budget et recule sur l’État de droit

Il aura fallu l’un des plus longs sommets de l’histoire du Conseil européen pour que les 27 pays de l’UE trouvent finalement un compromis sur un fonds de relance de 750 milliards d’euros et un budget à long terme. L’accord final, conclu le 21 juillet, réduit le financement de certaines priorités clés de l’Union.

Les associations boivent du petit lait

Ce sont de bonnes nouvelles pour l’économie allemande, a assuré le ministre allemand de l’Économie, Peter Altmaier, lors d’une conférence de presse ce mardi. « Je suis convaincu que la mise en place de ce programme engendrera une relance durable en 2021 et 2020 », a-t-il indiqué. Selon lui, la croissance économique allemande devrait reprendre à partir d’octobre.

Les premiers communiqués de presse allemands étaient aussi optimistes. « Les subventions convenues de 390 milliards d’euros contribueront de manière significative à la reprise économique sur notre continent grâce à des mesures cofinancées par l’UE et les États membres », s’est enthousiasmé Joachim Lang, directeur général de la Fédération de l’industrie allemande (BDI).

Eric Schweitzer, président de la Fédération des chambres de commerce et d’industrie allemandes (DIHK), salue également le financement annoncé, car « le renforcement du marché intérieur et la reprise économique dans les États membres sont des conditions sine qua non pour l’économie allemande afin d’éviter toute crise ».

L’Allemagne a besoin de débouchés commerciaux

Pour les entreprises allemandes orientées vers l’exportation, la stabilisation des marchés européens « est [en effet] une bonne nouvelle », a déclaré Jürgen Matthes de l’Institut de l’économie allemande (IW). Aux yeux de l’économiste, si le sommet avait tourné en eau de boudin, les marchés financiers auraient pu en pâtir, et l’absence d’accord à long terme aurait pu engendrer des cas de faillites publiques.

Pour M. Matthes, l’augmentation des sommes à rembourser par rapport aux subventions accordées ne représente pas de menace sérieuse pour la demande de produits allemands. En effet, la Commission européenne a jusqu’en 2058 pour rembourser entièrement ses créanciers. Étant donné que la période de remboursement est longue, certains des emprunts deviendront des allocations. Ce phénomène est dû à l’inflation : si les prix et donc les revenus (nominaux) augmentent d’année en année, mais pas la valeur de la dette, alors, au bout d’un certain temps, il devient possible de rembourser la dette en gagnant moins. À condition que le taux d’inflation reste stable ou augmente.

« Si le taux d’inflation est de 1,5 % par an, le montant réel d’une demande diminue de 36 % sur 30 ans. Si le taux d’inflation est de 2 %, la diminution de valeur est de 45 %. L’astuce ? Il s’agit de transferts qui n’engagent pas les contribuables. Ici, le marché subit les conséquences des pertes liées à l’inflation, un marché qui prend volontairement des mesures dans le cadre de sa propre évaluation des risques », ajoute M. Matthes. Selon l’économiste, le marché lancera les actions nécessaires, car en ces temps incertains, la demande d’obligations sûres est élevée.

La balle est dans le camp du Parlement européen

Néamoins, les coupes dans les programmes d’innovation, tels que Digital Europe ou Horizon, ainsi que dans la défense européenne et la protection des frontières extérieures sont indirectement préjudiciables à l’Allemagne. L’occasion de renforcer considérablement la croissance, la compétitivité et l’autonomie stratégique de l’UE a été manquée. D’après M. Matthes, c’est « incompréhensible ».

La députée Franziska Brantner, porte-parole européenne des Verts au Bundestag, a exprimé des sentiments similaires lors d’une conférence de presse. Les coupes dans les prochains chantiers européens liés à la recherche et au climat sont « vraiment douloureuses », a-t-elle déclaré.

Mme Brantner a indiqué que le Parlement européen devait désormais prendre une position ferme et « retravailler » la proposition avant qu’elle ne soit approuvée. Une session plénière extraordinaire se tiendra ce jeudi 23 juillet, à l’issue de laquelle la position du Parlement dans les négociations devrait être plus claire.

Le Parlement européen est « satisfait du fonds de relance » mais entend « négocier le budget »

Selon son président David Sassoli, le Parlement européen est satisfait de l’accord des 27 sur le fonds de relance, mais le compromis sur le budget fait l’objet d’objections substantielles. Un article d’Euractiv Italie.

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