La France en passe de sortir de la procédure pour déficit excessif

La France est sortie de la procédure pour déficit budgétaire il y a à peine un an mais la Commission est vigilante. [Alexandros Michailidis/Shutterstock]

Bruxelles devrait annoncer le 23 mai la sortie de Paris de la procédure pour déficit excessif, après 10 ans passé sous haute surveillance.

Les prévisions économiques de la Commission européenne, présentées le jeudi 3 mai, ont apporté leur lot de bonnes nouvelles pour la France. L’Hexagone devrait enfin sortir de la procédure pour déficit excessif, dans laquelle elle est embourbée depuis 2009, en présentant sur deux années consécutives un déficit public en dessous de la barre des 3 % du PIB.

D’après les estimations européennes, le déficit français s’établirait ainsi à 2.3 % du PIB en 2018, après avoir atteint 2.6 % en 2017. Il augmenterait légèrement en 2019 tout en restant sous la barre des 3 %, à 2.8 %.

« C’est l’aboutissement de dix ans d’efforts de redressement. J’en suis d’autant plus heureux que j’ai moi-même assumé une part de ces efforts en tant que ministre des Finances », s’est félicité le commissaire aux affaires économiques, monétaires et à la Fiscallité Pierre Moscovici, cité par l’AFP. D’après ce dernier, la Commission devrait officiellement annoncer la sortie française le 23 mai prochain.

La France sort du viseur de Bruxelles sur ses déséquilibres économiques

La Commission souligne les progrès sur la compétivité et la dette françaises, mais aussi des problèmes structurels de l’économie française.

 

Doutes sur le déficit structurel

Du côté de Bercy, la prudence reste néanmoins de mise. « C’est une bonne nouvelle pour les comptes publics français (…) mais elle doit nous inciter à faire plus et mieux et certainement pas à nous reposer sur nos lauriers », a mis en garde le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire, en marge d’une conférence à Paris organisée par l’Association française de l’épargne et de la retraite.

En effet, une fois le « déficit excessif » corrigé, une nouvelle procédure dite du « bras correctif » s’applique et requiert entre autres de contenir le déficit structurel, c’est-à-dire corrigé des effets de la croissance, en dessous de 0.5 % du PIB.

Or sur ce point, l’optimisme est plus mesuré. Dans ses prévisions, la Commission souligne que la réduction du déficit du pays est en partie liée au retour de la croissance, qui devrait pointer à 2.8 % en 2018 soit une hausse légère par rapport à 2017.

« Côté structurel, la France est encore loin du respect de ses engagements européens, souligne l’Institut Montaigne dans un article publié en décembre 2017. Le Projet de loi de finances 2018 ne prévoit qu’un ajustement structurel de 0.1 % loin de la trajectoire recommandée par Bruxelles de 0.6 % ».

La dette dans le viseur de Bercy

« Nous devons surtout continuer dans la voie de la réduction de la dette publique », a enjoint le ministre de l’Économie. Car derrière les bons chiffres sur le déficit, la dette française reste l’une des plus importantes d’Europe. Elle devrait diminuer progressivement à 96.4 % en 2018 puis 96 % du PIB en 2019.

« La dette est un poison pour notre pays. Dans une période de relèvement des taux d’intérêt, qui devrait arriver d’ici fin 2018— début 2019, il serait irresponsable de ne pas poursuivre dans [cette] voie », a prévenu Bruno Le Maire.

Baisse du chômage

Outre le déficit public et la croissance, les perspectives de la Commission pour la France sont également bonnes sur l’emploi. D’après Bruxelles, « le chômage devrait continuer à chuter, en ligne avec une solide expansion économique ». Le taux de chômage devrait s’établir à 8.9 % en 2018 puis 8.3 % en 2019, contre 9.4 % en 2017.

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