La France tente de concilier lutte contre le terrorisme et rigueur budgétaire

Le premeir ministre Manuel Valls a annoncé un train de mesures contre le terrorisme / ©Présidence de la République

Manuel Valls a annoncé un plan de 735 millions d’euros sur 3 ans destiné à renforcer la lutte contre le terrorisme. Une dépense imprévue qui ne devrait pas remettre en cause les engagements auprès de Bruxelles en matière de réduction des déficits. 

Le premier ministre Manuel Valls a annoncé le 21 janvier une série de mesures destinées à renforcer la lutte contre le terrorisme, deux semaines après les attentats à Paris qui ont fait 17 morts. 

Si le gouvernement avait rapidement écarté l’option d’un «Patriot Act » à la française, les attentats contre Charlie Hebdo et le supermarché casher rendaient indispensable une réponse forte de la part de l’exécutif face aux filières terroristes. 

>>Lire: Les mesures sécuritaires affluent en ordre dispersé dans l’UE après les attentats

« Le nombre d’individus radicalisés et pouvant passer à l’acte n’a cessé d’augmenter » a souligné Manuel Valls. « Ce changement d’échelle est un défi redoutable pour nous et nos partenaires, notamment européens » a-t-il poursuivi.

6 ministres présents

« Nous devons prendre toutes les mesures qui s’imposent » a martelé Manuel Valls lors d’une conférence de presse. Accompagné des ministres de l’Intérieur (Bernard Cazeneuve), des Affaires étrangères (Laurent Fabuis), de la Défense (Jean-Yves Le Drian), de la garde des Sceaux (Christiane Taubira) et du porte-parole du gouvernement (Stéphane le Foll) , Manuel Valls a détaillé un train de mesures comprenant  notamment un renforcement des moyens humains et financiers de lutte contre le terrorisme. 

Au total, 2680 emplois dédiés à la lutte contre le terrorisme vont être créés au cours des trois prochaines années et 425 millions d’euros seront consacrés sur la même période au plan de renforcement.

Coûts de personnel inclus, ce renforcement devrait coûter quelque 735 millions d’euros sur trois ans à l’Etat français. Une somme  conséquente alors que le gouvernement s’est engagé dans un plan d’économie de 50 milliards d’euros sur trois ans (2015-2017) afin de ramener son déficit public sous la barre des 3%, un engagement européen auquel la France déroge depuis plusieurs années. 

>>Lire: L’UE veut lutter contre la propagande djihadiste sur le Net

Faute de marges de manoeuvres budgétaires, le financement des mesures anti-terroristes devrait provenir d’économies réalisées sur d’autres budgets qui seront annoncées à l’automne prochain lors de la préparation du projet de loi de finances pour 2016. Pour l’année 2015, le gouvernement devrait par ailleurs piocher dans les crédits mis en réserves.

« Ces dépenses nouvelles seront compensées par des économies à due concurrence sur l’ensemble du champ de la dépense publique, année après année » a expliqué le premier ministre.

Dérapage budgétaire

Pas de contradiction en conséquence entre le sérieux budgétaire promis à Bruxelles et le financement de ces nouvelles mesures, a affirmé le chef du gouvernement.

« Nous avons pris des engagements à l’égard de l’Europe, nous allons les tenir sur le plan financier » a soutenu  le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

L’engagement de ces dépenses de sécurité ne devrait pas donner non plus d’argument supplémentaire à Paris pour négocier davantage de flexibilité de la part de la Commission européenne.

« Nous n’allons pas demander d’autorisation spéciale à Bruxelles en ce qui concerne l’effort que nous faisons », a expliqué Laurent Fabius, mais l’effort fourni par l’Hexagone sera tout de même « souligné ».

>>Lire : Report diplomate d’une éventuelle amende de l’UE à la France

Ce gage de bonne foi adressé à Bruxelles tombe à quelques semaines du verdict que la Commission européenne doit rendre début mars sur la trajectoire budgétaire de la France, qui n’atteindra pas son objectif de ramener le déficit à 3% fin 2015.

La France fait l'objet de plusieurs attaques terroristes au début de l'année 2015 qui ont fait 17 morts. Face à la nouvelle organisation des filières djihadiste, les pays européens ont annoncés des initiatives variables afin de lutter plus efficacement contre le terrorisme.

 

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