Le Royaume-Uni prévoit des baisses d’impôt en cas d’accord sur le Brexit

Philip Hammond [@EPA-EFE/ANDY RAIN]

Le premier budget post-Brexit du Royaume-Uni prévoit des baisses d’impôts pour les Britanniques. Mais le ministre de l’Économie, Philip Hammond, prévient que le Royaume-Uni sera plus pauvre si Theresa May ne parvient pas à un accord avec l’UE.

Lors de l’annonce du budget britannique pour 2019, le 29 octobre, Philip Hammond, chancelier de l’échiquier, a présenté une série de réductions d’impôts, relevant notamment le seuil des revenus à partir duquel les Britanniques commencer à payer des impôts.

La sortie du Royaume-Uni de l’UE en mars prochain était présente dans tous les esprits lors de la présentation du budget, mais n’a presque pas été mentionnée. Pourtant, Philip Hammond réserve 500 millions de livres (560 millions d’euros) supplémentaires aux services du gouvernement en charge de la planification du Brexit, en plus des 3,7 milliards de livres (4,2 Md d’euros) déjà alloués pour 2018, 2019 et 2020.

« Nous sommes à un moment crucial dans les négociations avec l’UE », a déclaré Philip Hammond devant la Chambre des communes, le parlement britannique. « Si l’on fait les choses bien, non seulement nous protégerons les emplois, les entreprises et la prospérité au Royaume-Uni, mais l’accord nous apportera aussi un double avantage : une dynamique grâce à la fin de l’incertitude, et une dynamique grâce à une marge budgétaire que je garde en réserve pour le moment. »

Philip Hammond a prévenu qu’un budget d’urgence pourrait être nécessaire au printemps en cas de Brexit sans accord, mais s’est dit « confiant » dans la conclusion de cet accord.

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La veille, Philip Hammond a déclaré que ses prévisions économiques s’appuyaient sur la conclusion d’un accord de libre-échange entre le Royaume-Uni et l’UE, et qu’un réexamen serait donc nécessaire si les deux parties n’y parvenaient pas.

« Nous devrions chercher une stratégie différente et, honnêtement, nous aurions besoin d’un nouveau budget pour cette nouvelle stratégie d’avenir », a-t-il mis en garde.

Sur un autre ton, le porte-parole de la Première ministre, a au contraire déclaré le 29 octobre que le budget avait été entièrement chiffré, que le Royaume-Uni quitte l’UE avec ou sans accord.

L’économie britannique devrait connaître une croissance de 1,6 % en 2019 et de 1,4 % en 2020, mais une série d’études d’impact du gouvernement préviennent qu’un scénario sans accord pourrait plonger le pays dans la récession.

En réponse à l’annonce du budget, le chef de file du parti travailliste, Jeremy Corbyn a déclaré que l’économie britannique souffrait « de l’incertitude provoquée par la gestion chaotique du Brexit par le gouvernement ».

Taxe sur le numérique

Le Royaume-Uni compte aussi introduire une taxe sur les services numériques, qui pourrait créer des accrochages avec l’UE. L’impôt, qui a pour ambition de lever près de 400 millions de livres (450 millions d’euros) chaque année, sera « mis en place pour s’assurer que les géants de la technologie prennent leurs responsabilités » et ne sera imposé qu’aux entreprises dont les bénéfices dépassent les 500 millions de livres, à partir d’avril 2020.

L’OCDE et un groupe d’expert de l’UE travaillent déjà sur une taxe sur le numérique à l’échelle mondiale. « Un nouvel accord mondial serait la solution idéale mais les progrès sont encore extrêmement lents », a expliqué Philip Hammond pour justifier sa décision d’une taxe nationale.

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Le chancelier de l’échiquier a ajouté que le Royaume-Uni étendrait l’utilisation des contrôles automatisés des passeports à l’aéroport d’Heathrow entre autres pour inclure les visiteurs provenant des États-Unis, du Canada, de Nouvelle-Zélande, d’Australie et du Japon. Une tentative à peine voilée de s’attirer les faveurs de grands pays avec qui le Royaume-Uni espère conclure des accords commerciaux post-Brexit.

 

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