La France veut passer de « startup nation » à une « nation de grandes entreprises technologiques »

Bruno Le Maire, ministre français de l'Économie et des finances, arrive le premier jour du sommet des ministres des Finances du Groupe des Sept à Londres, en Grande-Bretagne, le 4 juin 2021. [EPA-EFE/HOLLIE ADAMS]

« Nous étions une nation startup, nous allons devenir une nation de grandes entreprises technologiques », a déclaré le ministre de l’Économie Bruno le Maire hier (7 juin) à l’occasion d’une conférence qui portait sur le financement de la « IVe révolution industrielle ».

« La France a vocation à faire partie des nations qui écrivent le XXIe siècle », a indiqué le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, alors qu’il réunissait hier de nombreux investisseurs pour faire un point d’étape sur l’initiative « Tibi ».

En janvier 2020, à la suite du rapport de l’économiste Philippe Tibi qui exhortait l’État à investir massivement dans les technologies de demain afin d’assurer la souveraineté et la prospérité françaises futures, M. Le Maire et Cédric O, secrétaire d’État à la Transition numérique, avaient réuni 21 investisseurs institutionnels qui s’étaient alors engagés à débloquer six milliards d’euros d’ici à la fin de l’année 2022 pour des fonds d’investissement « late stage » et des actions cotées « global tech » établis en France.

Un an et demi après le lancement, M. Le Maire a tiré un bilan plutôt positif de cette initiative : plus de 3,5 milliards d’euros ont déjà été engagés par les investisseurs partenaires, sur le segment du capital-risque en particulier.

Dans une étude parue la semaine dernière (1 juin), la Banque européenne déplorait justement le retard de l’UE en matière d’investissements dans les entreprises technologiques pointant du doigt notamment la disponibilité limitée du capital-risque et des investissements privés.

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La Banque européenne d’investissement a publié un nouveau rapport mardi (1 juin) qui pointe du doigt le manque d’investissements de l’UE dans l’intelligence artificielle et la blockchain, face aux puissances américaine et chinoise.

Sur l’objectif initial des 20 milliards d’euros, qui inclue également des investisseurs tiers, l’ensemble des fonds représente déjà 18 milliards. M. Le Maire a ainsi proposé hier de rehausser cet objectif, qui est désormais de 30 milliards.

Bruno Le Maire a également rappelé l’ambition du gouvernement : 25 « licornes » françaises d’ici à 2025. Les licornes sont des startups non cotées, valorisées à au moins un milliard d’euros. Aujourd’hui, la France en compte 12. Parmi les plus connus du grand public : Blablacar, Deezer ou encore Doctolib. « La France peut encore plus que ce qu’elle croit », a-t-il martelé.

La France reste le pays le plus attractif d’Europe

Hasard du calendrier, cette réunion a eu lieu quelques heures après que le cabinet Ernst&Young (EY) a publié son « Baromètre 2021 de l’attractivité de la France » qui fait de la France le premier pays européen pour l’accueil des investissements internationaux en 2020.

Avec l’accueil de 985 projets d’investissements sur son territoire, l’hexagone occupe la première place pour la deuxième année consécutive, devant le Royaume-Uni et l’Allemagne. « J’y vois la validation de [notre] politique économique et fiscale », s’est félicité M. Le Maire.

Faits non négligeables : l’étude révèle que 58 % des dirigeants estiment que la France peut devenir un leader mondial en matière écologique d’ici à 5 ans et les projets dans le secteur de la finance sont en hausse de 23 %, au lendemain du Brexit.

Le ministre de l’Économie a également profité de l’occasion pour revenir sur l’accord mondial trouvé lors du G7 et qui prévoit un taux d’imposition minimal de 15 % pour les multinationales. S’il admet que c’est le président des États-Unis Joe Biden qui a fait « pivoter » les négociations, il a tenu à souligner que c’est la France qui les a portées « depuis le premier jour ».

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Télécom Paris et Netexplo ont officiellement lancé hier (20 mai) l’observatoire « Technologies & Souveraineté numérique » qui veut réunir les entreprises et startups ainsi que les acteurs politiques pour suivre les avancées en la matière.

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