Juncker veut accélérer la réforme de l’Union économique et monétaire

Jean-Claude Juncker [European Commission]

Face au potentiel chaos politique et financier que représentent les situations en Italie et en Espagne, le président de la Commission européenne envisage une réponse avant tout économique.

La semaine dernière a apporté son lot de mauvaises nouvelles pour la Commission européenne. D’un côté, la chute du gouvernement espagnol, après un scandale de corruption, a mis les socialistes au pouvoir, avec un gouvernement minoritaire. De l’autre, la formation d’un gouvernement populiste en Italie pourrait affecter les marchés financiers et avoir des conséquences sur d’autres États membres.

« La finalisation de l’Union économique et monétaire est plus importante que jamais. Les évolutions récentes nous rappellent la nécessité de progresser sans attendre », a déclaré le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, lors du Forum économique de Bruxelles.

Il a cependant tenté de calmer la controverse créée par le commissaire Günther Oettinger, qui aurait déclaré : « les marchés vont apprendre aux Italiens à bien voter ». « La place de l’Italie est au cœur de l’Europe et de l’euro », assure pour sa part Jean-Claude Juncker, qui souligne « combien ce pays a fait pour la construction d’une Europe unie » et que Rome « mérit[ait] respect et confiance ».

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Nouveau départ

À l’approche du sommet du Conseil de juin, le président de l’exécutif insiste sur la nécessité de compléter la réforme de l’Union économique et monétaire, afin de protéger la monnaie unique et de renforcer l’économie européenne.

« Nous ne devrions pas sous-estimer le chemin parcouru par l’euro, mais nous ne devrions pas non plus sous-estimer la crise existentielle qui nous a frappés », indique-t-il. La crise financière de 2008 « a laissé des cicatrices profondes dans nos tissus politiques, économiques et sociaux, que nous peinons toujours à éliminer ».

Il mentionne également la nécessité de terminer l’Union bancaire et les progrès sur la réduction des risques du Conseil Écofin d’il y a deux semaines. Les ministres des Finances européens s’étaient alors accordés sur le fait que le Mécanisme européen de stabilité servirait de filet de sécurité commun et que le prochain budget européen prévoirait des fonds importants pour le soutien aux réformes et le renforcement de la solidarité européenne.

Pour Jean-Claude Juncker, il est important que toutes les décisions soient prises « collectivement, de manière inclusive et transparente, avec un droit de regard parlementaire à tous les niveaux ».

Paris et Berlin ont des visions très différentes de l’avenir de l’Union économique et monétaire. Trouver un compromis d’ici fin juin ne sera donc pas facile.

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Soutien des banques

Ana Botín, directrice exécutive de Banco Santander, le plus grand prêteur espagnol, a également appelé à la réforme de l’Union économique et monétaire lors de son intervention au Forum économique bruxellois. Elle a aussi fait référence à l’instabilité du sud du continent, mais a insisté sur le fait que la situation en Espagne n’était pas du tout la même qu’en Italie.

L’interdépendance entre les pays de la zone euro explique l’inquiétude que soulève tout trouble potentiel sur les marchés italien et espagnol dans le reste de l’Europe. Pour Ana Botín, cela « devrait nous rappeler l’importance cruciale de la capacité de la zone euro à faire face aux chocs et périodes d’incertitude ».

« Il est non seulement important, mais aussi urgent, de renforcer la zone euro face à cette incertitude et à cette volatilité », assure la directrice de Santander. « Nous avons vu en 2012 que certaines mesures de viabilité collectives fournissent la meilleure protection contre la contagion et la fébrilité des marchés. »

Elle espère la mise en place d’un équilibre entre discipline et incitatifs, ainsi qu’un meilleur partage des risques. « Nous avons les bases d’une feuille de route pour l’Union des marchés de capitaux, pour un système unique d’assurance des dépôts… mais nous devons construire un plan d’action clair à partir de ces bases », estime-t-elle.

Tout cela ne peut bien entendu pas se faire d’un coup de baguette magique. « Nous devrons peut-être envisager des options pragmatiques pour une Europe à plusieurs vitesses », admet-elle, mais il est essentiel de définir les réformes structurelles qui sont attendues des États membres.

« Il me semble que nous pouvons négocier sur le rythme, mais que nous ne pouvons plus nous permettre aucune ambiguïté sur la destination », conclut-elle.

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