L’UE au pied du mur face au défi populiste

Dimitris Kourkoulas, président en exercice de l'UE

Le secrétaire d’État des Affaires étrangères grec et l’ancien président du Conseil italien plaident pour une Europe unie et pragmatique, afin d’assurer l’essor économique de l’UE et de combattre les idées populistes.

La monté du populisme en Europe doit faire réagir. Le message envoyé à l’occasion d’une journée de l’Europe organisée par le Medef (Mouvement des entreprises de France) à Paris est clair. 

Le secrétaire d’État des Affaires étrangères grec,  Dimitri Kourkoulas et l’ancien président du Conseil italien Enrico Letta ont rappelé l’importance de la prochaine législature pour la relance de la croissance et de la compétitivité dans l’UE, indispensables afin de lutter contre la monté du populisme en Europe.

Enrico Letta, ancien président du Conseil italien, a insisté sur le défi que posent les populistes à l’Union européenne. Un défi que l’UE doit relever en apportant des réponses concrètes, afin de montrer que sans l’UE la situation économique et sociale serait dramatique.

Défi des populistes

Selon Enrico Letta, ancien président du Conseil italien, la monté des populistes est paradoxalement une bonne chose pour l’Europe.

« Je ne suis pas en faveur des idées populistes anti-européennes, mais je pense que le défi populiste est peut-être là pour le bien de l’Europe. C’est paradoxal, mais cela oblige à répondre de manière concrète aux attaques faites contre l’UE » a assuré Enrico Letta.

Pour combattre les idées populistes, il faut matérialiser les actions de l’UE dans la vie des Européens, et des entrepreneurs souvent désenchantés vis-à-vis de l’Europe. Comme l’a expliqué Sophie Garcia, présidente de la Société PSL, fabricant de plans de sécurité incendie. « Le sentiment des PME vis-à-vis de l’Europe est extrêmement négatif, surtout en raison des règlementations imposées, au niveau européen » a-t-elle déclaré.

Pour l’ancien président du Conseil italien, il faut surtout envoyer un signal positif aux Européens. «Il faut se battre contre l’idée que l’on peut se passer d’Europe, car l’Europe est nécessaire pour la paix, et pour l’économie. Il faut envoyer un signal positif » a expliqué Enrico Letta.

D’autant que l’économie mondiale ne laissera pas de place aux pays européens s’ils sont désunis, Enrico Letta n’a pas manqué de le souligner.

« En 1995, le G7 était composé de 4 pays européens, 2 pays nord-américains et le Japon, pourtant s’il y avait un G7 en 2014, il n’y aurait pas un pays européen. Pour peser économiquement nous devons être ensemble dans l’Union européenne » a-t-il déclaré

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Croissance et compétitivité

Lors de son intervention, Dimitris Kourkoulas, en charge de la présidence grecque de l’UE, a rappelé la décision des chefs d’États et de gouvernements, d’intégrer la question de la compétitivité dans tous les domaines d’action de l’UE, en mars dernier. Il a également souligné l’importance des aides financières européennes pour les entreprises européennes.

« Le programme horizon 2020, les fonds structurels européens, ainsi que les divers instruments financiers ont permis de renforcer la compétitivité des petites et moyennes entreprises européennes » a expliqué Dimitris Kourkoulas

Pourtant, il a appelé à aller plus loin pour assurer la relance économique de l’UE. Invitant notamment à se concentrer davantage sur le développement durable et la question énergétique.

« L’UE a lancé des initiatives pour soutenir la croissance et la compétitivité, telle, la mise en œuvre de la stratégie Europe 2020. Mais, il faut aller plus loin. Nous soutenons par exemple, le cadre 2030, pour le climat et la politique énergétique » a poursuivi Dimitris Kourkoulas.

Enrico Letta a lui aussi mis l’accent sur ce point« Nous avons sous-estimé la question énergétique au niveau européen, et nous avons pris du retard sur les Américains. Encore plus inquiétant, nous ne savons pas vraiment qui est responsable de l’énergie à la Commission » a déclaré, l’ancien président du Conseil italien.

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Les prochaines élections européennes seront organisées dans tous les États membres entre le 22 et le 25 mai 2014. Les eurodéputés sont élus pour représenter les électeurs pendant 5 ans.

Ces élections seront les premières organisées depuis le traité de Lisbonne, qui renforce le pouvoir du Parlement dans le processus de nomination du président de la Commission.

À l’approche de ce scrutin européen, le Medef (Mouvement des entreprises de France) a décidé de laisser la parole aux entrepreneurs lors de la journée de l’Europe de l’organisation patronale. Le président de l’UE en exercice, Dimitris Kourkoulas était présent.

  • 22-25 mai: élections européennes

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