Le plan Juncker atteint 284 milliards d’euros

Environ 22% des fonds du FEIS sont alloué à des projets liés à l'énergie. [Shutterstock]

Le plan d’investissement mis en place après la crise financière a mobilisé 284 milliards d’euros, principalement des capitaux privés, soit plus de la moitié de son objectif pour 2020.

Près d’un tiers (28 %) des 284 milliards d’euros mobilisés par le plan Juncker a bénéficié aux PME européennes, ont indiqué des représentants de la Commission. Les projets de recherche et développement et l’innovation représentent environ 22 % des fonds levés, tout comme les initiatives liées à l’énergie.

La Commission Juncker a mis en place le Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS) juste après le début de son mandat, en novembre 2014. Son but était de mobiliser des fonds, principalement privés, pour financer des projets relativement risqués grâce à des garanties publiques.

L’an dernier, le mécanisme a été renforcé et étendu jusqu’en 2020. La Commission et la Banque européenne d’investissement offrent un total de 33,5 milliards d’euros de garanties, espérant ainsi attirer jusqu’à 500 milliards d’euros d’investissements privés.

Les pays ayant le plus investi en proportion de leur PIB sont la Grèce, l’Espagne, l’Estonie et le Portugal.

Les institutions européennes sont satisfaites du retour sur investissement public. La valeur ajoutée du projet est de permettre à des initiatives innovantes, qui n’auraient pas facilement convaincu des banques commerciales, de se concrétiser.

Le groupe de réflexion Bruegel et d’autres analystes se demandent cependant si de l’argent privé a vraiment été débloqué pour des projets risqués.

Pour s’assurer que ce soit le cas, les législateurs ont mis en place des critères clairs pour la sélection des projets. Ceux-ci doivent donc pallier les défaillances du marché, avoir un profil risqué et un caractère innovant.

Les nouvelles règles renforcent également la transparence des projets sélectionnés, puisque les décisions sont à présent rendues publiques.

Le plan Juncker a-t-il relancé l'investissement européen ?

Le plan Juncker a mis fin à la « panne d’investissement » en Europe, selon le président de la Commission. Cependant, nombre de projets ne sont guère différents de ceux habituellement financés par la BEI. Un article de notre partenaire La Tribune.

Déficit d’investissement

Malgré le succès du FEIS, le taux d’investissement européen reste en deçà des niveaux d’avant la crise économique. Dans certains secteurs essentiels à la compétitivité, le déficit d’investissement est même en train de se creuser.

Les institutions européennes estiment qu’il faudrait injecter environ 700 milliards d’euros supplémentaires rien que dans le domaine du numérique.

L’efficacité du FEIS sera examinée lors de la négociation du prochain cadre financier pluriannuel, pour la période post-2020, La Commission fera une première proposition à ce sujet le 2 mai.

Certains pays, dont l’Espagne, souhaiteraient que le FEIS serve de modèle à un nouvel instrument financier favorisant les investissements des États quand ceux-ci sont secoués par des chocs économiques. Les fonctionnaires européens doutent cependant que la capacité budgétaire de l’Union économique et monétaire, actuellement en discussion, puisse prendre cette forme-là.

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