La contrefaçon coûte 60 milliards par an à l’Europe

La contrefaçon pèse lourd sur l'économie européenne. [Michael Cory/Flickr]

Le coût économique de la contrefaçon en Europe demeure très élevé, selon une étude de l’Office européenne de la Propriété intellectuelle.

Le fléau de la contrefaçon coûte cher à l’Europe. Selon une étude menée par l’Office européen de la Propriété intellectuelle (EUIPO), les imitations de sac, les vêtements contrefaits, les faux smartphones et les médicaments frauduleux font perdre chaque année près de 60 milliards d’euros à l’économie européenne.

Une tendance qui semble avoir de beaux jours devant elle. Selon les estimations de l’EUIPO et de l’OCDE, les produits contrefaits pèsent jusqu’à 5 % des importations de l’UE, soit 85 milliards d’euros par an.

Et la lutte contre les importations de contrefaçons demeure faible au regard des volumes en jeu. Selon les chiffres publiés par la Commission européenne pour l’année 2016, les douanes ont intercepté environ 41 millions de produits contrefaits. La valeur totale des produits authentiques équivalents est estimée à un peu plus de 672 millions d’euros.

Côté français, la douane française a stoppé aux frontières de l’hexagone 8,4 millions de faux produits en 2017, dont 1,2 million de jeux jouets et articles de sport suivis par 1,1 million de vêtements et plus d’1 million d’équipements électriques, électroniques et informatiques.

Propriété intellectuelle

Cette contrefaçon de masse menace les secteurs de l’économie dont la valeur repose sur la propriété intellectuelle. Et qui participent à hauteur de 42% du PIB européen et pèse 28 % de l’emploi en Europe.

Le coût en termes d’emploi engendré par la contrefaçon a ainsi été chiffré à 434 000 emplois directement perdus dans les 13 secteurs passés au crible par l’EUIPO, parmi lesquels la maroquinerie, les vêtements, les jeux, mais aussi les vins et spiritueux ou les médicaments.

La lutte contre la contrefaçon est rendue complexe par la légèreté des peines encourues en comparaison avec celles appliquées à d’autres secteurs de criminalité tels que le trafic de drogue. Le risque encouru étant moins élevé, le secteur de la contrefaçon a ainsi attiré les réseaux de crime organisé, souligne l’étude.

 

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« Le mode opératoire de ces associations devient de plus en plus complexe en raison de l’évolution de la technologie et des canaux de distribution, ainsi que de l’étendue des produits qui sont contrefaisants » souligne l’étude.

Effet internet

La contrefaçon a en effet connu regain d’activité grâce à la vente sur Internet, qui rendu accessible l’achat aux consommateurs et permet de dissimuler davantage la contrefaçon que l’activité de vente à la sauvette.

Outre les commercialisations illicites de produits, ces sites marchands illégaux vivent également de la publicité, et affichent parfois des publicité pour les marques officielle dont ils commercialisent les produits contrefaits.

La vivacité du marché de la contrefaçon est également à mettre en parallèle avec le comportement des consommateurs européens. Réceptifs aux enjeux de propriété intellectuelle – 97% des Européens estiment que la protection des DPI est importante – ils sont cependant nombreux à acheter des produits contrefaits en connaissance de cause.

Parmi les produits contrefaits les plus achetés volontairement par les consommateurs français figurent les vêtements, les articles de maroquinerie et les parfums, selon une étude réalisée par l’Union des Fabricants (UNIFAB).

La contrefaçon prolifère aussi sur le manque d’information des consommateurs, qui achètent souvent des produits contrefaits en toute bonne foi. En France, 37% des consommateurs achètent des contrefaçons pensant que les produits sont authentiques selon l’étude IFOP/UNIFAB 2018

Ce sont les articles de sport contrefaits qui sont le plus souvent achetés de manière involontaire, selon les répondants, qui sont 28% a déjà avoir acheté une telle contrefaçon sans s’en apercevoir lors de l’achat.

Les personnes interrogées ont majoritairement identifié les secteurs touchés par la contrefaçon. Mais parmi les jeunes (15 à 18 ans), l’identification des secteurs à risque est moins évidente. Ainsi, les jeunes sont seulement 40% à avoir conscience du risque de contrefaçon des  produits d’hygiène, 71% pour le tabac et surtout 57% seulement concernant les médicaments.

Un chiffre alarmant puisque la contrefaçon de médicament peut s’avérer très dangereuse pour le consommateur. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 700 000 décès seraient provoqués chaque année par la vente de faux médicaments.

La contrefaçon menace les smartphones et leurs utilisateurs

L’industrie de la téléphonie mobile européenne a largement pâti de la croissance du marché des contrefaçons de smartphones en 2015. Une situation qui met la sécurité des consommateurs en péril.

« Le consommateur est la première victime en étant le premier dommage collatéral de ces faussaires, peu scrupuleux, qui n’hésitent pas à ruser et jouer de stratagèmes pour faire toujours plus de profits. Les résultats de cette étude démontrent bien qu’il faut accroître et persister dans nos efforts de sensibilisation », déclare Christian Peugeot, président de l’Unifab.

Les consommateurs sont globalement opposés à la contrefaçon, mais pour des raisons diverses. Ils sont 17% à préférer acheter le produit authentique, et 30% à ne pas acheter de contrefaçon en raison de l’illégalité de la pratique.  Enfin, 29% sont opposés à la contrefaçon par principe.

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