Une « alliance pour une relance verte » se forge au sein du Parlement européen

L’eurodéputé français Pascal Canfin, qui préside la commission de l'environnement et de la santé publique du Parlement européen. [© European Union 2020 - Source : EP]

Répondant à l’appel de 12 ministres européens de l’Environnement en faveur d’une reprise « verte » après la pandémie de COVID-19, des eurodéputés issus de tous les horizons politiques ont décidé de constituer une alliance informelle au sein du Parlement européen.

L’« alliance pour une relance verte » a été lancée mardi 14 avril à l’initiative de l’eurodéputé centriste français Pascal Canfin, qui préside la commission de l’environnement et de la santé publique du Parlement européen.

Celle-ci rassemble 79 députés européens issus de tous les horizons politiques, mais également des groupes de la société civile, dont 37 PDG, 28 associations professionnelles, la Confédération européenne des syndicats, sept ONG et six groupes de réflexion.

Sa formation intervient quelques jours après que des ministres de l’Environnement de l’UE ont lancé un appel pour que le Green Deal européen soit placé au cœur du plan de relance post-pandémique de l’UE.

Parmi les grands noms du secteur privé qui ont signé l’appel figurent notamment les PDG d’Ikea, de H&M, d’Unilever, de Danone, ou de E.ON.

Les signataires se sont engagés à soutenir des « plans de relance [post-pandémiques] fondés sur la transformation », qui placent la lutte contre le changement climatique et la perte de biodiversité au centre de la politique économique européenne.

Les appels en faveurs de plans de relance verts se multiplient en Europe

En Europe, ministres et citoyens réclament des plans de relance verts. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

« Concernant la crise du COVID-19, il y aura un avant et un après. Nous choisissons d’accélérer la transition écologique lorsque le moment sera venu de réinvestir dans l’économie », déclare Pascal Canfin.

« Le COVID-19 n’a pas fait disparaître la crise climatique. Les dépenses d’argent public que les États et l’Europe effectueront pour réinvestir dans l’économie doivent cadrer avec le Green Deal », ajoute-t-il.

Mais l’alliance ne vise pas à reconstruire toute une économie à partir de zéro. Au cours des dix dernières années, de nouvelles technologies telles que les énergies renouvelables, la mobilité zéro émission, l’agro-écologie ou l’efficacité énergétique ont été développées, ce qui a « massivement réduit » le coût de la transition écologique, affirment les signataires dans une déclaration.

« Après la crise financière de 2009, nous n’avions pas encore démontré la rentabilité de la rénovation des logements, les voitures zéro émission n’étaient que des prototypes, les éoliennes coûtaient trois fois plus cher qu’aujourd’hui, et le solaire sept fois plus cher », stipule le texte.

Les signataires se disent « engagés à proposer les solutions d’investissement nécessaires, en accord avec les engagements climatiques, pour relancer l’économie après la crise ».

Ils appellent à la création d’une « alliance mondiale » de politiciens, de décideurs, de chefs d’entreprise, de syndicats et de groupes de la société civile pour soutenir une transition verte après la pandémie.

« Le large soutien dont bénéficie cette déclaration montre clairement que la réponse de l’Europe à la crise du COVID-19 doit nous mettre sur la voie d’une économie véritablement durable, neutre sur le plan climatique et juste – pour le bien de l’environnement, mais aussi pour renforcer la résilience de nos sociétés et de notre économie », souligne Ester Asin, directrice du bureau des politiques européennes du WWF, qui figure au nombre des signataires.

Subscribe to our newsletters

Subscribe
CONTRIBUER