Le projet pilote, lancé hier 20 août, offrira un accès en ligne illimité aux résultats des recherches subventionnées par l’UE. Selon la Commission, cette initiative permettra d’améliorer l’exploitation des études scientifiques tout en garantissant un « juste retour » pour les contribuables. Toutefois, les éditeurs spécialisés ont fait part de leur mécontentement.
Le projet pilote de libre accès couvrirait quelque 20 % du budget européen du septième programme cadre pour la recherche 2007-2013, s’élevant à 50 milliards d’euros. Ce sont principalement les domaines de la santé, de l’énergie, de l’environnement et des TIC qui sont concernés.
Des articles de revues scientifiques examinés par des pairs issus de la recherche financée par l’UE devraient donc être accessibles à tous sur Internet. Ces articles, gratuits, seraient publiés à la suite d’une période d’embargo initiale de six à douze mois.
La Commission a indiqué que cette initiative avait pour objectif d’obtenir le meilleur retour sur investissement possible. En effet, elle pense que le libre accès favoriserait la recherche européenne et aiderait les chercheurs à maximiser leur impact en diffusant leurs résultats à un public aussi vaste que possible. La Commission espère également que cette initiative déclenchera un intérêt accru de la part du monde des affaires pour le développement et la commercialisation d’applications pratiques basées sur les résultats des recherches scientifiques. Dans ce domaine, l’UE se trouve encore bien loin derrière les Etats-Unis.
L’exécutif européen ajoute qu’une politique de libre accès aux recherches subventionnées par le secteur public constitue un juste retour pour les contribuables. Mais cette décision ne satisfait pas les éditeurs scientifiques. L’International Association of Scientific, Technical and Medical Publishers (STM) a souligné que les pertes devraient être supportées par les éditeurs spécialisés, qui jouent un rôle important dans le soutien à la communauté scientifique en Europe et garantissent l’intégrité de la recherche scientifique.
Selon Micheal Mabe, PDG de la STM, les revues examinées par des pairs jouent un rôle irremplaçable quant à l’authentification des articles par le dépôt, la certification, la dissémination et l’amélioration des publications. Il ajoute par ailleurs que pour les membres éditeurs de la STM, permettre le libre accès aux articles de recherche après, voire pendant la publication suppose la mise en place de moyens de compensation qui permettent aux revues de vivre.
Alors que la Commission indique que « cet embargo [de six à douze mois après la première publication] doit permettre aux éditeurs de publications scientifiques de rentabiliser leur investissement », M. Mabe estime que cette approche suppose qu’un article a peu de valeur après la période d’embargo. Pour la grande majorité des publications, il s’agit selon lui d’une hypothèse dangereuse et erronée. En effet, les données montrent que seul 1 % des revues spécialisées en activité jouissent de modèles économiques qui permettent cette approche.
Néanmoins, la Commission semble déterminée à aller de l’avant avec cette initiative, espérant que le projet pilote servira éventuellement de modèle dans le cadre d’une application élargie au prochain programme de recherche de l’UE ainsi qu’aux Etats membres.
A l’origine, le projet avait été prévu en février 2007 par une communication de la Commission sur « l’information scientifique à l’ère numérique : accès, dissémination et sauvegarde » (EURACTIV 16/02/07).

