La BCE veut mettre le sujet du coronavirus sur la table

EP Plenary session - European Central Bank - annual report 2018

La Banque centrale européenne discutera «le 12 mars», lors de sa prochaine réunion, de possibles réponses aux risques que la progression du nouveau coronavirus fait courir à l’économie.

«La discussion entre gouverneurs de banques centrales de la zone euro sur des actions à prendre n’a pas encore eu lieu, elle se fera lors de la prochaine réunion du conseil des gouverneurs», a indiqué une source proche de la BCE.

Lundi soir, la présidente de la BCE Christine Lagarde, de retour de Paris, a réuni le directoire de l’institution à Francfort, aboutissant au communiqué dans lequel l’institution s’est dite «prête à prendre les mesures appropriées» face à l’impact économique de l’épidémie. La France réclame aussi une réponse coordonnée face au danger de l’épidémie pour l’économie européenne.

Une réunion téléphonique est prévue entre banquiers centraux et ministres des Finances du G7 pour coordonner leur action.

La BCE a, par la voix de sa présidente, voulu dans l’immédiat envoyer un signal aux marchés financiers, affolés ces derniers jours par la progression de l’épidémie et par la difficulté d’évaluer ses conséquences pour l’économie.

Le ralentissement économique sème le trouble dans l’UE

Les États membres de l’UE devraient se préparer à « tous les scénarios », alors que l’économie européenne continue de ralentir et ne devrait pas reprendre de si peu, avertit la Commission européenne dans ses dernières prévisions économiques.

Les taux d’emprunt de la France et de l’Allemagne ont poursuivi lundi leur recul, creusant davantage leur écart avec les rendements italiens et espagnols, ce qui ajoute de la pression sur la BCE pour agir.

Les anticipations d’inflation à 5 ans, descendues à près d’1,1%, n’ont jamais été aussi basses et s’éloignent encore du taux proche de 2% recherché par la BCE.

Reste à savoir quelles mesures «appropriées et ciblées» la BCE entend prendre, selon la formule encore vague adoptée dans son communiqué.

Des analystes suggèrent que l’institution pourrait choisir de baisser davantage son taux sur les dépôts excédentaires, actuellement fixé à -0,50%, ce qui pénaliserait les banques choisissant de confier leurs liquidités à la BCE au lieu de les prêter aux entreprises et ménages.

Elle pourrait aussi augmenter ses achats d’obligations sur le marché, le fameux «QE» qui a repris depuis novembre dernier au rythme de 20 milliards d’euros par mois.

Autre piste suggérée, assouplir encore les conditions des prêts géants bancaires, appelés «TLTRO». Le communiqué de la BCE «pourrait donner un premier indice» de modifications des TLTRO, éventuellement en offrant «des conditions plus souples destinées aux PME» vulnérables aux soubresauts liés au coronavirus, a tweeté Frederik Ducrozet, stratégiste chez Pictet Wealth Management.

Larrouturou : "La BCE pourrait plus investir dans le climat"

Spécialiste de la transition climatique, Pierre Larrouturou déplore la faiblesse des montants d’argent frais mis sur la table par l’exécutif européen, mais ne manque pas d’idées pour  en trouver.

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