L’absence de consensus politique nuit à l’économie grecque

Le vice-président de la Nouvelle Démocratie, Costis Hatzidakis, a déclaré que la Grèce avait «pénalisé» le secteur privé et l'entrepreneuriat. [Stavros Mavrogenis]

Le manque de coopération entre les partis politiques grecs a empêché le pays de sortir d’un plan de sauvetage financier douloureux, selon certains experts. Un article d’Euractiv Grèce.

Les « bonnes pratiques » mises en place par Chypre pour sortir de la crise ont payé, selon les spécialistes et les décideurs politiques. Mais en Grèce, la situation économique est loin d’avoir suivi le même cours.

Le PIB de la Grèce est en effet passé de 242 milliards d’euros au début de la crise à 175 milliards d’euros, soit une diminution de 27 %. Pendant la même période, les investissements ont été réduits de 65 % et les salaires de 29 %, faisant perdre près de 40 milliards d’euros en sept ans aux salariés.

Chypre, l’exemple à suivre

« Chypre a su faire preuve de bonnes pratiques qu’il faut présenter comme des solutions qui n’ont rien de magique […] des solutions réelles qui ont fait leurs preuves et qui pourraient également s’appliquer à la Grèce. » a expliqué Giannis Smyrlis, secrétaire du ND chargé des relations internationales et de l’UE.

Le secrétaire d’État chypriote Theodosis Tsiolas a expliqué les mesures prises par son pays ainsi que les initiatives du gouvernement chypriote en découlant. À la suite d’une série de changements structurels tels qu’une restriction du secteur public par le biais d’une diminution des effectifs et de la mise en place de budgets plus équilibrés, Nicosie est parvenu à sortir de son plan de sauvetage financier plus tôt que prévu, en avril 2016.

D’après certains experts, la mesure la plus importante a été le soutien apporté aux petites et moyennes entreprises (PME), qui ont obtenu des subventions à hauteur de 125 millions d’euros jusqu’en 2020 de la part de la Banque européenne d’investissement et d’autres fonds de la part de la Banque européenne de reconstruction et de développement.

Croissance en hausse

Marios Tsakis, un représentant de la chambre de commerce et d’industrie chypriote, indique que le taux de croissance est à présent positif et a atteint à 2,8 % en 2016.

Concernant le secteur bancaire, près de 1,4 milliard d’euros ont été investis, 4 milliards d’euros ont permis de financer un programme offrant des permis de résidence permanente, et des investissements conséquents ont été effectués avec la participation d’investisseurs étrangers, surtout dans le secteur touristique.

Les créanciers de la Grèce durcissent encore le troisième mémorandum

Obsédé par son objectif de faire entrer le FMI dans le plan de soutien à Athènes, les créanciers européens ont encore une fois demandé des mesures dures à Athènes. Un article de notre partenaire, La Tribune.

Absence de volonté politique

Vasilis Korkidis, président de la confédération nationale du commerce grec, s’est inquiété du sort d’Athènes. Il a déclaré à Euractiv que depuis l’adoption initiale du mémorandum, huit événements importants avaient eu lieu à Chypre. En comparaison, « en Grèce, en sept ans de mémorandum, nous avons eu 118 dates importantes avec des événements, qui n’ont malheureusement apportées aucun résultat », a-t-il souligné.

Selon lui, il existe une volonté politique d’atteindre un consensus et une coopération entre les partis à Chypre, mais pas en Grèce. Le vice-président de la Nouvelle Démocratie, Costis Hatzidakis, a déclaré que la Grèce avait « pénalisé » le secteur privé et l’entrepreneuriat. « L’idée d’investir sans investisseurs, d’entreprendre sans employés et d’obtenir des résultats sans travail a prévalue », a-t-il déclaré.

Il a par ailleurs indiqué que son parti ne voterait pas pour les nouvelles mesures demandées par les créanciers au parlement et a ajouté que la « seule solution pour mettre un terme à la crise était de faire preuve de pragmatisme et de bon sens ».

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