La France sort du viseur de Bruxelles sur ses déséquilibres économiques

La Commission souligne les progrès sur la compétivité et la dette françaises, mais aussi des problèmes structurels de l’économie française.

La situation macroéconomique de la France s’améliore. Mercredi 7 mars, le pays est sorti de la liste des États ayant des « déséquilibres macroéconomiques excessifs ».

Avec le Portugal et la Bulgarie, la France intègre la catégorie des pays ayant des « déséquilibres ». L’Italie, la Croatie et Chypre restent quant à eux avec des « déséquilibres excessifs », selon l’évaluation de la Commission.

Des améliorations sur la compétitivité et la dette françaises

La procédure pour déséquilibres macroéconomique a été mise en place en 2011 suite à la crise économique. Préventive, elle se base sur une analyse annuelle de la situation de chaque pays, et sur son suivi de recommandations formulées par la Commission en mai de l’année passée.

En 2017, la France avait été identifiée comme ayant des déséquilibres macroéconomiques « excessifs », du fait de la dégradation de sa compétitivité et d’une dette publique toujours en hausse.

Désormais, la Commission estime que des progrès ont été réalisés sur ces deux volets. La compétitivité française a ainsi « cessé de se détériorer », en raison d’une modération de la hausse des salaires et de réformes visant à diminuer le coût du travail. Au niveau de la dette, bien qu’elle ne diminue pas, les estimations bruxelloises font valoir qu’elle devrait se stabiliser en 2018 en dessous de la barre des 100 % du PIB.

La Commission souligne par ailleurs l’accélération des réformes en particulier sur le marché du travail. Le rapport salue certaines réformes entreprises sous le quinquennat de François Hollande, le crédit impôt compétitivité et le Pacte de responsabilité et de solidarité entre autres, ayant permis d’alléger la fiscalité sur les entreprises et le coût du travail.

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Des faiblesses persistantes

Suite à ces conclusions, la Commission estime dans son rapport que « la France a fait certains progrès pour répondre aux recommandations » adressées au pays en mai 2017, d’où sa décision de la retirer des pays à « déséquilibres macroéconomiques excessifs ».

Cependant, bien qu’ils ne soient plus considérés comme « excessifs », les déséquilibres  français demeurent. En particulier, la dette du pays reste l’une des plus élevées de la zone euro et sa productivité est à la traine.

À côté de ces tendances, le rapport pointe d’autres faiblesses structurelles, telles que des inégalités persistantes dans le système éducatif ou l’accès restreint de certaines catégories de la population au marché du travail. Ces dernières comprennent  les jeunes, les travailleurs faiblement qualifiés, ou encore les personnes issues de milieux immigrés.

À cet égard, les réformes annoncées récemment par le gouvernement sur la formation professionnelle et l’apprentissage tombent à pic, Bruxelles insistant sur la nécessité de renforcer ces deux aspects.

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La question du déficit public en suspens

Autre ombre planant sur les perspectives de l’Hexagone : le déficit public. Il est attendu que ce dernier passe sous la barre des 3 % pour l’année 2017, une première étape pour sortir de la procédure pour « déficit excessif » dans laquelle la France se trouve depuis 2009.

Pour se faire, le déficit devra néanmoins être contenu sous cette limite également en 2018. La Commission prévoit dans son rapport que le déficit atteigne 2.9% du PIB au cours de cette année. Cependant, elle juge dans le même temps que « des progrès limités ont été réalisés pour assurer une soutenabilité des finances publiques ».

En particulier, le rapport note la persistance d’un fort déficit public structurel (corrigé des effets de la croissance). L’objectif de se maintenir sous la barre des 3% en 2018 pourrait également être compromis par la recapitalisation d’AREVA ou encore la suppression d’une taxe à 3% sur les dividendes.

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