Le Grèce enregistre un excédent primaire étonnement élevé en 2016

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, affirme que la dispute entre l'UE et le FMI retarde la reprise grecque. [European Commission]

En 2016, la Grèce a enregistré un excédent primaire de 3,9 % du PIB, a indiqué son agence de statistiques, Elstat. Une nouvelle fondamentale pour les négociations de réformes à venir entre Athènes et ses créditeurs.

En vertu du plan de sauvetage, la Grèce devait prévoir un excédent primaire, soit un excédent budgétaire avant le remboursement de sa dette, à hauteur de 0,5 % du PIB en 2016, puis de 1,75 % cette année et de 3,5 % en 2018.

Cependant, selon Elstat, le résultat annoncé le 21 avril n’est pas directement comparable au chiffre fixé par le plan UE-FMI, « une série de dépenses et de recettes » étant « prises en compte différemment ». L’agence de statistiques n’a pas précisé les chiffres de l’excédent lié au plan de sauvetage et n’a pas souhaité répondre aux questions à ce sujet.

Quelques heures avant la publication de ces chiffres, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, avait déclaré au Wall Street Journal que l’économie avait une fois de plus dépassé les objectifs espérés.

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Le gouvernement grec a assuré qu’il ne sacrifierait pas les droits des travailleurs, même au prix d’une réduction de la dette publique. Athènes et ses créanciers se rencontrent la semaine dernière pour discuter renflouement et marché du travail. Un article d’EURACTIV Espagne.

La nouvelle est intervenue en pleines négociations des responsables grecs avec leurs créditeurs afin de conclure un accord sur les objectifs de réformes. Ces négociations devraient aboutir la semaine prochaine.

Le Fonds monétaire international s’est réuni le 21 avril à Washington, où les responsables grecs espéraient établir un nouvel accord pour l’allègement de leur dette. D’après l’agence de statistiques grecque, la dette s’élèverait à 315 milliards d’euros, soit 179 % du PIB, contre 177,4 % en 2015.

Les pays de la zone euro, en particulier l’Allemagne, souhaitent que le FMI joue un rôle central dans la supervision des réformes grecques, mais d’après les créditeurs internationaux, celui-ci n’interviendra qu’une fois convaincu que les estimations de la reprise grecque n’ont pas été surévaluées.

Si les États de la zone euro indiquent que la Grèce peut atteindre un excédent primaire de 3,5 % du PIB en 2018, le FMI estime que seul un objectif de 1,5 % est réalisable.

Dans l’article du Wall Street Journal consacré à Alexis Tsipras, le Premier ministre a indiqué que le différend entre l’UE et le FMI retardait la reprise grecque.

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Facteurs conjoncturels? 

« Nous avons promis de respecter les engagements pris auprès de nos créditeurs, en dépit de leur coût politique », a précisé Alexis Tsipras. « Mais nous pourrons seulement y arriver en stimulant la croissance et en mettant fin à l’approche punitive du passé. »

Dans un rapport publié le 19 avril, le FMI estimait que l’excédent primaire grec avait été de 3,3 % en 2016, précisant qu’aucun résultat final n’était pour l’instant disponible. Le directeur du département des affaires fiscales du FMI, Vitor Gaspar, a reconnu que l’estimation était « beaucoup plus élevée » que les prévisions précédentes de l’agence, mais a attribué cette augmentation à des « facteurs conjoncturels ».

À Athènes, le gouvernement a fait remarquer que seulement quelques mois auparavant, le FMI avait prédit un excédent primaire de 0,1 % pour 2016. Le FMI a plusieurs fois répété que la Grèce devrait entreprendre d’importantes coupes budgétaires pour atteindre un excédent primaire de 3,5 % en 2018.

« Le FMI voit un excédent primaire de 1,5 % comme un niveau atteignable à moyen voire à long terme », a indiqué Vitor Gaspar aux journalistes. Mais d’après le gouvernement grec, qui a critiqué l’incapacité du FMI à fournir des estimations précises, aucune mesure d’austérité supplémentaire ne sera nécessaire en 2018 au vu de la performance actuelle de l’économie.

Un compromis est nécessaire pour réformer une deuxième fois le programme de sauvetage et débloquer des prêts dont la Grèce a besoin pour rembourser sept milliards d’euros de dette d’ici cet été. La révision du plan de sauvetage devrait aboutir la semaine prochaine.

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« Rien à célébrer »

La porte-parole du gouvernement, Dimitris Tzanakopoulos, a souligné qu’« au vu des résultats de 2016, les objectifs établis par le programme de sauvetage pour 2017 et 2018 seront atteints ».

La Grèce et ses partenaires européens ont récemment conclu un accord « de principe » concernant de nouvelles réformes fiscales et du système de retraite pour permettre le remboursement de la prochaine tranche du programme. Par ailleurs, le gouvernement grec a annoncé le vote de mesures « anti-austérité positives », qui devraient entrer en vigueur en 2019 et 2020, si les objectifs économiques sont atteints. « Concernant les mesures positives qui seront votées pour 2019 et 2020, il est certain qu’elles seront mises en œuvre », a-t-il ajouté.

Le porte-parole a souligné qu’il n’y avait cependant rien à célébrer étant donné que la population grec avait dû affronter de nombreuses difficultés ces dernières années. Il a cependant indiqué que « toute réserve du FMI au sujet du système fiscal du pays était injustifiée et excessive ».

Dimitris Tzanakopoulos s’en est également pris au parti d’opposition conservateur, Nouvelle démocratie (PPE), soulignant le manque de précision de ses prévisions sur le budget grec. « Le parti Nouvelle démocratie votera-t-il en faveur des mesures positives ou continuera-t-il sa politique autodestructrice? » s’est interrogé Dimitris Tzanakopoulos.

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