L’Allemagne a gagné 3 milliards d’euros grâce à la dette grecque

[Jekatarinka]

L’Allemagne s’avère être l’un des principaux bénéficiaires de la crise de la Grèce : le pays a gagné 2,9 milliards d’euros d’intérêts entre 2010 et 2017. C’est ce qui ressort d’une réponse du ministère des Finances à Berlin à une demande parlementaire des Verts.

« Contrairement à tous les mythes de droite, l’Allemagne a massivement tiré profit de la crise en Grèce. Le gouvernement allemand doit cesser d’alimenter le budget allemand avec des milliards issus des intérêts de la dette grecque », a déclaré Sven-Christian Kindler, porte-parole des Verts pour la politique budgétaire au Bundestag.

Son groupe parlementaire avait envoyé une demande au gouvernement concernant les bénéfices du Programme pour les marchés de titres (SMP) depuis 2010 liés à la dette grecque.

La réponse fournie par le ministère allemand des Finances montre qu’entre 2010 et 2017, les bénéfices liés aux intérêts de la dette se sont élevés à un total de 2,9 milliards d’euros, qui ont d’abord été transférés à la Bundesbank, avant d’atterrir dans le budget fédéral.

La crise grecque a rapporté plus de 1 milliard d’euros aux finances allemandes

Entre les prêts accordés à Athènes et les programmes de rachat de titres de dette, les organismes allemands ont récolté 1,34 milliard d’euros depuis le début de la crise. Un article de notre partenaire La Tribune.

Les détails montrent que les bénéfices générés par le programme SMP s’élèvent au total à 3,4 milliards d’euros. Toutefois, en 2013 et 2014, Berlin a transféré respectivement 527 millions d’euros et 387 millions d’euros au mécanisme européen de stabilité (MES), ce qui signifie que le bénéfice net pour l’Allemagne s’est élevé à 2,5 milliards d’euros.

A cela s’ajoutent les intérêts des prêts de la banque de développement allemande KfW à la Grèce, qui ont généré 400 millions d’euros supplémentaires, portant les gains de la crise de la dette grecque à 2,9 milliards d’euros.

En 2013, les 527 millions d’euros ont été rétrocédés à la Grèce. En 2014, les 387 millions d’euros ont été placés sur un compte de dépôt qui pourrait devenir opérationnel si le bilan du programme d’austérité s’avère positif.

Austérité destructrice

Pour Sven-Christian Kindler, la Grèce a besoin d’une marge de manœuvre pour investir et réduire la pauvreté dans le pays.

« Le Kaputtsparkurs [l’austérité destructrice] a duré beaucoup trop longtemps et a fait trop de dégâts », a-t-il insisté, ajoutant que le ministre allemand des Finances, le social-démocrate Olaf Scholz, devrait changer de position et soutenir l’allègement de la dette de la Grèce.

« La Grèce a maintenant besoin d’un allégement substantiel de la dette, que le gouvernement fédéral doit défendre. Le pays a tenu ses engagements et l’Eurogroupe doit maintenant tenir sa promesse. »

Les banques grecques ont (à peu près) réussi les stress tests

La BCE a effectué de façon anticipée les tests de résistance aux chocs des principales banques du pays, avant sa sortie du plan d’aide européen cet été. Les résultats sont dans l’ensemble satisfaisants. Un article de notre partenaire, La Tribune.

Réunion de l’Eurogroupe le 21 juin

L’Eurogroupe réuni le 21 juin a conclu un allègement de la dette grecque ainsi que la sortie de la Grèce du programme d’ajustement de la Commission européenne.

Aucun pays n’a été renfloué aussi longtemps que la Grèce. Depuis 2010, trois programmes d’ajustement complets ont été mis en œuvre, et le dernier expire en août.

Moscovici écarte toute prolongation du plan d'aide à la Grèce

Le programme d’aide à la Grèce doit prendre fin en août. Pierre Moscovici a rejeté la possibilité d’une prolongation, comme l’évoquait la presse allemande ces derniers jours. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

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