Hier 15 septembre, la réunion inaugurale du conseil d’administration de l’Institut européen d’innovation et de technologie (EIT), composé de 18 membres, a marqué officiellement le lancement des activités de l’institut. Le président de la Commission Barroso a profité de cette réunion pour rappeler que la participation des partenaires commerciaux aux travaux de l’institut était une condition sine qua non à sa réussite.
Le 15 septembre, le président de la Commission José Manuel Durão Barroso a indiqué que la balle était désormais dans le camp du comité directeur, qui fait face à d’importants choix. Il a précisé qu’il appartenait maintenant au comité d’attirer l’argent du secteur privé ainsi que des entreprises les plus innovantes et des meilleures organisations de recherche.
Selon M. Barroso, la capacité de l’EIT à mettre sur le marché des idées sous la forme de produits, d’entreprises et de services novateurs sera l’un des principaux points de référence de sa faculté à promouvoir et à générer l’innovation. Dans ce contexte, M. Barroso estime que la participation totale des partenaires commerciaux constitue la condition sine qua non au succès de l’institut.
Les entreprises, qui devraient contribuer à hauteur de milliards d’euros à l’EIT, ont toutefois fait savoir qu’elles ne s’embarqueront dans cette aventure qu’une fois que des propositions de projets concrets et attractifs seront annoncés (EURACTIV 29/05/2007).
L’élection du président figurait à l’ordre du jour de la première réunion de l’organe indépendant de prise de décision de l’EIT. Le comité a désigné à l’unanimité Martin Schuurmans, professeur de physique et ancien vice-président exécutif de Philips research/Philips Medical systems (PMS).
Le comité s’est également penché sur la sélection des deux premières communautés de la connaissance et de l’innovation (CCI) d’ici au début de l’année 2010.
Les CCI, blocs opérationnels principaux de l’institut, devraient intégrer les efforts européens en matière de recherche fragmentée, d’éducation et d’innovation. Elles devraient réunir les départements d’université, les entreprises et les instituts de recherches afin de promouvoir l’éducation et l’innovation dans des domaines interdisciplinaires stratégiques. Le changement climatique, l’énergie renouvelable et la prochaine génération de technologies de l’information et de la communication (TIC) figurent parmi les domaines centraux envisagés.
M. Barroso a déclaré que l’initiative phare de l’UE, en plus d’encourager l’innovation, vaincra les obstacles à la libre circulation de l’information et des idées en encourageant la création d’une « cinquième liberté » : la libre circulation de la connaissance. Il s’agira pour cela d’encourager les acteurs fragmentés de l’innovation à outrepasser les réseaux de coopération existants en créant des partenariats véritablement intégrés.
Lancée par M. Barroso en février 2005, l’idée d’établir un équivalent européen du fameux Massachusetts Institute of Technology (MIT) a suscité de nombreuses critiques autant des services de la Commission que des acteurs européens de la recherche et de l’éducation. Certains estimaient que l’EIT interférerait avec les efforts actuels de l’exécutif de l’UE en matière d’innovation. D’autres craignaient que l’institut ne soit financé au détriment de programmes déjà en place et opérationnels.
La proposition initiale de la Commission, qui souhaitait construire un campus unique en exigeant des universités et des entreprises qu’elles détachent des départements entiers au profit de l’institut, a donc été sensiblement édulcorée. En fin de compte, l’institut ne sera qu’un réseau destiné à des entités disposées à mener ensemble des projets et des activités éducatives.

