La Grèce risque de rester longtemps sous surveillance

La Grèce est en train de sortir du programme de sauvetage, et bénéficiera probablement un allègement de sa dette. Ce qui ne l’empêchera pas de rester sous surveillance, et pour longtemps, selon Thomas Wieser, président sortant du groupe de travail Eurogroupe.

Pour Thomas Wieser, l’économiste qui dirige le groupe de travail Eurogroupe, il est « hautement souhaitable et hautement probable » que la Grèce obtienne un allègement adéquat de sa dette.

« Nous connaissons tous les conditions nécessaires : un programme se développant comme prévu, une fin ordonnée du programme et un accord sur l’allégement de la dette, qui dépendra bien sûr d’une analyse de sa soutenabilité », a-t-il précisé.

Le troisième examen du programme a été clôturé par l’Eurogroupe le 22 janvier et un autre examen final est en cours. Le gouvernement a pour objectif de « sortir proprement » du plan de sauvetage et d’être capable de se débrouiller tout seul pour la suite.

« Notre plan porte ses fruits […] le pays sortira du mémorandum en août 2018, et même ceux qui ont été plus inquiets dans le passé devront reconnaître » que les choses avancent, a récemment déclaré le Premier ministre grec, Alexis Tsipras.

L’opposition grecque affirme cependant qu’il s’agit d’une « illusion » et que l’augmentation des recettes publiques est due aux mesures de surimposition.

Tsipras annonce la fin du programme de sauvetage en 2018

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a indiqué que la mise en ordre des finances publiques fonctionnait bien et que le pays pourrait se passer du plan de sauvetage dès août 2018.

Et après ?

En ce qui concerne l’avenir, Thomas Wieser rappelle que chaque État membre qui émerge d’un programme de renflouement est soumis à une supervision post-programme jusqu’à ce que 75 % de sa dette soit remboursée.

« Dans le cas de la Grèce, qui bénéficie déjà de conditions de financement extrêmement favorables – ce que les gens ont tendance à oublier – ce sera très long », a-t-il assuré.

L’économiste a ajouté que la supervision postérieure au programme permettait d’examiner de manière beaucoup plus rigoureuse le fonctionnement des politiques économiques et l’évolution de l’économie.

« Il n’existe à ce jour aucune décision ou conclusion définitive sur la manière dont ce contrôle post-programme devrait être structuré. Ni sur ce dont dépendra cet allégement de la dette. Toutefois, le fait est que la Grèce a déjà pris des dispositions très positives pour le remboursement de sa dette publique et que celles-ci sont à présent affranchies du programme. »

Thomas Wieser estime « hautement souhaitable » la participation du FMI aux accords post-programme. Il critique par ailleurs le système politique du pays, qui, selon lui, entrave la croissance et le développement. En ce qui concerne les responsables de la crise grecque, il a noté qu’il fallait interroger les hommes politiques au pouvoir au moment de la crise.

« Ce qui m’étonne, c’est qu’il s’agit d’une discussion qui, à moins que je ne me trompe, n’a toujours pas eu lieu en Grèce. Elle a eu lieu dans d’autres pays, mais pas en Grèce », a-t-il fait remarquer. « Et si cette crise a fait émerger une société grecque aussi divisée et clientéliste qu’auparavant, les prochaines décennies seront tout aussi difficiles. Si, par contre, elle est moins clientéliste et contraire, alors l’avenir sera radieux. »

Manifestations en Grèce contre les nouvelles mesures d’austérité

La Grèce a vécu une nouvelle journée de mobilisation contre les mesures d’austérité approuvées par le Parlement en échange d’un nouveau versement de 6,5 milliards d’euros. Un article d’Euroefe.

 

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