La Commission se bat pour rendre les travailleurs mobiles [FR]

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Dans le cadre d’une initiative visant à supprimer les restrictions à la circulation des travailleurs souhaitant trouver un emploi dans d’autres pays ou régions, la Commission européenne a lancé l’Année européenne de la mobilité des travailleurs.

Dans sa définition, la Commission distingue deux sortes de mobilité: 

  • Mobilité géographique: en comparaison avec d’autres régions du monde, les Européens sont particulièrement immobiles sur le plan géographique. Il restent fortement attachés à leur pays d’origine, dont les frontières coïncident souvent avec des barrières linguistiques. Seuls 2% des Européens résident dans un pays autre que leur pays d’origine et seuls 5% ont vécu à l’étranger à un moment donné.  

    • Mobilité transfrontalière: Avec un taux de mobilité transfrontalière de 7%, les personnes ayant un haut niveau d’éducation sont relativement les plus mobiles; en revanche, avec un taux de 4%, les personnes ayant un niveau d’éducation intermédiaire sont plus atachés à leur pays que ceux ayant un faible niveau de qualifications (5%). Contrastant avec ces chiffres peu élevés, entre 25% et 50% des Européens (selon leur provenance) se déclarent prêts à vivre dans un autre pays pour un emploi. 
    • Mobilité régionale: En revanche, un tiers des Européens ont à un moment donné quitté leur région d’origine et sont toujours satisfaits de cette décision. En général, les personnes plus instruites sont plus enclines à se rendre dans une autre région: 43% de ce segment de la population européenne a quitté sa région d’origine, mais seuls 23% des personnes ayant un faible niveau d’éducation l’ont fait. Deux tiers de la population totale se disent prêts à changer de région pour trouver un emploi. 
  • Mobilité professionnelle: Les Européens sont également assez attachés à leur emploi. Avec une moyenne de 10,6 années passées à occuper le même poste, la moyenne européenne est 50% plus élevée que la moyenne américaine. La mobilité professionnelle est plus élevée dans les pays où des normes sociales élevées sont accompagnées d’une faible protection de l’emploi (comme le Danemark et la Suède) et moins élevée dans les pays où l’emploi est protégé. Cependant, une protection sociale relativement faible a un effet dissuasif sur la prise de risques des travailleurs, comme c’est le cas en Belgique ou en Pologne. 
    Les travailleurs mobiles sont aussi davantage susceptibles d’acquérir de nouvelles conséquences et d’augmenter ainsi, sur le long terme, leurs chances sur le marché du travail. 25% des travailleurs qui se sont établis dans une autre région pour un nouvel emploi indiquent qu’ils ont du recourir à des compétences différents après avoir changé d’employeur. Seuls 15% des personnes trouvant un nouvel emploi dans la même région acquièrent de nouvelles compétences.

Lorsqu’on demande aux Européens s’ils évaluent de façon positive ou négative la mobilité sur longue distance, les valeurs traditionnelles jouent un rôle important. On note par ailleurs que les Irlandais, possédant une forte tradition de migration pour raisons professionnelles, voient la mobilité d’un bon oeil, alors que les Chypriotes et les Grecs, chez qui la famille joue encore un rôle important en matière de protection sociale, expriment une opinion négative. 

Tandis que la Commission se bat pour rendre les travailleurs mobiles, tous les pays membres de l’UE à 15, hormis le Royaume-Uni, la Suède et l’Irlande, empêchent encore la circulation des travailleurs provenant des huit pays d’Europe centrale qui ont adhéré à l’UE le 1er mai 2004. Ces mesures dites de transition seront révisées en 2006 et pourraient être prolongées de trois ans. Au terme de cette période, elles pourront être prolongées pour une nouvelle période finale de deux ans, uniquement dans le cas où des éléments indiquent que le flux de travailleurs a perturbé (ou menace de perturber) le marché du travail d’un pays. La Finlande et l’Espagne ont annoncé qu’elles supprimeraient ces mesures le 1er mai 2006. 

2006 a été proclamée Année européenne de la mobilité des travailleurs, confirmant ce que de nombreux Européens considèrent comme le sujet le plus important en Europe. Selon le sondage Eurobaromètre de l'automne 2005, 53% des Européens considèrent que "la liberté de voyager et de travailler au sein de l'UE" est ce que l'Europe représente pour eux; 46% des Européens considèrent la mobilité de façon positive, avec néanmoins de grandes différences selon les pays. 

L'opinion de la Commission selon laquelle la mobilité est un facteur essentiel pour que les citoyens soient actifs, est confirmée par le sondage Eurobaromètre : 59% des personnes à la recherche d'un emploi hors de leur région d'origine en trouvent un dans les 12 mois, tandis que, sur une période équivalente, seuls 35% de ceux qui restent dans leur région d'origine trouvent un emploi.

  • Les 20 et 21 février 2006, une conférence pour le lancement de l'Année européenne de la mobilité des travailleurs se tiendra à Bruxelles. 
  • Les 29 et 30 septembre 2006, des bourses de l'emploi seront organisées dans plus de 70 villes européennes.
  • Un événement au cours duquel seront présentés tous les projets liés à l'Année européenne de la mobilité viendra clôturer cette dernière en décembre 2006.

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