La Catalogne devrait demander 5 milliards d’euros d’aide à Madrid

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La région espagnole autonome de Catalogne, qui génère environ un cinquième de la production économique du pays, a indiqué qu’elle demanderait à Madrid une ligne de crédit d’urgence de 5 milliards d’euros. Cette annonce de fait qu’augmenter la pression, alors que la Banque centrale européenne devrait dévoiler dans une semaine son plan d’achat d’obligations.

Le gouvernement de la Catalogne, endetté à hauteur de 42 milliards d'euros, a annoncé hier (28 août) qu'il ne pouvait plus contracter de prêt sur les marchés financiers pour soutenir sa dette et qu'il demanderait l'aide du fonds de renflouement régional du pays.

Cette région du nord-est deviendra donc la troisième des 17 régions autonomes espagnoles à officiellement demander l'aide du fonds de sauvetage de 18 milliards d'euros, après Valence et Murcie.

Le gouvernement espagnol a annoncé en juillet la mise en place d'un mécanisme visant à aider les régions à rembourser leur dette grâce à un fonds issu de la loterie nationale et de prêts bancaires. Ce mécanisme n'est toutefois pas encore opérationnel.

Au total, six régions devraient faire appel au gouvernement central pour atteindre leurs objectifs de réduction de déficit et rémunérer les prestataires de services.

L'année dernière, la Catalogne a appelé à l'introduction d'une forme de mutualisation de la dette pour les régions espagnoles afin de faire baisser les coûts financiers. Le gouvernement de la région n'a de cesse de répéter que sa situation budgétaire serait meilleure si elle était autorisée à créer sa propre agence d'administration fiscale. Elle espère pouvoir le faire à l'avenir.

Cette requête a été formulée une semaine avant la réunion du Conseil des gouverneurs de la BCE le 6 septembre, lors de laquelle devraient être dévoilés les détails de son programme de rachat d'obligations. Certaines sources auraient rapporté que ce ne serait peut-être pas possible.

Le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, a dû se démener pour respecter ses engagements budgétaires vis-à-vis de la zone euro et éviter un renflouement comme celui demandé par la Grèce. L'Europe s'est déjà engagée à prêter jusqu'à 100 milliards d'euros à l'Espagne pour soutenir son secteur financier.

La question de savoir si l'Espagne devra demander un renflouement de la part de l'UE dépend en partie des efforts de ses régions puissantes pour redresser leurs finances et respecter leurs objectifs budgétaires cette année. Le fait qu'une région comme la Catalogne ne parvient pas à remplir ses obligations de remboursement de la dette « pose un problème majeur dans ce pays, en ce moment », a déclaré M. Rajoy hier.

Le premier ministre s'est dit convaincu que la situation économique de son pays sera bien meilleure l'année prochaine et qu'il parviendra à redresser sa situation budgétaire.

Cette semaine, l'institut national de statistiques a revu à la baisse les résultats économiques du pays pour 2010 et 2011, ce qui laisse entendre que l'Espagne est en fait entrée en récession au quatrième trimestre de 2011, soit un trimestre plus tôt que ce qui avait été estimé. Ces données mises à jour indiquent également que l'économie espagnole s'est contractée de 0,4 % au second trimestre de cette année par rapport aux trois mois précédents.

L'Espagne s'est fixé des objectifs budgétaires anticipant une contraction économique de 1,5 % cette année et de 0,5 % en 2013.

Le 20 juillet, l'Eurogroupe a annoncé qu'il accorderait un renflouement de jusqu'à 100 milliards d'euros à l'Espagne pour aider le pays à recapitaliser ses banques (>>lire la déclaration complète).

La somme exacte que le pays empruntera à la zone euro ne sera déterminée qu'en septembre, ont précisé les ministres des finances.

Les dirigeants de la zone euro ont décidé vendredi dernier (29 juin) que le fonds de sauvetage pourrait être utilisé « de manière flexible et efficace » pour réduire les coûts d'emprunt des gouvernements.

Conformément à cet accord, l'Italie, l'Espagne et les autres pays en difficulté pourront également avoir recours au FESF temporaire et au MES permanent, les fonds de sauvetage européens, pour soutenir leurs obligations souveraines sur les marchés financiers.

Les conclusions du sommet de l'UE ne fournissaient pas plus de détails si ce n'est que les États membres pourront bénéficier d'une certaine flexibilité en accord avec les règles européennes de déficit budgétaire.

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