Hamon veut gérer la zone euro sans le Parlement européen

Benoît Hamon

Un traité international entre les pays de la zone euro pour renforcer le contrôle démocratique : telle est la proposition phare du candidat socialiste sur l’UE. L’inspiration souverainiste du projet, qui charge les parlementaires nationaux de ce contrôle, fait tiquer à gauche.

Le candidat socialiste Benoit Hamon a dévoilé, jeudi 9 mars, son projet pour l’Europe, en se concentrant notamment sur une nouvelle gouvernance pour la zone euro.

L’objet du candidat est d’ajouter du contrôle démocratique au Mécanisme européen de stabilité, à l’Union bancaire et au semestre européen. Des mesures qui, selon le candidat, ont contribué à « consolider les politiques d’austérité au sein de l’Union économique et monétaire ».

Dans un « projet de traité de démocratisation de la gouvernance de la zone euro » ou T-Dem pour les intimes, qu’Euractiv a pu consulter, le candidat développe son propos en insistant sur le nécessaire respect de la démocratie représentative de l’UE, et avance que le déficit démocratique de l’UE porte en lui le risque de son démantèlement.

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« Seule une révision générale des traités européens permettrait d’offrir à la zone euro le cadre institutionnel capable de corriger les défauts d’origine de l’Union économique et monétaire » assure le candidat, avant de reconnaitre que la modification des traités s’avérant compliquée, il faudrait, dans un premier temps, proposer un traité international qui serait signé par les pays de la zone euro.

Parlements nationaux : le retour

Mais pour exercer le contrôle parlementaire sur le fonctionnement de la zone euro, le candidat du Parti socialiste ne propose pas de recourir au Parlement européen, mais à une assemblée parlementaire composée exclusivement de parlementaires nationaux.

Une option qui risque de faire grincer des dents chez les europhiles, puisqu’elle délégitimise la crédibilité durement acquise du Parlement européen, principal organe démocratique de l’Union européenne actuelle. Elle traduit aussi l’option délibérément souverainiste choisie par le candidat de la gauche du Parti socialiste, une théorie qui s’avère assez lointaine de celles défendues par le commissaire Moscovici ou le président Hollande.

« Est-ce que pour contrôler ce budget de la zone euro il faut avoir un parlement de la zone euro ? », s’est interrogé François Hollande jeudi 9 mars, à propos de la proposition de Benoit Hamon.

« On sait que les parlementaires européens qui relèvent des pays de la zone euro auraient à faire ce contrôle. Est-ce qu’il faut y associer des parlementaires nationaux ? A ce moment là c’est un autre statut », a fait valoir le président, critiquant assez ouvertement le projet du candidat socialiste.

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