La France comptera bientôt un « Observatoire de la souveraineté numérique »

La souveraineté numérique occupe une place de plus en plus importante dans le débat public alors que la pandémie a accéléré l’usage des technologies et que la population se saisit davantage des questions de protection des données et du respect de la vie privée. [sdecoret/Shutterstock]

Télécom Paris et Netexplo ont officiellement lancé hier (20 mai) l’observatoire « Technologies & Souveraineté numérique » qui veut réunir les entreprises et startups ainsi que les acteurs politiques pour suivre les avancées en la matière.

« Il n’y a pas de souveraineté tout court sans souveraineté technologique », a déclaré le secrétaire d’État au Numérique, Cédric O, lors de l’événement de lancement de ce nouvel observatoire, dont il assurera d’ailleurs le haut patronage et qui devrait être effectif dès le 3 juin prochain.

M. O a souligné l’importance cruciale de ce sujet « essentiel » et « protéiforme » et a indiqué parier sur l’émergence de grandes entreprises du numérique française au CAC 40 dans les « trois, quatre ans à venir ». Il en a profité pour rappeler l’action du gouvernement en ce sens, faisant référence aux annonces plus tôt cette semaine sur la stratégie nationale pour un « cloud souverain ».

La France présente sa feuille de route pour un cloud "souverain" et "de confiance"

Bruno Le Maire a présenté aujourd’hui (17 mai), la stratégie française en matière de cloud, annonçant le lancement d’un label de « cloud de confiance » pour assurer une « protection maximale » des données tout en s’affranchissant des risques extraterritoriaux, américains notamment.

Ce nouvel observatoire, auquel se sont associés Capgemini Invent, EDF, Renault, Orange Business Services, Thales et Village by CA, se fixe comme objectif de décrypter les initiatives en matière de souveraineté numérique : 5G, cloud, intelligence artificielle, objets connectés…

Il aura l’occasion de rendre compte de ses observations lors d’un événement annuel intitulé « Journée les nouveaux horizons technologiques de la souveraineté numérique ».

Deux programmes de formation, d’une durée de 20 heures et certifiés par Télécom Paris, seront également dispensées : une « Masterclass 5G » pour préparer « les dirigeants et managers des entreprises ainsi que les cadres des collectivités territoriales à […] saisir les opportunités de la 5G » – formation déjà disponible – et un programme « Deep Tech for business » qui viendra sensibiliser « les cadres dirigeants et hauts potentiels des entreprises aux applications, potentiels et enjeux des technologies critiques » à partir du 15 octobre 2021.&

La souveraineté numérique occupe une place de plus en plus importante dans le débat public alors que la pandémie a accéléré l’usage des technologies et que la population se saisit davantage des questions de protection des données et du respect de la vie privée.

En mars dernier, une étude de la Fondation Jean Jaurès révélait que 91% des européens jugeaient la « maîtrise des infrastructures numériques (réseaux sociaux, 5G, Cloud, stockage des données, câbles sous-marins, satellites…) » importante – voire « primordiale » pour 46% d’entre eux – si l’UE veut devenir complètement souveraine.

Trois Européens sur quatre veulent une Union plus souveraine

La souveraineté européenne n’est pas morte, bien au contraire. 73% des sondés parmi la population de huit pays européens — France, Allemagne, Italie, Espagne, Pologne, Roumanie, Suède et Lettonie — souhaiteraient renforcer la souveraineté de l’UE, d’après une nouvelle étude.

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