C’est en Italie, en Espagne et en France que la récession sera la plus sévère

Le commissaire européen à l'économie, Paolo Gentiloni.

Selon les dernières prévisions de la Commission européenne publiées mardi 7 juillet, l’Italie, l’Espagne et la France enregistreront cette année le pire ralentissement économique de l’ensemble de la zone euro. La contraction sera plus sévère que prévu.

La production italienne diminuera de 11,2 % cette année, alors que l’économie espagnole reculera de 10,9 %. La France sera quant à elle la troisième économie la moins performante de la zone euro, avec une contraction de 10,6 % en 2020. En mai, les prévisions tablaient encore sur une chute de 9,5 % pour l’Italie, de 9,4 % pour l’Espagne et de 8,2 % pour la France. Il s’agit là des trois plus grandes économies de l’UE, après l’Allemagne.

L’avenir s’annonce cependant plus radieux à moyen terme : les trois pays devraient rebondir l’an prochain et voir leur PIB croître de 6,1 % pour l’Italie, de 7,1 % pour l’Espagne et de 7,6 % pour la France.

En fait, c’est dans l’ensemble de l’Europe que la récession sera plus sévère que la Commission ne l’avait prévu en mai, lorsqu’elle avait, pour la première fois, pris en compte l’impact du coronavirus dans ses prévisions économiques.

Le coronavirus va entraîner la pire récession de l’histoire de l’UE

Les économies des États membres vont faire face à une baisse de 7,4 % cette année en raison de la crise sanitaire, responsable de la pire récession de l’histoire européenne, selon les prévisions de printemps de la Commission.

Concernant la zone euro, la Commission table sur une baisse de 8,7 % de son PIB, soit un point supplémentaire par rapport aux prévisions de ce printemps. Elle a également légèrement revu à la baisse la croissance du PIB prévue pour l’an prochain, à 6,1 %.

Pour l’ensemble de l’UE, la Commission prévoit une contraction de 8,3 % cette année et un retour à la croissance en 2021 de 5,8 %. En mai, les prévisions annonçaient un recul de 7,4 % et un rebond de 6,1 % en 2021.

Paolo Gentiloni, le commissaire à l’économie, a indiqué mardi aux journalistes que l’incertitude entourant l’économie européenne demeurait élevée et que de nombreux risques subsistaient. Tels que d’éventuelles résurgences de l’épidémie de coronavirus, un ralentissement plus marqué sur le marché du travail, des faillites d’entreprises généralisées, de nouvelles turbulences sur les marchés financiers et l’échec des négociations commerciales post-Brexit entre l’UE et le Royaume-Uni.

Compte tenu de la gravité de la récession, Paolo Gentiloni a souligné que le bien-fondé des mesures proposées par la Commission pour redresser l’économie était plus évident que jamais, car le dispositif présenté contribuera à l’amélioration des perspectives et au rétablissement de la confiance des entreprises, des ménages et des investisseurs.

Débat sur l’allocation des ressources

Les dirigeants européens tenteront de parvenir à un accord sur le fonds de relance de 750 milliards d’euros proposé par la Commission, ainsi que sur le budget septennal de l’UE, lors d’un sommet qui aura lieu les 17 et 18 juillet.

Bruxelles propose un plan de relance historique de 750 milliards d'euros

La Commission européenne a proposé un plan de relance budgétaire sans précédent de 750 milliards d’euros, constitué essentiellement de subventions non remboursables, afin de permettre à l’Union de surmonter la récession la plus grave de son histoire.

Les négociations seront difficiles, car les États membres sont toujours en désaccord sur le montant qui doit être alloué au fonds, sur la part des subventions non remboursables, sur les conditions d’accès au fonds et sur les critères de répartition des sommes qui seront à disposition.

La clé de répartition de la Commission, établie à partir des statistiques de l’emploi des années précédentes, a été remise en question par de nombreux pays.

Sur la base de ces données, l’Italie et l’Espagne figureraient parmi les principaux bénéficiaires du plan de relance européen. La Pologne serait également l’un des pays les mieux lotis, bien que la contraction de son PIB cette année (4,6 %) soit bien inférieure à la moyenne de l’UE.

Paolo Gentiloni a indiqué que les dirigeants discuteraient de la clé de répartition en tenant compte des dernières prévisions économiques, mais il a souligné que la méthode de distribution proposée par la Commission était « bonne ».

Pacte de stabilité

Paolo Gentiloni s’attend également à une autre « discussion très importante » après la pause estivale sur le pacte de stabilité et de croissance, qui établit les règles budgétaires de l’UE.

Quelques semaines seulement avant de suspendre les règles budgétaires en raison de la pandémie, la Commission avait lancé une révision des seuils à respecter au sein de l’UE en matière de déficit et de dette.

L’exécutif de l’UE devra décider au cours des prochains mois à quel moment le pacte devra être réactivé, mais certains réclament déjà de nouvelles règles. Le comité budgétaire européen a proposé de supprimer le seuil « irréaliste » de 60 % pour le ratio dette/PIB.

Paolo Gentiloni met en garde contre une réactivation trop hâtive du pacte de stabilité

Alors que le vice-président de la Commission, Valdis Dombrovskis, propose de rétablir le pacte de stabilité dès 2021, Paolo Gentiloni, le commissaire européen aux affaires économiques, appelle à la prudence. Un article d’Euractiv Italie.

Dans ce contexte, Paolo Gentiloni a souligné l’importance de la discussion sur le pacte de stabilité et de croissance, car celle-ci va probablement contribuer à « façonner la politique économique dans les années à venir ».

Concernant la réactivation des règles budgétaires, il a rappelé que la « clause de sauvegarde » continuerait à être appliquée tant que l’Europe serait en proie à « une grave crise économique ».

Le comité budgétaire européen a fait valoir « un bon argument » en disant qu’il ne suffirait pas de prendre en compte le taux de croissance 2021 pour décider si les limites en matière de déficit et de dette devaient être rétablies, mais qu’il fallait aussi tenir compte de l’ampleur de la contraction par rapport aux niveaux d’avant la crise du coronavirus, a ajouté le commissaire.

« Nous devons admettre que nous n’avons pas d’expériences antérieures auxquelles nous référer. Nous savons seulement, et cela a été très clairement souligné dans le rapport du comité budgétaire européen, que nous devons éviter une récession à double creux », a souligné Paolo Gentiloni, en référence à la plongée de 2012, provoquée par un excès d’austérité après la crise de 2008.

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