La visite des patrons bretilliens à Bruxelles en BD

S'ils demeurent enthousiastes, les patrons bretilliens ne masquent pas leurs critiques. [Yann Armel Huet/OF]

154 dirigeants de l’union des entreprises d’Ille-et-Vilaine sont en visite à Bruxelles. S’ils demeurent enthousiastes, ils ne masquent pas leurs critiques. Reportage en dessins de notre partenaire, Ouest-France.

Sébastien Perrigaud, ancien directeur général du groupe rennais Secob et aujourd’hui chez BDO, agite sa note de restaurant. « En France, on a 10 % de TVA. Ici, en Belgique, c’est 21 %. L’Europe pourrait commencer par harmoniser tout ça, non ? »

Quelque chose cloche au royaume européen. Voilà un sentiment partagé par 150 patrons bretilliens de start-up et PME, après deux jours de rencontre avec des fonctionnaires et des parlementaires européens, à Bruxelles, depuis mercredi et jusqu’à ce vendredi.

Notre reportage, en dessins 


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L’union des entreprises 35 (UE35) a organisé ce voyage pour que « les chefs d’entreprise puissent comprendre les réalités européennes et perfectionner leurs décisions stratégiques, explique son président Hervé Kermarrec. Parce que, comme nous y invite Montaigne, il faut voyager pour frotter et limer sa cervelle contre celle d’autrui, pour apprendre et comprendre comment fonctionne le monde ».

Une démarche exemplaire, saluée par de nombreux parlementaires, ébahis par la taille de la délégation bretonne. « Du jamais vu. »

« Nos rythmes sont désaccordés »

Ils sont venus enthousiastes. Ont écouté. Et ? « Il y a une forme d’insatisfaction », ne cache pas Bruno Cressard, vice-président de l’UE35. « L’Europe fait débat dans nos rangs, tant elle peut paraître imparfaite, inefficace, injuste, poursuit Hervé Kermarrec. Concurrence déloyale, multiplication des normes et règlements tatillons qui surabondent, sans que la réalité des choses ne s’améliore vraiment. Les critiques pleuvent. »

Élément de mécontentement qui revient dans toutes les bouches des patrons bretilliens : la lenteur. « Le temps de la construction européenne, fruit de patients compromis, voire de marchandages byzantins, ne s’accorde en rien avec le temps de l’entreprise, souligne Hervé Kermarrec. Nos rythmes sont désaccordés. » « On s’en rend bien compte ici, l’économie va plus vite que les institutions », soupire Dominique Roques, associé chez BDO.

Yvon Philippe, directeur général adjoint de deux sociétés HLM bretonnes, s’avoue également « douché » : « Insuffisances budgétaires, absence de projet politique… Il y a des raisons d’être inquiet quand on écoute tous ces parlementaires. »

Critiquer… et proposer

Attention à ne pas suspecter ces dirigeants bretons d’anti-européanisme, au contraire ! « La Bretagne est notre terroir, la France notre partie, l’Europe notre avenir et le monde notre horizon », n’hésite pas Hervé Kermarrec. L’avenir ? « Il faut continuer d’expliquer, convaincre, montrer que l’Union européenne nous engage tous. Bruxelles, finalement, ce n’est pas si loin, c’est juste à côté de chez nous », estime Yvon Philippe.

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S’ils demeurent enthousiastes, les patrons bretilliens ne masquent pas leurs critiques. | Yann Armel Huet

Isabelle Thomas, parlementaire européenne, veut aussi les rassurer : « Ils ont raison d’être inquiets. On est dans un virage essentiel, avec des enjeux qui ne cessent de se rajouter : climat, chômage, immigration… et on n’a pas les moyens budgétaires. Mais ça va bouger. Soit on va vers le nationalisme, et on est mort, car dans la mondialisation il n’y a pas d’espace pour des nations de 60 millions d’habitants. Soit on passe le pas vers une dimension européenne. »

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