La BCE pourrait décider d’un changement de cap dans sa politique monétaire ce jeudi

La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde. [EPA-EFE/HAYOUNG JEON / POOL]

La Banque centrale européenne (BCE) pourrait décider de modifier l’orientation prospective de sa politique monétaire et envisager une transition des achats de dette liés à la pandémie de Covid-19 vers un nouveau programme à partir de mars 2022. Un article d’Euroefe.

Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne, a récemment déclaré que, lors de la réunion du 22 juillet, il serait question des modifications à apporter à l’orientation future des mesures de relance monétaire. Elle a prévenu que les investisseurs devaient se préparer à des changements dans les indications concernant l’orientation future de la politique monétaire.

Plus tard, le vice-président de la BCE, Luis de Guindos, a indiqué que le Conseil des gouverneurs se prononcerait bientôt sur la transition des achats de dette liés à la pandémie vers d’autres programmes d’achat d’obligations.

L’économiste allemande Isabel Schnabel, membre du directoire, a déclaré que la BCE pourrait réagir plus lentement en cas de hausse de l’inflation, avec sa nouvelle stratégie. Et étant donné que les taux d’intérêt sont tellement bas, la BCE entend « réagir très fermement » aux chocs désinflationnistes, ce qui « pourrait impliquer une période transitoire au cours de laquelle l’inflation dépasserait modérément l’objectif ».

La semaine dernière, le Conseil des gouverneurs de la BCE a relevé son objectif d’inflation à 2 % à moyen terme, alors qu’il était auparavant proche mais inférieur à 2 %. Il a montré qu’il ferait preuve de souplesse et accepterait une hausse un peu plus importante de l’inflation pour une période transitoire avant d’agir, afin d’éviter de freiner la croissance.

Les marchés boursiers du monde entier ont fortement chuté lundi, les investisseurs craignant que la reprise économique mondiale ne soit perturbée en raison de la propagation rapide du variant Delta du coronavirus, qui pourrait entraîner la réimposition de règles de distanciation sociale et l’interdiction de voyager.

La BCE devrait garder le rythme pour accompagner l’embellie économique

Malgré les signes de reprise économique, la Banque centrale européenne devrait reconduire jeudi sa potion anti-crise sans se laisser impressionner par le retour de l’inflation et les investisseurs à l’affût d’un changement de cap monétaire.

« La révision stratégique n’allait pas être un simple exercice académique, c’est le message clair issu des récents commentaires des membres de la BCE, y compris de Christine Lagarde », estime Christoph Rieger, responsable des taux d’intérêt et du crédit chez Commerzbank Research.

Les analystes d’UniCredit pensent que Christine Lagarde indiquera clairement que la BCE maintiendra l’expansion monétaire car l’économie se trouve à sa limite inférieure.

Gilles Moëc, chef économiste d’AXA IM, estime que la BCE fera en sorte que ses prévisions « soient en cohérence avec la révision stratégique qu’elle a présentée la semaine dernière ».

Mais « il faudra attendre septembre, voire décembre, pour savoir clairement quel degré d’assouplissement quantitatif sera remis sur la table une fois que le PEPP (programme d’achats de titres d’urgence) sera terminé », ajoute Gilles Moëc.

Il est également possible que les futures mesures de politique monétaire dépendent davantage de l’évolution des données réelles sur l’inflation que d’une éventuelle amélioration des prévisions, selon lui.

Germán García Mellado, gestionnaire de titres à revenu fixe chez A&G, estime qu’« il existe plusieurs possibilités, comme le lancement de nouveaux programmes avec moins de flexibilité » ou, « la plus probable, l’augmentation des achats par le biais de l’autre programme en cours (APP) qui, en principe, n’a pas de date de fin ».

Germán García Mellado prévoit également que la BCE maintiendra le rythme des achats de titres de créance dus à la pandémie jusqu’en septembre, puis le réduira, jusqu’à ce qu’elle atteigne les 1,85 billions d’euros en mars 2022.

« D’ici là, la BCE aura dû préciser comment elle compte atténuer l’impact de la réduction des acquisitions du programme d’achats de titres d’urgence », ajoute Germán García Mellado.

Jusqu’à présent, la BCE a acheté pour un peu plus de 1,2 billions d’euros d’obligations pour faire face à la crise.

Subscribe to our newsletters

Subscribe