La Hongrie cherche des alternatives au gel des fonds de l’UE

Lors d’un entretien avec Világgazdaság mardi (6 juin), Márton Nagy a parlé des avantages des investissements directs étrangers par rapport aux fonds européens, a rapporté Telex.hu, le partenaire d’EURACTIV. [Alexandros Michailidis / Shutterstock]

Les investissements directs étrangers (IED) peuvent remplacer les fonds européens et sont même meilleurs, a déclaré mardi le ministre hongrois du Développement économique, Márton Nagy, ajoutant que le gel des prix ne sera pas levé pour l’instant et que l’inflation sera ramenée à un seul chiffre d’ici la fin de l’année 2023.

Lors d’un entretien avec Világgazdaság mardi (6 juin), M. Nagy a parlé des avantages des IED par rapport aux fonds européens, a rapporté Telex.hu, le partenaire d’EURACTIV.

« En termes d’impact, les IED sont meilleurs : le marché distribue le capital, nous ne sommes pas ceux qui le déterminent, il sait donc exactement ce qu’il doit faire », a expliqué M. Nagy. Il a ajouté que les fonds de l’UE étaient une « source facilement remplaçable » et n’étaient pas « dominants » pour l’économie de son pays.

Bien que la Hongrie soit l’un des principaux bénéficiaires nets des fonds de l’UE, la Commission européenne a décidé de geler près de 22 milliards d’euros de fonds réservés à Budapest dans le cadre du budget de l’UE 2021-2027 en décembre dernier, jusqu’à ce que les 27 « super jalons » pour restaurer l’État de droit et les droits fondamentaux soient respectés.

Un montant supplémentaire de 5,8 milliards d’euros de subventions provenant du programme de relance de l’UE reste gelé en raison de préoccupations liées à l’indépendance de la justice.

« L’économie hongroise devra faire la transition vers une existence sans financement de l’UE », a affirmé M. Nagy, en insistant sur le fait que la Hongrie fonctionnera sans les fonds de l’UE.

Obligations souveraines

Les nouvelles règles récemment introduites par le gouvernement sur les obligations souveraines ont également été abordées au cours de l’entretien.

Selon M. Nagy, le budget reste serré en raison des coûts d’intérêts, et le gouvernement a pour mission de sortir rapidement du piège des taux d’intérêt en réduisant l’inflation et en renforçant le marché des obligations souveraines.

D’après lui, les nouvelles règles relatives aux obligations souveraines ne taxent pas l’épargne.

« Nous orientons la population vers des formes d’épargne où l’argent conserve sa valeur réelle. Il y a aussi la question de l’autofinancement en tant qu’objectif stratégique », a-t-il indiqué.

Répondant aux critiques de l’Association bancaire, Márton Nagy n’est pas d’accord avec le fait que les récentes mesures fausseraient la concurrence.

« En effet, à l’heure actuelle, la concurrence par les prix n’existe pas. Il n’y a tout simplement rien à fausser. Le terme même de concurrence par les prix n’existe pas », a déclaré M. Nagy.

Interrogé sur le fait que ses propos pourraient contredire les recommandations de politique économique de l’UE, M. Nagy a déclaré que ce que l’UE faisait n’avait pas d’importance.

« C’est une bonne chose qu’ils ne nous disent pas ce qu’il faut faire. Je trouve l’idée de la levée du gel des prix, que la Banque centrale hongroise préconise, assez amusante », a ajouté le ministre hongrois. Selon lui, on peut douter de la raison pour laquelle le gel des prix devrait être supprimé.

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