«Insuffler de nouvelles formes de débats pour renforcer la démocratie participative en Europe»

Luca Jahier

Le nouveau président du Comité économique et social européen, Luca Jahier, entend promouvoir une nouvelle culture du dialogue autour du développement durable, de la culture, de la paix et de la jeunesse pour rapprocher les citoyens du projet européen.

« Nous assistons actuellement à une crise généralisée des partis traditionnels, mais aussi de la participation à la vie politique traditionnelle», constate le nouveau président du Comité économique et social européen (CESE). Il précise que la distance des citoyens envers les institutions européennes et le projet européen rentre dans ce contexte.

«Il faut insuffler de nouvelles formes de débat qui permettront de renforcer la démocratie participative et, par ricochet, de rapprocher les citoyens du projet européen. Et ils devront s’articuler autour du développement durable, de la culture, de la paix et de la jeunesse», préconise-t-il.

Luca Jahier est né le 6 décembre 1962 en Italie. Diplômé en sciences politiques, il devient journaliste, politologue et expert des mouvements associatifs. Entre 2011 et 2018, il a présidé le Groupe III («Activités diverses») du Cese dont il est membre depuis 2002. Il a supervisé un rapport sur la dimension sociale de l’Union économique et monétaire.

Crée en 1957, le CESE est considéré comme le pont institutionnel avec la société civile européenne. Il a été crée afin de permettre à toutes les parties prenantes de se faire entendre de la Commission, du Conseil et du Parlement, et agir efficacement sur le processus décisionnel de l’Union européenne. Les avis du Comité, adoptés par ses 350 membres provenant de ses trois groupes (employeurs, travailleurs et activités diverses) font émerger « avec force » son expertise et son lien avec le monde du travail, dans ses différentes composantes.

Grenelle de l’environnement

Le Grenelle de l’environnement est un exemple à suivre en matière de dialogue et de démocratie participative, selon Luca Jahier.

Pour le responsable européen, «le Grenelle de l’environnement est un moment extraordinaire et unique dans l’histoire de l’Union européenne».

Il précise que la réunion de parties prenantes venant d’horizons divers regroupés en différents groupes de travail est un «modèle» de processus de construction législatif.

Pour rappel, le «Grenelle de l’environnement» s’est tenu du 6 juillet au 25 octobre 2007 et a réuni des représentants de l’État, des ONG investies dans les questions environnementales, les partenaires sociaux et les collectivités locales.

Les groupes de travail constitués au moment du Grenelle avaient définis des objectifs dans un grand nombre de domaines : la biodiversité et les ressources naturelles, le changement climatique, les relations entre l’environnement et la santé publique, les modes de production et de consommation, la question de la «gouvernance environnementale» ou de la «démocratie écologique», la promotion de modes de développement durables favorables à la compétitivité et à l’emploi, la conduite à observer vis-à-vis des organismes génétiquement modifiés (OGM), la gestion des déchets.

«Le CESE est un espace institutionnel où des femmes et des hommes de terrain font valoir leurs expertises», poursuit-il. «Et nous souhaitons faire en sorte qu’elles soient bien intégrées dans le débat public européen».

À cet égard, Luca Jahier cite une échéance impliquant le CESE et son expertise de terrain qui doivent inaugurer ces nouveaux formats de débats : les consultations citoyennes sur l’Europe.

À Epinal, Macron esquisse la démarche pédagogique des consultations citoyennes

Outil de débat avant les élections, la consultation citoyenne doit permettre d’éviter les mensonges qui ont mené au Brexit, a expliqué le président à Epinal.

Consultations citoyennes

Inaugurées le 17 avril par le président de la République Emmanuel Macron à Strasbourg, les consultations citoyennes sur l’Europe se tiendront jusqu’au mois d’octobre 2018 dans 27 États membres de l’Union européenne.

Le CESE accompagne cette campagne qui a pour objectif de recueillir les propositions des citoyens européens en vue de refonder l’Union européenne. Elles ont été proposées par Emmanuel Macron dans un discours prononcé en septembre 2017.

«Nous avons confirmé auprès de la ministre Nathalie Loiseau de soutenir ces consultations dans le périmètre d’actions qui est le notre. Mais il faut rappeler ici que la responsabilité demeure au sein des Etats membres», précise Luca Jahier.

Si les contours et le déroulement de ces consultations restent encore à définir, il se félicite de la tenue de cet espace de dialogue qui implique les citoyens européens. «Lorsque l’on remet le débat sur l’Europe au centre de la scène, c’est en soi déjà positif. Mais le fait même que 26/28 États membres ont donné leurs accord de principe, on assiste ici à l’avancée d’une idée».

Capacité institutionnelle

Ces nouvelles formes de débat émergent alors que l’Europe est entourée par les conflits, constate Luca Jahier. «Ce n’était pas le cas il y a dix ou 15 ans»

Il cite les conflits militaires mais aussi les perspectives d’une possible guerre commerciale. «Nous assistons à une période de confrontations et de conflits. C’est un moment de changement brutal face qui crée beaucoup d’anxiété et mettent nos traditions sociales sous une pression qui n’a jamais été aussi forte», constate-t-il.

Face à ce bouleversement, l’Europe a toutes ses cartes à jouer si on sait les utiliser comme il le faut. «Non seulement, le volume des ressources mobilisées par Bruxelles est impressionant mais l’Europe a une capacité institutionnelle à mener à bien le projet européen».

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