La crise financière internationale actuelle pourrait constituer une entrave aux investissements dans le domaine des biotechnologies et entraîner des retards importants dans la livraison de nouveaux médicaments, a prévenu hier un scientifique britannique lors d’une conférence sur l’avenir des sciences de la vie.
La crise financière traînant en longueur, investir dans les entreprises biotechnologiques est désormais considéré comme une prise de risque, et les timides ne se laisseront pas tenter, a déclaré le professeur David Wield le 27 octobre lors du Economic and Social Research Council (ESRC) britannique.
Même la gestion des dépenses quotidiennes de la recherche fondamentale des entreprises de biotechnologie constitue un défi de plus en plus grand, a-t-il souligné. Les PME représentent la majorité des quelque 1600 entreprises européennes de biotechnologie.
L’étude de nouveaux médicaments par les entreprises pharmaceutiques est un domaine qui a également été touché par la crise financière. Selon M. Wield, les grandes entreprises se voient contraintes de licencier du personnel et de fermer des unités de recherche au lieu de soutenir les découvertes des nouvelles entreprises spécialisées dans les biotechnologies. EuropaBio, l’association européenne pour les bioindustries, a indiqué que les médicaments biotechnologiques représentent 20 % de tous les médicaments sur le marché et 50 % de tous les médicaments en phase de test.
De récentes statistiques européennes montrent que le taux d’investissement en R&D des entreprises européennes a augmenté pour la troisième année consécutive ; la dernière année, il aurait même dépassé celui des Etats-Unis. Toutefois, la Commission européenne souligne que cette évolution positive pourrait s’inverser en raison de la crise financière actuelle.
C’est pourquoi le commissaire européen à la Science et la recherche Janez Poto?nik a appelé les gouvernements et le secteur privé à ne pas réduire leurs dépenses dans le domaine de la recherche. Il soutient que l’investissement durable dans l’innovation pourrait aider à relancer l’économie car les questions relatives à la sécurité de l’approvisionnement énergétique, à la sécurité alimentaire et au changement climatique resteront des défis sociétaux majeurs encore longtemps après la résolution de la crise.

