La mondialisation au programme de la Commission en 2008 [FR]

barroso_hands.jpg

La Commission européenne a publié son programme politique pour l’année à venir, accordant priorité à la croissance et à l’emploi, au changement climatique, à l’énergie et à l’immigration. Ceci confirme son désir de dépasser les questions de réformes institutionnelles.

Le programme de travail fixe les priorités stratégiques essentielles de l’exécutif européen pour 2008 et, d’après le président de la Commission José Manuel Barroso, sera centré sur la préparation de l’Europe à la mondialisation, notamment en investissant dans le capital humain, la croissance et l’emploi, la sécurité énergétique, la lutte contre le changement climatique et l’amélioration de la coopération en matière de lutte contre le crime et le terrorisme. 

« La Commission apportera des résultats aux citoyens, confirmant ainsi que l’Europe compte plus que jamais à l’heure de la mondialisation », a-t-il déclaré. 

Le programme confirme le souhait de l’UE, exprimé par plusieurs dirigeants lors du sommet informel des chefs d’Etat et de gouvernement à Lisbonne (EURACTIV 19/10/07), de se concentrer sur d’autres questions que les réformes institutionnelles, qui ont paralysé l’UE au cours des années précédentes. 

Le Premier ministre britannique Gordon Brown a, entre autres, appelé l’Europe à cesser ses discussions centrées sur les problèmes institutionnels et à traiter pleinement les questions relatives à la mondialisation. 

Les dirigeants européens devraient adopter une déclaration lors du prochain sommet, le 13 décembre, soulignant ce tournant dans les priorités. Ils disposent donc de moins de deux mois pour se mettre d’accord sur la stratégie à mettre en œuvre pour répondre aux défis de la mondialisation, notamment la pression concurrentielle accrue de la Chine et le changement climatique. 

La base de cette déclaration sera le document de la Commission, présenté à Lisbonne le 16 octobre, qui appelle les dirigeants européens à rejeter le protectionnisme pour plutôt « prendre des marques face à la mondialisation », en éliminant les barrières commerciales dans les pays tiers et en exigeant la réciprocité. 

« Le protectionnisme ne peut permettre à l’Europe de s’enrichir. Loin de protéger nos citoyens, il les appauvrirait. Mais nous ne sommes pas naïfs. Nous ne sommes pas laxistes. Nous pouvons et allons exiger des règles identiques pour tous. Nous souhaitons que les autres s’ouvrent davantage », a déclaré M. Barroso lors de la présentation du document, ajoutant que l’UE ne tolérera pas que « les entreprises de pays tiers souhaitant exercer leurs activités en l’Europe contournent les règles appliquées aux entreprises européennes sur le marché unique ».

Cette discussion provoquera probablement des tensions entre la France et le Royaume-Uni, en raison de leur position divergente sur l’ampleur de l’ouverture de l’UE au reste du monde.

Le président français Nicolas Sarkozy, l’avocat le plus fervent de l’UE en faveur d’une Europe plus protectionniste, souhaite mettre l’accent sur le principe de réciprocité, déclarant que les strictes exigences environnementales et sociales de l’Union devraient également être appliquées au commerce non européen. A l’inverse, Gordon Brown appelle l’Union à se concentrer sur la promotion du libre-échange et de l’ouverture. Il suggère que l’UE prenne par exemple l’initiative de supprimer les barrières pour créer un système commercial multilatéral juste et libre. 

Inscrivez-vous à notre newsletter

S'inscrire