Intelligence artificielle, blockchain : l’UE doit investir 10 milliards d’euros pour rattraper son retard

Sur les 25 milliards d'euros d'investissements annuels dans ces technologies, la part des États-Unis et la Chine représente plus de 80%, là où la part du bloc ne s'élève qu'à 7%, soit un montant d'environ 1,75 milliard d'euros.  [everything possible/Shutterstock]

La Banque européenne d’investissement (BEI) a publié un nouveau rapport mardi (1 juin) qui pointe du doigt le manque d’investissements de l’UE dans l’intelligence artificielle (IA) et la blockchain, face aux puissances américaine et chinoise.

Dans une étude parue hier, sous-titrée « Comment les technologies révolutionnaires créent des opportunités pour une économie verte et numérique ? », la BEI fait un état des lieux des investissements en matière d’intelligence artificielle et de blockchain, « deux des technologies révolutionnaires les plus importantes de notre époque », en Europe. Surtout, le rapport s’interroge sur les freins à ces investissements, qui ont conduit les États-Unis et la Chine à passer loin en tête dans le domaine.

« Les entreprises et les gouvernements d’Europe sous-investissent considérablement dans l’IA et la blockchain par rapport à d’autres régions de premier plan, et il est devenu évident que l’Union européenne peine à traduire son excellence scientifique en application commerciale et en réussite économique », peut-on lire.

Sur les 25 milliards d’euros d’investissements annuels dans ces technologies, la part des États-Unis et la Chine représente plus de 80%, là où la part du bloc ne s’élève qu’à 7%, soit un montant d’environ 1,75 milliard d’euros.

La BEI estime ce déficit d’investissement annuel dans le domaine de 5 à 10 milliards d’euros pour pouvoir rester compétitif.

L’étude pointe du doigt plusieurs raisons à ce « sous-investissement » : la disponibilité limitée du capital risque et des investissements privés, un appétit limité en raison des besoins d’investissement initiaux élevés, du manque de connaissance et de la faible visibilité des applications commerciales, une disponibilité limitée des données au sein de l’UE et un écosystème de l’innovation fragmentée.

S’il s’agit d’un enjeu de souverainté numérique, les intérêts économiques sont loin d’être négligeables. « En 2019, il a été estimé que le produit intérieur brut mondial pourrait augmenter jusqu’à 14 % (l’équivalent de 13 300 milliards d’euros) d’ici à 2030 en raison de l’accélération du développement et de l’adoption de l’IA », note l’étude.

Sans surprise, la BEI recommande d’augmenter les investissements, aussi bien publics que privés.

« Toutefois, le financement seul ne suffit pas. Nous devons également renforcer et connecter davantage nos écosystèmes afin de transformer plus rapidement et mieux les idées brillantes en valeur commerciale », précise la vice-présidente de la Banque européenne d’investissement Teresa Czerwińska, dans le rapport.

À Bruxelles, on envisage d’investir 1 milliard d’euros par an dans l’IA dans le cadre de ses programmes Europe numérique et Horizon Europe en plus de son objectif d’attirer plus de 20 milliards d’euros d’investissements par an en Europe au cours de cette décennie.

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