Infosys réduit sa consommation énergétique d’un tiers

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Le géant indien de l'informatique affirme faire plus d'efforts en faveur de l'efficacité énergétique que Google et Apple. Greenpeace pense plutôt que l'entreprise devrait voir plus loin.

 

Infosys, le géant indien de l'informatique, a réduit sa consommation d'électricité par employé d'environ un tiers et pris des mesures d'efficacité énergétique qui ont permis à l'entreprise d'économiser 32 millions de dollars (25,6 millions d'euros) depuis 2009.  

 

Grâce à des compteurs intelligents, à la diminution de la climatisation et à la construction de nouveaux bureaux très efficaces, la société utilise mieux son énergie aujourd'hui, bien que ses factures d'électricité aient continué d'augmenter en raison de sa rapide expansion.  

 

Rohan Parikh, responsable de la durabilité, a expliqué au Guardian que l'entreprise avait des objectifs environnementaux bien plus ambitieux qu'Apple et Google.  

 

« Apple, Google et Facebook sont sous les feux de la rampe. Ils sont les chouchous des médias. Ils attirent énormément l'attention. Et leur portefeuille est bien rempli », a expliqué M. Parikh. « Nous ne nous contentons pas d'acheter des centrales solaires. Nous nous attachons à devenir plus efficaces sur le plan énergétique. »

 

Microsoft a été salué par plusieurs organisations comme Greenpeace le mois dernier pour avoir adopté de nouvelles mesures vertes. L’entreprise, qui tire déjà 46 % de son énergie de sources renouvelables, a annoncé qu'elle serait neutre en carbone d'ici au 1er juillet.

 

Apple a suivi le même chemin après que Greenpeace l'a pointé du doigt, car la société utilisait de l'énergie polluante pour alimenter son nuage. Elle a annoncé le mois dernier qu'elle alimenterait son plus grand centre de données situé en Caroline du Nord uniquement grâce à de l'énergie éolienne et solaire d'ici la fin de l'année.  

 

Ces objectifs sont plus ambitieux que ceux rendus publics par Infosys. L'entreprise a été critiquée en Inde pour avoir failli à sa réputation de société intègre et innovante s'agissant de trouver des solutions au changement climatique. 

 

« Infosys s'y est pris un peu tard. D'autres entreprises en ont fait davantage », a expliqué Abhishek Pratap, éminent militant de Greenpeace en Bangalore, où est basée Infosys.

 

« Les gens souhaitent qu'Infosys trouve des solutions pour réduire ses émissions de carbone, mais je ne vois pas de grande évolution en ce sens. »  

 

M. Parikh a toutefois précisé que son entreprise serait encore plus respectueuse de l'environnement à l'issue de son plan de durabilité. « Il ne s'agit pas d'acheter des crédits et de devenir verts », a-t-il expliqué. « Il s'agit en réalité d'agir de manière pertinente. »

 

L'entreprise est un leader du monde de la technologie en Inde et emploie environ 150 000 personnes dans le monde. Elle compte près de 15 000 employés aux Etats-Unis. En Inde, elle puise 90 % de son électricité du charbon.

 

L'année dernière, elle a annoncé qu'elle deviendrait neutre en carbone d'ici 2018. L'entreprise utilise actuellement 20 % d'énergie éolienne et hydraulique, selon M. Parikh. Il a affirmé qu'Infosys souhaitait que la prochaine génération de bâtiments soit totalement hors du réseau et puise toute son électricité de l'énergie solaire et éolienne d'ici 2018.  

 

Infosys est fière de la conception de ses nouveaux bâtiments plus efficaces. M. Parikh a affirmé que l'entreprise ouvrait en moyenne un nouveau complexe par mois..

 

L'un des plus innovants, situé à Hyderabad en Inde, utilise des systèmes de refroidissement par rayonnement au sol et n'utilise que la lumière naturelle pendant la journée. Ce bâtiment est 50 % plus efficace sur le plan énergétique que tous les autres bâtiments de l'entreprise. Infosys tente également de retenir plus d'eau fraîche dans le sol qu'elle n'en consomme.  

 

En adoptant les bonnes pratiques, Infosys espère encourager les autres entreprises à prendre davantage de mesure pour lutter contre le changement climatique. « Nous voulons changer la manière dont se passeront les choses à l'avenir », a affirmé M. Parikh.  

 

Greenpeace estime toutefois que l'entreprise doit encore faire ses preuves. 

 

« Il ne s'agit pas seulement de rendre les installations plus vertes », a expliqué M. Pratap. « Il s'agit également de développer des solutions que les autres secteurs pourront utiliser. »

 

Pour réduire l'impact de certains produits sur l'environnement dès leur phase de conception, l'UE a adopté en 2005 une directive-cadre visant à définir des exigences d'écoconception pour les produits consommant de l'énergie (voir le LinksDossier d'EURACTIV).

 

La Commission européenne a été chargée de définir des exigences minimales de performance énergétique en fonction des produits. Aucune date butoir n'a toutefois été fixée pour cette tâche.

 

Les normes d'efficacité énergétique ont dans un premier temps été appliquées à 19 groupes de produits (dont le matériel de chauffage, d'éclairage, les appareils domestiques et les moteurs électriques) sélectionnés lors d'une phase de transition après l'adoption de la directive en juillet 2005.

 

En juillet  2008, la Commission a adopté une proposition pour une directive augmentant le champ d'application des règles d'écoconception afin d'inclure d'autres produits consommateurs d'énergie. Près de dix nouveaux groupes de produits ont été identifiés, 17 études préparatoires ont été lancées, et la Commission affirme qu'elles pourraient aboutir à de nouvelles réglementations en 2012. 

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