Giscard lance un think-tank pour consolider l’économie européenne

Valéry Giscard d’Estaing

« Re-imagine Europa » vise à renforcer le leadership économique européen. A 92 ans, Giscard déplore la « confusion de l’UE» due au manque de leadership actuel, tout en saluant un « projet remarquable ».

Décrit comme un « nouveau véhicule de recherche », le dernier think-tank de la bulle bruxelloise, sis au cœur des institutions européennes, ne manque pas d’ambition. Il vise « un nouveau débat sur la vision stratégique de l’Europe et la manière de relever les défis du 21ème siècle pour participer à la prospérité économique et au bien-être social de l’Europe ».

Valery Giscard d’Estaing en assure la présidence, Erika Widegren la direction. L’ancien premier ministre des Pays-Bas, Wim Kok, le secrétaire général de l’OCDE Angel Gurria, le directeur de l’Institut Montaigne et ancien PDG d’Axa Henri de Castries ainsi que le député européen Alain Lamassoure (EPP) font partie du Conseil consultatif.

« La situation actuelle du monde est extrêmement préoccupante et nous nous trouvons à un tournant de l’histoire de l’Europe », constate Valery Giscard d’Estaing dans son intervention aux côtés d’ Alain Lamassoure.

Il explique que face aux turbulences actuelles dans le monde, il est nécessaire que l’Union européenne puisse se hisser en tant que puissance économique capable de protéger ses citoyens et ses Etats membres,  ainsi que de les représenter dans le monde, au même niveau que la Chine et les Etats-Unis.

« L’Union européenne a besoin de voir ses intérêts protégés », ajoute-t-il.

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Né le 2 février 1926 à Coblence (Allemagne), Valery Giscard d’Estaing devient le troisième président de la République en 1974. En 1981, il est battu par François Mitterrand.

Son mandat présidentiel est marqué par son parti-pris pour l’Europe : son premier grand discours à l’Assemblée nationale est consacré à la défense du traité de Rome. Avec le chancelier fédéral allemand, Helmut Schmidt, il est à l’origine de la création en décembre 1974 du Conseil européen.

Le début des années 2000 marque également un engagement délibérément pro-européen. En décembre 2001, il est nommé à la tête de la Convention sur l’avenir de l’Europe, qui a pour but de simplifier les différents traités européens en rédigeant un projet de traité constitutionnel.

Le 15 juillet 2003, Valéry Giscard d’Estaing présente la Constitution européenne, signée ensuite par les 25 membres de l’Union européenne le 29 octobre 2004.

Il prend dès lors une part active, en avril et mai 2005, à la campagne pour le « oui » au référendum à propos du traité constitutionnel européen.

Après la victoire du « non » suite au référendum en France et aux Pays-Bas, le traité constitutionnel est en partie abandonné pour laisser place au traité de Lisbonne, signé le 13 décembre 2007.

Un parcours auquel l’ancien président de la République fait allusion  : « Il y a eu le traité de Rome, assez technique, puis le traité de Maastricht, le meilleur traité européen. Mais pourquoi le mouvement s’est-il arrêté ? A cause de la mauvaise gestion du traité de Nice. Il a enlevé la représentation des grands pays, comme la France et l’Allemagne, ce qui a créé un manque total de leadership. Le résultat, c’est la confusion actuelle qui règne ».

Cette confusion conduit selon lui à éloigner les citoyens du projet européen et à un affaiblissement de la représentativité de l’Union européenne sur le plan international.

Il n’en demeure pas moins que ce projet reste « l’un des projets les plus réussi et les plus remarquables jamais accompli », se félicite-t-il. « Le projet a quelques défauts mais il a réussi à créer la paix dans un continent ravagé par trois conflits militaires entre la France et l’Allemagne en moins de cent ans ».

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