La France numéro 3 mondial durable de la finance verte

Paris Bourse

The Paris Bourse, known as Euronext Paris from 2000 onwards [novopress.info/Flickr]

Selon la banque HSBC, la France fait partie du trio de tête derrière les Etats-Unis et la Chine de la finance verte et prend même la première place cette année grâce au méga emprunt souverain. Un article de notre partenaire la Tribune.

Même les Britanniques le disent. En matière de green bonds, ces emprunts obligataires destinés à financer des projets participant à la lutte contre le réchauffement climatique, en plein essor depuis quatre ans, la France a un temps d’avance depuis la COP21 et devrait le garder, selon la banque HSBC, l’un des premiers arrangeurs mondiaux d’obligations vertes.

Présentant à la presse ce jeudi une enquête réalisée auprès d’investisseurs et d’entreprises du monde entier sur leurs comportements à l’égard de la finance durable, la banque britannique, qui dispute à Crédit Agricole CIB et JP Morgan la première place sur le marché mondial des green bonds, a souligné la maturité des acteurs privés et publics français dans le domaine, qui se reflètent dans les chiffres. La France est ainsi numéro un en Europe et numéro trois mondial.

« La France est loin devant tout le monde en Europe dans la finance verte. Il y a une conscience élevée dans toute la société de la nécessité d’être durable et responsable, cela se voit dans la rue, sur l’étiquette d’un pot de cosmétique ou la carte d’un restaurant. C’est tout un cercle vertueux qui va de l’Etat à l’opinion publique en passant par les grandes entreprises », a relevé Victoria Clarke, la responsable Green Bonds chez HSBC pour la zone Europe Moyen-Orient Afrique.

Numéro un mondial cette année

Selon les chiffres compilés par HSBC, la France figure dans le top 3 mondial des émissions d’obligations vertes réalisées depuis 2013 (toutes catégories confondues, secteur public, entreprises, institutions financières), avec 13% du total, derrière la Chine (17% des volumes émis) et les États-Unis (14%), mais assez loin devant l’Allemagne (9%) souligne Frédéric Gabizon, le responsable marché primaire obligataire de HSBC France.

Sur l’année 2017, la France est même leader à ce jour avec 17 milliards de dollars émis sur un total de 97,5 milliards, devant la Chine (14,4 milliards, en forte baisse par rapport à l’an dernier) et les États-Unis (6,7 milliards, en repli également). Il y a bien sûr l’impact de l’énorme OAT verte émise en janvier dernier par l’Etat français pour 7 milliards d’euros, le plus gros green bond souverain jamais émis.

Lire aussi : Première obligation verte : la France emprunte 7 milliards d’euros

Si l’on regarde la totalité des green bonds existants, émis depuis 2005 selon les chiffres au 30 juin 2017 du rapport de Climate Bonds Initiative pour HSBC, la France se situe également au troisième rang mondial (32 milliards de dollars), talonnant la Chine, les États-Unis étant numéro un à plus de 40 milliards – les grandes agences supranationales sont en tête si on additionne la Banque européenne d’investissement, la Banque mondiale, la KfW allemande, etc.

La position de la France se confirme sur longue période et devrait s’avérer durable, car elle compte parmi les plus gros émetteurs corporate d’obligations vertes, notamment avec EDF et Engie, qui ont plusieurs milliards d’euros à leur actif.

Seulement 1,5% du marché obligataire

La tenue d’une journée de la finance climat le 11 décembre et du Sommet Climat organisé par Emmanuel Macron le 12 décembre à Paris, deux ans après la signature de l’Accord de Paris à la COP21, sera probablement l’occasion d’annoncer de nouveaux projets en la matière.

« Il y a énormément plus de demandes des investisseurs, beaucoup plus que d’offres. Un emprunt vert ne présente plus de surcoût qu’un emprunt obligataire classique, son coût peut même être inférieur », a observé Frédéric Gabizon, de HSBC France.

Cependant, il faut arriver à trouver des projets d’ampleur à financer (efficacité énergétique, énergies renouvelables, etc) pour justifier un green bond conforme aux standards et suffisamment liquide pour intéresser les investisseurs (d’une taille d’au moins 500 millions d’euros), ce qui n’est pas si simple.

« Si la croissance est exponentielle, avec des volumes qui ont doublé l’an dernier, les green bonds ne représentent encore que 1,5% du total du marché obligataire », a nuancé Victoria Clarke. « Les prévisions pour cette année vont de 90 à 200 milliards, j’anticipe 130 milliards sur l’ensemble de l’année 2017, contre 96 milliards l’an dernier. Je pense que dans les dix ans qui viennent, la part des green bonds pourrait grimper à 5% ou 10% du marché », a-t-elle prédit.