La faillite menace 436 millions d’entreprises dans le monde

La crise a eu des répercussions particulièrement négatives sur l’économie informelle, dont dépendent plus de la moitié des travailleurs dans le monde. [EPA-EFE/ANDREA FASANI]

Plus de 436 millions d’entreprises risquent de devoir cesser leurs activités en raison de la crise actuelle, selon l’Organisation internationale du travail. L’Europe serait la deuxième région la plus touchée après les Amériques.

Selon le troisième rapport de l’OIT sur les effets de la pandémie sur le marché du travail, environ 232 millions de commerces de gros et de détail, 111 millions d’entreprises dans l’industrie manufacturière, 51 millions dans l’hôtellerie et 42 millions dans les autres activités commerciales, dont l’immobilier, sont en difficulté.

« Des millions d’entreprises partout dans le monde sont au bord de la faillite, n’ont pas d’épargne ou d’accès aux crédits. Voilà le vrai visage du monde du travail. Et si nous ne leur venons pas en aide maintenant, elles vont tout simplement mourir », a mis en garde le directeur général de l’OIT, Guy Ryder.

L’organisation basée à Genève invite dès lors les gouvernements à instaurer des mesures de relance fondées sur un haut niveau de création d’emploi et soutenues « par des politiques et des institutions du travail plus efficaces, ainsi que des systèmes de sécurité sociale plus larges et dotés de plus de moyens ».

Par ailleurs, l’OIT appelle à une meilleure coordination internationale en matière de mesures incitatives et de dispositifs d’allègement de la dette, de sorte que « la reprise soit effective et durable ».

Dans son rapport, l’OIT prévoit une baisse de 10,5 % du total des heures de travail dans le monde au deuxième trimestre en raison du confinement et des restrictions imposées pour freiner la propagation du virus. Ce pourcentage équivaut à 305 millions d’emplois à plein temps (une nette dégradation par rapport aux estimations du début du mois, qui se situaient à 195 millions).

L’économie française se contracte de 5,8 % au premier trimestre

L’économie française est officiellement en récession et s’est contractée de 5,8 % au premier trimestre, du fait notamment du confinement en place depuis la mi-mars pour endiguer la pandémie de Covid-19, selon une première estimation dévoilée jeudi par l’Insee.

Les Amériques, la région la plus touchée

D’un point de vue régional, l’organisation estime que les Amériques sont les plus touchées, avec une perte d’heures de travail qui devrait atteindre 12,4 % au deuxième trimestre, suivies par l’Europe, où la baisse est estimée à 11, 8 %, puis par le reste des régions, toutes supérieures à 9 %.

La crise a eu des répercussions particulièrement négatives sur l’économie informelle, dont dépendent plus de la moitié des travailleurs dans le monde (plus de 2 milliards sur les 3,3 milliards au total). L’OIT estime que près de 1,6 milliard de travailleurs risquent d’essuyer des pertes de revenu massives.

L’organisation calcule que durant le premier mois de confinement contre la pandémie, ces travailleurs informels (qui ne sont pas liés par un contrat) ont subi une baisse de revenus de 60 % à l’échelle mondiale. Les pourcentages sont encore plus élevés par région, avec une chute de 81 % en Afrique et dans les Amériques, et de 70 % en Europe et en Asie centrale.

L’OIT informe par ailleurs que ces deux dernières semaines, la proportion de travailleurs vivant dans des pays où de nombreux secteurs ont été mis à l’arrêt par le COVID-19 est passée de 81 à 68 % — un déclin principalement imputable à l’assouplissement des restrictions en Chine.

La Commission envisage un « crowdfunding » pour financer la relance européenne

La Commission a entamé des discussions avec plusieurs plateformes de crowdfunding sur une potentielle campagne de financement participatif à l’échelle de l’UE pour aider les acteurs économiques les plus touchés par la pandémie, selon un document interne consulté par Euractiv.

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