Investissements étrangers: l’attractivité de la France se confirme

1 323 décisions d’investissements étrangers ont été recensées en France l’année dernière, contre 1 298 en 2017. La hausse du nombre de projets recensés par Business France traduit un renforcement de l’attractivité de l’économie tricolore. Un article de notre partenaire, La Tribune.

L’attractivité de la France se consolide. D’après le dernier rapport de Business France publié ce mercredi 3 avril, le nombre d’investissements étrangers a progressé de 2% l’an dernier pour atteindre un niveau inégalé depuis 11 ans. Ce chiffre peut apparaître comme une nouvelle favorable pour l’économie tricolore alors que la conjoncture mondiale s’est fortement dégradée depuis plusieurs mois. Les interminables négociations sur le Brexit ont plongé beaucoup d’entreprises dans le flou et les grandes économies européennes souffrent actuellement. L’économie italienne traverse une récession et les moteurs de l’industrie allemande tournent au ralenti.

Des investissements en légère hausse

En 2018, l’agence publique en charge de la promotion de l’attractivité de la France auprès des investisseurs étrangers a recensé 1 323 décisions d’investissement contre 1 298 en 2017 et 1 117 en 2016. Ce qui correspond à une moyenne d’environ 25 projets par semaine. Si les décisions ont augmenté l’année dernière, la progression est bien moindre que pour les deux années précédentes.

Ces décisions ont permis de créer ou de maintenir 30 302 emplois en 2018 contre 33 489 en 2017 où un sommet avait été atteint depuis 10 ans. Les auteurs du dossier expliquent que « ce résultat est dû à la baisse du nombre d’emplois sauvegardés (- 4 000 emplois), suite au recul du nombre de reprises de sites en difficulté (-25%).» En revanche, les créations d’emploi ont bondi de 14% l’année dernière pour atteindre 741 décisions au lieu de 651 en 2017.

La confirmation du retour des Américains

2017 avait été marquée par le retour des firmes américaines sur le territoire français. En 2018, ce retour est confirmé avec une stabilisation des décisions constatée (1%) entre 2017 et 2018. Avec 232 projets en 2018 contre 230 en 2017, la première puissance économique mondiale représente 18% du total des décisions. Les entreprises américaines privilégient des investissements dans la recherche et développement. Elle sont à l’origine du quart des décisions enregistrées dans ce domaine.

Si les discours du président américain Donald Trump mettent l’accent sur le protectionnisme, les entreprises outre-Atlantique continuent d’investir sur le sol français. À titre d’exemple, Uber a implanté son premier centre de recherche en dehors de l’Amérique du Nord à Paris. Cette structure devrait se concentrer « sur l’intelligence artificielle et les systèmes de gestion de l’espace aérien pour soutenir l’aviation urbaine à grande échelle ». La société spécialisée dans le transport devrait investir 20 millions d’euros au cours des cinq prochaines années.

L’Europe gagne du terrain

Les pays membres de l’Union européenne sont très présents dans les projets d’investissement recensés par l’agence. Sur le total, les projets européens représenteraient 61% contre 21% pour l’Amérique du Nord et 11% pour l’Asie. L’Allemagne se place à la seconde place du podium avec 180 projets d’investissement dénombrés, en baisse de 13% par rapport à 2017. Nos voisins réalise 14% des investissements étrangers et 12% des emplois associés. Les entreprises allemandes sont très impliquées dans le domaine de la logistique. Elle sont à l’origine de 29% des décisions dans ce secteur. Viennent ensuite le Royaume-Uni (118 décisions), les Pays-Bas (104) et l’Italie (94).

Au niveau des dynamiques, les bonds les plus spectaculaires dans le haut du tableau concernent les Pays-Bas (96%) et le Royaume-Uni (33%). Les investissements des firmes britanniques ont en grande partie été fléchés vers les secteurs du conseil, de l’ingénierie, des logiciels et prestations informatiques ainsi que les services financiers.

Le flou persistant du Brexit

Les multiples reports de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne ont plongé les investisseurs dans le brouillard. Ce divorce « se traduit par un attentisme des investisseurs étrangers, en particulier ceux des pays émergents, qui avaient massivement choisi le Royaume-Uni comme plateforme pour s’implanter en Europe ». Pour Business France, l’attractivité perçue du royaume est en recul.

Outre cette dégradation, les firmes pourraient revoir leurs stratégies d’implantation en Europe. Par exemple, « les entreprises industrielles implantées au Royaume-Uni devraient également revoir leur insertion dans les chaînes de valeur afin d’éviter de restreindre leur accès au marché européen et d’augmenter leurs coûts de transport ». La possible hausse des barrières tarifaires (contrôles supplémentaires, réglementation) et des barrières tarifaires (droits de douane) pourrait peser sur les coûts de production de l’industrie britannique.

Dans un baromètre réalisé par Kantar, 58% des groupes à l’étranger et 54% des firmes étrangères implantées en France envisagent de redéfinir leur stratégie d’implantation outre-Manche au profit d’un autre pays en Europe. Si l’Allemagne est considérée comme la principale économie bénéficiaire du Brexit (46%) sur le Vieux continent, la France serait le deuxième pays privilégié.

L’innovation et l’industrie au coeur des décisions

L’innovation et la recherche et développement sont largement plébiscitées par les investisseurs étrangers. D’après Business France, les décisions dans ce domaine sont en constante progression avec une moyenne annuelle de 9% depuis 2014. L’année dernière, 129 projets d’investissement ont été recensés contre 125 en 2017. Ces décisions ont induit 2 793 emplois contre 2 282 en 2017. Les principaux pays investissant dans ce champ sont les États-Unis (26%), l’Italie (8%), l’Allemagne (8%) et le Canada (7%).

Outre l’innovation, l’industrie continue d’attirer les investisseurs malgré une désindustrialisation marquée depuis des décennies de l’économie française. En 2018, 320 projets générant 11 295 emplois ont été enregistrés dans la production. En dépit de ce tableau favorable, les résultats présentés dans le rapport signalent un recul par rapport à 2017 dans ce domaine (343 décisions pour 16 123 emplois).

« L’année 2018 s’est traduite par une légère baisse du nombre de projets industriels dans le secteur automobile et métaux et travail des métaux, qui s’explique par une baisse du nombre de reprises de sites industriels en difficulté. »

L’Ile-de-France concentre une grande part des investissements

La région francilienne continue d’attirer un grand nombre d’investissements étrangers. Au niveau des emplois créés ou maintenus, la région la plus peuplée de France représente 23% du total national. Elle est suivie des Haut-de-France (15%), de l’Auvergne-Rhône-Alpes (13%). L’Occitanie et le Grand Est se classent au même niveau (10%).

Pour mieux appréhender le poids des filiales étrangères dans l’emploi régional, les auteurs du rapport ont rapporté ces chiffres à l’emploi salarié dans chaque région. La région Grand-Est compte 2,5 emplois crées par des investissements étrangers en 2018 pour 1 000 emplois salariés dans la région, sachant que la moyenne nationale est de 1,1.« Les régions Centre-Val de Loire (1,6), Occitanie (1,2), Pays-de-la-Loire (1,2) et Auvergne-Rhône-Alpes (1,2) se distinguent également par un ratio d’emplois créés ou maintenus plus élevé que le ratio national » complète le document.

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