Le FMI insiste sur l’allègement de la dette grecque

Les FMI n'en démord pas : il faut alléger la dette grecque. [Center for Global Development (CGD)/Flickr]

Le FMI ne participera au renflouement de la Grèce que si la dette est jugée soutenable.Ce qui implique une restructuration, selon Christine Lagarde.

Malgré les pressions croissantes, le Fonds monétaire international (FMI) refuse de continuer à financer le programme de renflouement de la Grèce, qui s’élève à 86 milliards d’euros, si Athènes ne s’engage pas à faire davantage de réformes et si Bruxelles ne présente pas en détail un plan d’allègement de la dette.

Il y a quelques semaines, la Grèce et ses partenaires européens ont trouvé un accord « de principe » sur la suite des réformes liées aux retraites et à l’impôt, afin de débloquer le versement de la prochaine tranche d’aide.

Environ 7 milliards d’euros devraient être versés à la Grèce en juillet, et il est dans l’intérêt de tout le monde de régler les détails pratiques bien avant cette date.

Les créanciers de la Grèce durcissent encore le troisième mémorandum

Obsédé par son objectif de faire entrer le FMI dans le plan de soutien à Athènes, les créanciers européens ont encore une fois demandé des mesures dures à Athènes. Un article de notre partenaire, La Tribune.

Réformes et restructuration de dette

Lors d’un entretien avec Die Welt, Christine Lagarde, directrice du FMI, a insisté sur le fait que la Grèce ne pourrait pas atteindre l’excédent primaire de 3,5 % du PIB prévu par les institutions européennes. Le FMI table en effet sur une augmentation de 1,5 %.

« Si les Européens pensent différemment, nous devons prendre cela en considération, mais nous ne pouvons pas adopter des prédictions déraisonnables ou nous fonder sur des cadres macroéconomiques injustifiés », a-t-elle estimé.

La Française a répété que le FMI participerait à la suite du programme de sauvetage si des réformes importantes étaient mises en place. « Nous nous approchons de [ces réformes], et notre équipe retournera en Grèce pour négocier, afin de trouver un accord contraignant qui convienne à tout le monde », a-t-elle indiqué, avant d’ajouter que le FMI souhaitait que la dette grecque soit soutenable, ce qui implique une restructuration.

Le FMI dans le piège des pressions européennes sur la Grèce

Le FMI sous emprise européenne : l’accusation, récurrente depuis le premier plan d’aide grec en 2010, ressurgit aujourd’hui au moment où la zone euro fait pression sur l’institution pour qu’elle se réengage financièrement auprès d’Athènes.

Optimisme américain

Dans une autre interview, avec le Financial Times, Steven Munchin, secrétaire d’État américain au trésor, a pour sa part espéré que « quelque chose règle la situation grecque dans un avenir proche ».

« Il serait cependant prématuré pour moi de faire des commentaires sur les demandes spécifiques du FMI. On ne m’a pas présenté de plan spécifique, bien que, comme je l’ai dit, nous ayons des conversations privées », a-t-il continué, ajoutant que Washington encourageait le FMI à discuter avec les créanciers européens.

« Nous estimons qu’il s’agit principalement d’une question européenne, même si nous suivons la situation de près parce qu’elle est importante pour les économies mondiales et les marchés financiers », a-t-il assuré.

Un compromis à Washington ?

Dans le même temps, Euclid Tsakalotos, le ministre grec aux Finances, et son second, George Chouliarakis, participeront à la réunion annuelle du FMI et de la Banque mondiale à Washington, du 21 au 23 avril. Selon la presse grecque, Athènes s’attend à un compromis sur la dette entre le FMI et les États membres de l’UE, afin d’assurer l’implication de l’institution.

La Grèce se concentre actuellement sur le niveau d’excédent primaire obtenu pour 2016, qui sera annoncé officiellement par l’Elstat, l’agence de statistique grecque, le 21 avril, avant d’être validée par Eurostat le 24 avril. L’excédent devrait atteindre 3,5 % du PIB, ce qui mettrait le pays dans la bonne voie pour les années à venir.

Martin Schulz fait volte-face sur le « Grexit »

En cas d’élection à la chancellerie, Martin Schulz n’a pas écarté l’hypothèse d’une expulsion de la Grèce de la zone euro, si les réformes nécessaires ne sont pas mises en application. Un article d’Euractiv Allemagne.

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