La « taxe Gafa » soutenue par une large majorité de Français

[EPA-EFE/LUONG THAI LINH]

84 % des Français estiment que la taxe sur les géants du numérique est importante selon le dernier baromètre réalisé par BVA pour La Tribune.

Alors que le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a présenté ce mercredi matin en conseil des ministres son projet de taxation des géants du numérique, 84 % des personnes interrogées par l’institut de sondages BVA estiment que cette fiscalité est importante. Pour le gouvernement, ces résultats pourraient apparaître comme une bouffée d’air à un moment où les pays de l’Union européenne n’ont pas réussi à s’entendre sur ce projet de fiscalité sur les grandes entreprises du numérique qui constitue une source de tensions sur le Vieux continent depuis des mois.

Le texte présenté par le locataire de Bercy prévoit une taxe à hauteur de 3 % sur le chiffre d’affaires réalisé sur le territoire français et non sur les profits. Pour être imposable par le fisc français, les firmes devront réaliser un chiffre d’affaires de 750 millions d’euros à l’échelle mondiale et 25 millions d’euros en France. A la suite de cette présentation, Bruno Le Maire a précisé qu’il proposera dès la semaine prochaine à tous les partenaires européens de la France « que nous définissions une position européenne conjointe sur la taxation des grandes entreprises du numérique à défendre au niveau international ».

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Un Français sur deux juge cette taxe prioritaire

Dans le détail, 45 % des Français estiment que cet impôt est prioritaire et 39 % jugent qu’il est important mais pas prioritaire. Enfin, 9 % affirment que cette taxe est secondaire. Les réponses collectées par BVA illustrent certains contrastes au sein de l’opinion publique. Ainsi, cette fiscalité serait bien plus soutenue chez les plus de 50 ans (54 %) que chez les moins de 35 ans (35 %).

Parmi les catégories socioprofessionnelles, ce sont principalement les retraités (54 %) et les cadres (52 %) qui appuient cette mesure contrairement aux ouvriers et aux employés (41 %). Au sein des forces politiques, ce sont surtout les sympathisants de la République en marche (63 %) et du Parti socialiste (56 %) qui défendent le texte du gouvernement. À l’inverse, les partisans de la France Insoumise (44 %), des Républicains (42 %) et du Rassemblement national (38 %) se montrent beaucoup moins favorables en proportion.

Des réformes économiques jugées sévèrement

Sur le front de la politique économique, les Français sont nettement plus sévères. Ainsi, 63 % des personnes interrogées estiment que les réformes économiques menées par le gouvernement sont mauvaises. À l’inverse, 28 % jugent qu’elles sont positives. Après avoir connu un pic d’impopularité en décembre 2018 en pleine crise des « gilets jaunes », la courbe qui reflète l’opinion négative des Français est redescendue en janvier à 61 % avant de légèrement se redresser en mars à 63 %. Cette évolution montre que la colère des Français à l’égard du Président de la République est loin d’être retombée.

Là encore, de fortes disparités existent au niveau des résultats. Ainsi, une forte proportion chez les moins de 35 ans (67 %) porte un jugement négatif sur les mesures menées par le gouvernement. Cette part est bien plus faible chez les plus de 65 ans. Chez les employés et les ouvriers, la défiance est encore significative. 72 % d’entre eux considèrent que les mesures économiques du gouvernement sont mauvaises. Chez les retraités, ils sont 58 % à être du même avis. Et même chez les cadres, 49 % expriment une opinion défavorable.

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Au niveau géographique, ce sont surtout les répondants des communes ayant entre 20 000 et 100 000 habitants (68 %) qui se montrent les plus critiques. Ils sont suivis des habitants des communes rurales (66 %). Dans l’agglomération parisienne, 56 % des habitants expriment un jugement négatif, soit un niveau bien inférieur aux autres zones géographiques. Sur le plan politique, les partisans de la République en marche soutiennent en grande majorité (85 %) les choix de l’exécutif alors qu’ils sont 88 % au Rassemblement national à s’y opposer, 90 % à la France insoumise, 67 % au Parti socialiste et 58 % chez les Républicains.

Sur le plan économique, les perspectives sont loin de s’arranger. D’après les dernières projections publiées par l’OCDE ce mercredi 6 mars, la croissance du PIB devrait atteindre 1,3 % cette année contre 1,5 % l’année dernière et 2,3 % en 2017. Si l’arsenal de mesures annoncé le 10 décembre devrait contribuer à soutenir la demande intérieure, l’essoufflement de la croissance mondiale et la perspective d’un Brexit sans accord pourraient contribuer à plomber l’activité tricolore.

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Méthode : Enquête réalisée auprès d’un échantillon de Français interrogés par Internet du 05 au 06 mars 2019. Elle est basée sur un échantillon de 1005 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. a représentativité de l’échantillon a été assurée grâce à la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, CSP du chef de famille et de la personne interrogée, après stratification par région et catégorie d’agglomération.

 

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